‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 70 sur 214 · Tome VIL Pp · texte numérisé non relu

Tome VIL Pp

D 298 DIEDEKIC,

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" a été fait. Il n'est ni simple, ni naturel, cequiajetté de l'obscu-

rité dans le texte.

Fior. wb. par. i. ' L'écrit est imprimé dans la Bibliothèque de Fleuri, où il p" ' est divisé en dix chapitres, sans y comprendre la préface. Mais il s'est glissé une faute dans l'inscription, où Richard est qualifié Mab. ad. ib. p. Abbé de Morbach, au lieu d'Amerbaeh. ' Dom Mabillon en a donné dans la suite une autre édition plus correcte, et accompagnée de scavantes observations préliminaires. Le manuscrit, sur lequel cette édition a été laite, contenoit une autre histoire sur le volage du Prince Carloman du Mont-Cassin en France, pour répeter le corps de S. Benoît. Mais on ne nous apprend point si cet écrit est du même Auteur que lepréce- Boii. «t. mar. p. dent. ' Les continuateurs de Bollandus avoient trois manuscrits *jîkujo. n 4 a. je j'histoire, <jc Diederie, plus amples que l'exemplaire imprimé dans la Bibliothèque de Fleuri. Ils n'ont pasnéanmoinsjugé à propos d'eri grossir leur recueil. Ce qui rend leurs manuscrits plus amples que l'imprimé, est apparemment la même histoire qui se trouvoit aussi dans le manuscrit de Dom Mabillon, et que celui-ci a négligé de publier, parce apparemment qu'elle lui paroissoil aussi fabuleuse, que la précédente aux successeurs de Bollandus.

2°. Un autre ouvrage de Diederic, qui fut fait avant le pré- Trit. chr.bir. i.i. cèdent, ' est le recueil des statuts et coutumes de Fleuri, fort P. i3* différent de celui que le P. du Bois a imprimé dans la Biblio-

uti. ut. d« ia Fr. théquede ce monastère. ' Lorsque nous en avons parlé ailleurs, c. e.p.550. 351. nous avions peine à comprendre, comment un Ecrivain du bord de la Loire étoit allé chercher Bernouard Evêque de Wirtzbourg, pour lui en faire la dédicace. Mais depuis que nous avons développé les avantures de l'Auteur, la chose paroit fort naturelle. Ce fut pendant son séjour en Germanie qu'il composa cet écrit, soit à la prière de ce Prélat ou de quelques autres personnes curieuses de connollre les observances de Fleuri, qui étoit devenu aussi célèbre par son exacte discipline, que par son ardeur pour la culture des Lelres. Si Diederic était alors à Hirsfeld, comme il y a toute apparence, il se trouvoit à portée d'avoir des liaisons avec l'Evêque de NVirlzbourg, qui n'en est pas éloigné. Bernouard, à qui il dédia son écrit, ne gouverna cette Eglise que depuis C98 jusqu'en 1004. Comme cependant l'Auteur ne nomme point l'Eglise, dont son Mécène étoit Evêque, on pourroit croire que ce fut à S. Bernouard, Evêque d'Hildesheim depuis 993 jusqu'en

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1022. Si Ion a plus d'égard aux temps qu'à la situation des lieux, cette dernière opinion mériteroit la préférence. 11 ne faut pas oublier, que Diederieétoit déjà vieux, lorsqu'il passa en Germanie, où il a certainement vécu au-delà de 1024. Il n'est donc guéres croïable, qu'il y soit allé avant la moi t de Bernouard de Wirtzbourg. Quoi qu'il en soit, son recueil des usages de Fleuri est encore caché dans l'obscurité de quelque bibliothèque, ou perdu sans ressource.

3°. ' Trithéme parle de quatre Ecrivains presque contempo- Tnt. ib. p. m rains du nom de Thierri, comme d'autant de persones distinctes d2^.134 1 les unes des autres. Il nous en donne un, Scolastique de S. Mathias à Trêves ; un autre, qui exereoit le même emploi à S. Alban de Maïence ; un troisième, Moine de Fleuri ; enfin un quatrième. Moine Alleman de l'ordre de S. Benoit. Mais nous avons montré, que tous ces Thierris se réduisent réellement à deux seuls : Thierri Scholastique de S. Mathias, et Thierri, ou Diederic de Fleuri. Celui-ci étant le même que le Scolastique de S. Alban, ' est par conséquent Auteur de la continuation de l'histoire Clir. hir.ib. p. 127. des Archevêques de Maïence jusqu'à son temps. ' C'est ce qui VoM . est confirmé par Vossius, qui l'attribue disertement à l'Auteur de Filiation de S. Benoît. On ignore au reste ce qu'est devenu cet ouvrage. Serarius, qui a fait l'histoire de Maïence et de ses Archevêques, ne témoigne nulle part avoir même eu connoissance, qu'il ait jamais existé.

' Le même Trilhéme et Vossius, qui Ta suivi en ceci, don- Tm.wri.ib. i vo«. nent encore à notre Ecrivain l'histoire de la translation du corps de S. Benoit du Mont-Cassin en France. Mais c'est une erreur grossière dans laquelle Wion, Possevin et d'autres sont tombés. Cette histoire appartient à Adalbert de Fleuri , comme on l'a montré en son lieu. Le premier de ces Bibliographes ne paroit pas mériter plus de créance, lorsqu'il attribue au Moine Thierri un recueil de letres; ' un Commentaire sur le Cantique des Tm rhr. Mr. ib. Cantiques ; et un autre sur l'Evangile de S. Jean. p ,i7-

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ADEMAR,

Moine de Saint C i b a r d.

HISTOIRE DE SA VIE

A<j«m. eh. p. ni. ' A Demar, l'un de nos plus célèbres Historiens de ce sie- A de, étoit de la Maison de Chabanois, petite ville sur la Vienne au diocèse de Limoges, et non pas de celle de Chabanes, comme quelques Sçuvants l'ont qualifié. Il eut pour

p 174 i8i. i com. pere le Comte Raimond, frère puis-né d'Adalbert, qui fut de-

*bb. s. m. p. m. pUjs j)oien et Pf^vùl de S. Martial, et de Roger qui en fut Chantre, l'un et l'autre personnages d'un grand mérite. Toucher, son aïeul, avoit épousé Officia, petite-fille de Turpion Evêque de Limoges, et petite nièce d'Aimon Abbé de S. Martial. La mere de notre Historien, qui se nommoit Ilildegarde, ou

r.br. p. ' Aldearde, éloil sœur des Ducs Abbon et Raimond, deux des

plus braves Capitaines et plus fameux Guerriers de leur temps. Elle avoit aussi pour frère Ainard Prévôt du Dorât, homme d'un excellent conseil, à l'aide duquel Pierre son Abbé se signala dans le gouvernement de la Marche, dont il étoit chargé, conjointement avec Humbert Drut son frère, l'un des plus puissants Seigneurs du pays.

fp. P 717.2. 7». ' Ademar naquit en 988, et apporta au monde d'heureuses dispositions pour soûtenir sa noblesse. Entre les dons de la nature, il en recul sur-tout une très-grande vivacité d'esprit, dont

p. 717 i. il donna des marques éclatantes dans la suite. ' Dès son enfance il fut mis à l'abbaie de S. Cibardd'Angouléme. C'est lui-même qui nous l'apprend. Ainsi l'opinion commune, qui suppose que ce fut à S. Martial de Limoges, doit céder à son propre té-

chr. p. ni. i Com. moignage. ' Il y fit néanmoins quelque séjour depuis ; y étant

abt.-s. m. p. 273. ajj^ contjnuer et perfectionner ses études sous Roger, son oncle paternel, qui y enseignoit. On réussit à lui inspirer de grands

»P. p. 7*o. s. 7». sentiments de pieté , et à lui donner de bons principes de

i. 7V7. 2. Théologie, qu'on trouve établis dans un de ses écrits, quoique mal appliqués. Mais on négligea de lui faire connoitre les an-

L«B«ai,i.2 p. 94. ciens Ilistoriens. ' Il y a juste sujet de douter, sur l'étymologie

ADEMAR, MOINE DE S. CIBARD. 301

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géographique qu'il donne au nom latin <T Aquitania, s'il ou- ~~ vrit jamais les Commentaires de César.

' 11 conçut tant de dévotion pour S. Martial, premier Evè- A.ion». ib. p. 717. que de Limoges, soit en conséquence du séjour qu'il fit dans 728 I abbaïe de son nom, soit par d'autres motifs, qu'il se déclara hautement zélé partisan de son apostolat. Il nes'agissoit pas dans son sentiment de regarder ce Saint comme l'Apôtre du païs : c'est-à-dire, le premier Evêque qui y avoit porté le flambeau de l'Evangile, établi la foi et fait des Chrétiens. C'est un titre dont il a toûjours été en possession, et qu'on ne peut légitimement lui disputer. Mais Ademar vouloit encore, qu'on le reconnût pour un des soixante-douze Disciples, qui avoit été ordonné par J. C. même, et avoit reçu le S. Esprit et le don des Langues avec les douze Apùtres. C'est ce qu'il nommoil Apôtre du second ordre. ' On l'accusa même d'être le premier p 7is. î. 719. 1 qui avoit inventé ce prétendu apostolat de S. Martial, et de ne l'avoir pas fait gratuitement. Mais cYloit une pure calomnie. Les faux actes de ce Saint, qui précédèrent de quelques années la naissance d'Adeniar, a voient été fabriqués exprès pour établir cet apostolat. Notre Historien ne faisoit que soutenir ce qu'ils avoient déjà tenté d'établir, et ne le soutenoitque sur leur autorité. L'on voit par là qu'il étoit sans critique, et sans connoissance de l'antiquité ecclésiastique. Il ne laissa pas de défendre son opinion avec tant d'éclat, ' qu'il semble avoir donné p 717 s. en particulier occasion aux Conciles qui se tinrent pour terminer cette fameuse dispute, l'un à Limoges en 1028, les deux autres à Bourges, et encore à Limoges en 1031.

Ademar étoit prêtre, et en prend lui-même la qualité a la p 717. 1. m 1. tête d'un de sts écrits. Il ne paroit point, qu'il ait été élevé à d'autre dignité, ni exercé d'emploi considérable. Son génie l'aiant porté à l'Etude, il s'y livra toutentier. ' Il prêchoit quel- Mab. «m. 1. r. v. quefois; mais sa principale occupation fut de copier les ouvra- ' n" ' ges des Anciens, et d'en composer de nouveaux. ' Un des siens Adcm. ib. p. 717 est en date du mois de Septembre 1028, lorsque l'Auteur n'é- *' 1î0' *' toit encore que dans la quarantième année de son âge. ' 11 écri- chr. P. uu. voit encore au commencement de l'année suivante. ' Maison Mab an. 1. w.n. ne croit pas qu'il ait guéres vécu au-delà. Ce qui semble ne 34 souffrir aucune difficulté . c'est qu'il n'étoit plus au monde en 1031 , au temps de la tenue des Conciles de Bourges et de Limoges, où l'on discuta avec tant d'appareil l'apostolat de S. Martial. Incontestablement Ademar y auroit fait son personnage ;

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et on ne l'y voit point paroître. On a ici de quoi juger saine - Mir. «un. p. 43. ment de l'opinion ' d'Aubert le Mire, qui place notre Historien dès les règnes de Charlemagne et de Louis le Debonaire, comvom. »m. lut. u 3. me aussi ' de celle de Vossius, qui ne le fait lleurir qu'en 1 1 10. par. 3.c. e, P.î4s. jj ggl yjjjjjjg^ qUe [e premier de ces deux Critiques l'a confondu avec le célèbre Eginhard, dont on a tellement défiguré le nom, qu'on l'a travesti en celui d'Adhemar, comme on l'a montré ailleurs.

Il y a beaucoup d'apparence, que notre Historien mourut dans le cours d'un voïage qu'il entreprit au Sépulcre du Seigneur à Jérusalem : sorte de dévotion qui étoit alors fort à la mode en France, comme il paroît par sa propre chronique. Lug.-bat P ' On lit en effet dans l'inscription posthume d'un écrit qui lui avoit appartenu, et qui étoit peut-être de sa façon, ainsi qu'on le dira aans la suite, qu'étant sur le point de partir pour ce pèlerinage, et n'en devant pas revenir, il donna grand nomore de livres, qui lui avoient coûté beaucoup de travail, et entre lesquels étoit celui-ci, à l'abbaXe de S. Martial de Limoges, où il avoit passé plusieurs années au service de Dieu dans la profession monastique. Ademary est qualifié Grammairien d'heuchr p. reuse mémoire. ' Pareille avanture 8rriva à Richard Abbé de S. Cibard , qui aïant entrepris le même pèlerinage au mois d'Octobre J027, mourut près de Constantmople au commencement de Janvier de l 'année suivante, avant que d'arriver à Jérusalem.

Bib.

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