ADALBERON, EVÊQUE DE LAON
XI SIECLE
ciens monuments, dans un manuscrit do Paul Petau, il la publia à la suite du panégyrique aussi en vers de l'Empereur Berenger. Le volume est m-80, et a été imprimé à Paris chés Cramoisy Tan 1603
L'autre pièce salyrique, dont on a dit un mot, vient ici à propos. Nous n'aurons pas d'occasion plus propre à la faire connoitre. C'est un rythme, ou prose cadencée, et souvent rimee même à l'hémistiche. Ell^ est encore plus allégorique et plus mordante que le poème d'Adalberon, et roule comme lui sur ce qui sepassoiten France, sur-tout à laCour, sous le règne de Robert. L'Auteur, qui est inconnu, en veut particulièrement à Landry Seigneur de Dunois et fils de Boson Comte de Ncvers, qui
Mai. ib. p. 533- fait le principal personage dans la scène. ' Dom Mabillon, qui a publié cette pièce, a eu besoin de toute sa sagacilé pour léclaircir, comme il a fait. Au moïen des notes, dont il l'a accompagnée, on en peut tirer queloue secours pour l'histoire du temps. On en aura une nouvelle édition encore plus parfaite dans le recueil des Historiens de France, dont les trois premiers volumes ont deja paru dans le public.
STdirbib i «8 temPs ^e Sanderus, on voïoit à la bibliothèque de
™.P«r. p. . . j'gjj^g je j^bes un manuscrit, qui contenoit un autre poème de notre Prélat. Celui-ci, qui étoit adressé, comme le précèdent au Roi Robert, portoit pour titre De Sanrta Trinitat^.
'T' *sa' n'4i* Bernard l>cz a découvert dans la bibliothèque de
pr. p. . n. . |'g|f,CjRurt|e Bavjerei aujourd'hui Empereur, un autre manuscrit du XIV siècle, dans lequel se trouve un autre ouvrage d'Adalberon de Laon, adressé à Foulques Evéquc d'Amiens. Il a pour titre : De modo recte aryumentandi et prœdieandi Ih'aloyus, et commence par ces mots : Domno Fulconi Ambinni Episcopo, Adalbero Laudunensis. Conséquent ia anfecedentibus diqna muUarum rcs amicitiarum. Il va toute apparence W°45' \ \\ bih' (Iuec eslleir|énie ouvrage,' dontilsetrouvedanslabibliothe jue p au Vatican deux autres exemplaires beaucoup plus anciens, sous ce simple titre : Lctre d'Adalberon de Laon à Foulques Evêque d'Amiens. On voit par le premier titre, que l'écrit roule sur la Dialectique et la Rhétorique. II est fâcheux, que Dom Pez, qui a publié tant d'autres monuments, qui ne valent peutêtre pas celui-ci, ne lui ait pas fait le même honneur. Nous pourrions juger, si Adalberon étoit meilleur Philosophe et Rhé- Fuib. cP *«. teuFi qU'habile Poëte, et s'il avoit réellement ' autant d'éloquence que Fulbert de Chartres en reconnoissoit en lui.
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DIEDERIC,
Moine dk F leur y.
HISTOIRE DE SA VIE
DIederic, ou Time mu, que plusieurs Ecrivains Tri(. Krj.,.. 3l,. , font Alleman, étoit certainement François de nation. JJJ ™Vn® II n'est pas nécessaire d'entrer dans une grande discussion pour ». i car*, p. .-.*>. le prouver. Il suffit de rapporter quelques traits d'un de ses ouvrages, qui le constatent sans réplique. ' Richard Abbé d'A- n«b. ib. p. m merbach,quiravoit engagé à l'entreprendre, et que l'Auteur y fait parler, regardent Diederic, non seulement comme étranger par 1 apport à la Germanie, où il écrivoit, mais aussi comme né en France : qui tibi tuisqueGallis> lui dit-il en parlant des talents, que Dieu lui a voit donnés avec profusion, à lui et aux autres François, pour relever sa gloire par leurs écrits, tam largiflue dignatus est imp/uere. Diederic avoit même vieilli en France avant que d'en sortir, qui plures apud Gallos sanuisti annosy et avoit passé la pius grande parlie de sa vie a Fleuri, où il s'étoit consacré à Dieu sous la Règle de S. Benoit. Ajoûtons à e s traits déjà décisifs, ' l'éloge pompeux que notre Auteur P. 351. ». 3. fait de la France, en la représentant comme le pais le plus fertile du monde; le plus zélé pour la culture des sciences; le plus soigneux de conserver l'exactitude de la discipline monastique; enfin le plus riche après Rome en Reliques des Sainls.
Ce détail joint au temps auquel florissoit Diederic, ne permet pas de douter, qu'il ne soit le même que ' ce Thierri Moi- Trii. dir. hir. 1. 1. ne de Fleuri, qui avoit acquis une grande connoissance de p' m* l'une et l'autre Literalure ' Nous en avons déjà parlé à la fin du hu. i.a. de u Fr. X siècle, avant que nous eussions approfondi l'opinion com- °- p mo. 551. mune, qui le fait Alleman sous le nom de Diederic. 11 n'a été regardé et qualifié tel, qu'à raison du séjour qu'il fit en Germanie. II éloit déjà avancé en âge, lorsqu'il y passa. Le motif qui l'y attira, fut vraisembilblement le même qui fit appeler Abbon son Maître en Angleterre : c'est-à-dire pour y enseigner les Letres, et y communiquer l'exacte discipline qui s'observoit à
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" Fleuri. Nous ne doutons point que ce ne fût à cette occasion,
qu'il rédigea par écrit les coutumes de son monastère.
Mab. ib. p. 347. ' On croit, qu'il alla d'abord à Hirsfelden Thuringe, et qu'il y étoit résident, lorsque Richard Abbé d'Ainerbach l'engagea à composer un autre ouvrage. De là il passa à l'abbaïe de S. Alban de Maïence, où cet Abbé put l'attirer. Car bien que Dom Mabillon dislingue en un endroit de ses écrits, sans néanmoins en donner de preuve, Richard abbé d'Amerbach d'avec Richard qui l'étoit de Fulde près de Maïence, il y a beaucoup de fondement à croire que ce n'étoit qu'un seul et même Abbé, qui Tétant en litre du monastère de Fulde, le devint par occasion d'Amerbach, pour l'avoir réformé et gouverné quelque
an. 1. 55. n. 37. temps en cette qualité, ' comme Dom Mabillon le reconnoît ailleurs. La même chose se vit en France au même temps en la personne du B. Richard Abbé de S. Vanne, par rapport à plusieurs autres monastères.
Trit. jcri. ib. i ' Trithéme et Vossius en ont porté le même jugement, puis-
e.«! mu!* *' qu'en disant que Diederic dédia un de ses écrits à Richard, ils le. qualifient Abbé de Fulde, quoique Diederic lui donne la qualité d'Abbé d'Amerbach. Vossius va plus loin, et ne fait point difficulté de regarder notre écrivain comme aïant été Moine à S. Alban.
Si Diederic ou Thierri, Moire.de Fleuri, n'est autre que le Moine de même nom, qui a passé quelque temps à S. Alban et à Ilirsfeld, comme on vient de le voir ; on ne peut pas dire
jab. ib. i. m. n. également, qu'il soit le même ' qu'un autre Thierri, son contemporain, Moine de S. Euchaire, ou S. Mathias, à Trêves, dont il y a un écrit sur l'invention du corps de S. Celse, et la relation de ses miracles. La raison en est sans réplique. C'est que celui-ci nous apprend lui-même, qu'il étoit déjà vieux, gmn~ dœvuSy lorsqu'en 1006 il quitta le monde, et se rendit Moine à S. Mathias. Circonstances qui ne peuvent convenir à un disciple d'Abbon, qui étoit en même temps Moine de Fleuri.
«■ri* c'ait' Tri'* ' Diederic, selon quelques Modernes, vécut jusqu'en 1040.
Mais c'est trop lui prolonger les jours; et peut-être ne l'a-t-on fait, qu'en jugeant de son âge par celui de l'Abbé Ricard, un
Mab. ib.i. 58. n. 3. de ses Mécènes, ' qui ne mourut qu'en 1039. Tout bien considéré, il nous paroil plus vraisemblable, que notre Ecrivain ne vécut pas au-delà de 1030.