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SES ECRITS
'Il nous reste peu de productions de la plume d'Ademar, 'malgré son ardeur et son application à l'étude, il faut l'attribuer au peu de temps qu'il a vécu. Peut-être aussi a-t-on négligé de nous les conserver, ou même de nous en laisser quelque connoissance.
1°. Il y a de lui une Chronique, qui commence à l'origine de la Monarchie françoise, et conduit la suite de l'histoire jusqu'au dimanche des Rameaux de l'année 1029, suivant notre Pi(i, m. ton. manière de compter. ' Quelques Critiques , il est vrai, prétendent que l'Auteur la finit à 1 année précédente ; mais leur prétention est dénuée de tout solide fondement. Us supposent, que ce <jui regarde le voïage de Guillaume Comte d Àngou-
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léme à Jérusalem, entrepris au mois d'Octobre 1027, et son retour au mois de Juin de Tannée suivante, est une addition étrangère. ' Cet. endroit à la vérité manque dans un des manuscrits, Ad«m. cbr. p. sur lesquels l'ouvrage a été publié ; mais outre qu'il se trouve 18î" ,83' dans les autres, ' celui-là même où il manque, contient la suite p. im. im. de l'histoire de ce Comte, c'est-à-dire la maladie dont il fut at- . taqué après son retour, sa mort et toutes les circonstances qui l'accompagnèrent. Ajoutons à cela, que le style est le même, et qu'il n'y paroit nul vestige de main étrangère. ' D'ailleurs on «p. p. 717. ». 7*0. a montré qu'Ademar vivoit encore au mois de Septembre ** 1028. Pourquoi donc ne veut-on pas, qu'il ait continué d'écrire des événements arrivés en Juin de ta même année, et qu'il ait vécu jusqu'aux premiers mois de la suivante?
' Sa chronique est un excellent monument pour l'histoire, Mai», an. 1. 54. n. egregium opus, sur-tout pour ce qui s'est passé en Aquitaine, de- 5* 1 p>fi' lb tt 7' puis Charles Martel jusqu'au temps de l'Auteur. Seulement il est fâcheux, que les temps y soient quelquefois confondus, et les événements rapportés sans ordre. Ce qui précède l'année 829, a été répelé d'autres Historiens cl Chroniqueurs : en quoi Ademar a imité la manière d'exécuter des ouvrages de cette nature, que presque tous les autres avoient suivie. Mais son principal Editeur a eu la sage précaution d'en retrancher toutes ces fades répétitions, comprises dans les cinquante premiers chapitres. Il en a pourtant retenu plusieurs endroits, parce qu'ils contiennent, ou des variantes considérables, ou des faits même qui ne sont pas dans les Auteurs où Ademar avoit puisé.
' On est redevable de cette édition au laborieux P. Labbe, ub. b». oot. 1. qui l'a donnée sur trois manuscrits, l'un fort ancien, apparte- ** p 151*185 nant autrefois à M. de Thou, un autre d'Adrien Valois, et le troisième du collège de Louis le Grand.
' Avant cette édition, Dom Gtiiliebaud, plus connu sous le bu>. Maj. m..u nom de Dom Pierre de S. Romuald, Feui lient, avoit fait en- " trer l'écrit d' Ademar depuis Pharamond jusqu'en 1029, mais en l'abrégeant, l'interpolant et l'accommodant à sa façon, dans l'ouvrage qu'il publia sous ce litre : Historiœ Francorutn, seu Ckronici Ademari Engolismensis, MonachiS. Martialis Lernovicensis epilome, etc., et qu'il poussa jusau'en 1652. Cet abrège ainsi dirigé fut traduit en François par l' Auteur, et imprimé la même année 1652 à Paris chés Louis Chamoudry, en deux volumes in 12, le latin en l'un, et le françois en l'autre.
Divers autres Auteurs, aïant dépecé la même chronique, en
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a voient deja publié plusieurs morceaux, les uns sous le titre de Fragments de l'Histoire d'Aquitaine, comme Pierre Pithou entre ses Historiens contemporains, et du Chesnedansle second et quatrième tome de sa Collection des Historiens de France : a autres sous le nom d'Ademar, comme Besli parmi les preuves de son Histoire des Comtes de Poitiers. Ce dernier Ecrivain est celui qui en a le plus imprimé ; mais les fragments qu'il en donne, et ceux qu'on en lit dans les deux autres recueils, ne sont point corrects. De-là vient la différence qui se trouve souvent entre le texte de ces morceaux détaches, et le texte de l'ouvrage entier, tel qu'il se lit dans le P. Labbe.
L»b. ih. p. 37i- - 2°. ' Ademar a laissé de sa façon une Notice des Abbés de S. Martial de Limoges sous ce titre : Commémorai io Abbatum Lemovicensium basilicœ S. Martialis Apostoli. C'est encore le principal Editeur de sa chronique, qui a publié cet autre écrit. Il est court ; mais l'Auteur a sçu le rendre intéressant, en y faisant entrer plusieurs traits de l'histoire du diocèse, et quelquesuns de l'histoire générale de ces temps-là. Il est vrai, qu'il n'y est pas toujours exact : par exemple, lorsqu'il donne trois ans entiers de règne à Louis le Bègue. Ademar le commence à Dodon qui fut établi Abbé en 818, lorsque les Chanoines de S. Martial consentirent à se rendre Moines, et le finit à l'Abbé Hugues, mort sur la fin de Mai 1020. De sorte que ce petit écrit contient une suite d'histoire de plus de cent soixante et dix ans. L'Auteur n'y dit rien de l'Abbé Odolric, successeur immédiat de Hugues, quoiqu'il ait vécu plusieurs années du temps qu'il gouvernoit le monastère de S. Martial en cette qualité. La raison en est sans doute, qu'il s'attendoit à en parler àsa mort, s'il le survivoit. 11 le termine en rapportant celle de Roger, son oncle paternel et son maître, qui mourut trente-deux jours avant l'Abbé Hugues.
v «73. ' Ademar y a laissé des marques de son zélé pour l'apostolat
de S. Martial. Il nous y apprend, que dès le temps de l'Abbé Hugues, c'est-à-dire entre 101 i et 1020, il s'éloit tenu à ce sujet une célèbre assemblée en France. Elle éloit composée de Gauzlin Archevêque de Bourges, de plusieurs autres Prélats, de grand nombre de Sçavants ; et le Roi Robert s'y étoil trouvé en personne. Là il fut arrêté, qu'on ne donnerait point d'autre rang à S. Martial, qu'entre les Apôtres. On ne cornu il point d'ailleurs cette assemblée, dont on fit revivre la définition dans le Concile de Limoges en 1031 .
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3°. ' Un autre écrit d'Ademar, où il fait éclater encore da- Mab. an t. 4 vantage son zèle tout de feu, en laveur de cet apostolat, est p' 7n'7î8sa longue letre circulaire sur le même sujet. Uom Mahillon l'a donnée au public sur un manuscrit de M. Baluze; ' et M. du Du pin, h. »e. Pin, en aïant eu communication, avant qu'elle fùl imprimée, v' 3J8"370, l'a déjà fait connoître suffisamment. Elle ne demande donc pas qu'on s'y arrête. Nous observerons seulement, que le Concile de Limoges dont l'Auteur y fait mention, et que ce Critique place en 1029, ' se tint dès le quatrième d'août de l'année .u »>. ep. p. 717. précédente, comme Ademar le marque lui-même. La letre, ** 7ao" a" dont il est ici question, fut écrite au mois de septembre suivant. Nous ne trouvons point dans l'imprimé, que l'Auteur y donne, ' aux termes de M. du Pin, le Pap1 Jean, l'un de ceux Du pin, u>. p. 368 à qui elle est adressée, pour un homme colère, brutal et cruel. 11 est néanmoins vrai qu'Ademar s'y est laissé aller à des injures les plus grossières, contre Benoit Prieur de Cluse, le principal adversaire de l'apostolat de S. Martial, et qu'en cela il n'a pas soutenu le personage d'homme de condition, qui ne doit parler qu'avec grâce et politesse.
4°. On a dit, qu'Ademar se mêloit quelquefois de prêcher. ' M. Baluze avoit parmi ses papiers un sermon prononcé en 1028, à la dédicace de l'Eglise du Sauveur à Limoges, et le croïoit de la façon d'Ademar, quoique son nom n'y parût pas. L'alant communiqué àDom Mabillon, celui-ci en a imprimé un fragment considérable, où il est parlé avec éloge d'Abbon de Fleuri. L'on y trouve de quoi justifier pleinement la conjecture de M. Baluze. Cette pièce roule en partie sur l'apostolat de S. Martial, et retient quelques traits des raisonnements qu'Ademar faisoit pour le soutenir. ' D'ailleurs il nous apprend A«iem. ep. p. 717. lui-même, qu'il se trouva au Concile qui se tint la même année à Limoges, et qui fut apparemment une suite de cette dédicace.
Mais on ne peut pas dire la même chose ' de trois autres Ba,^^)ul" app' sermons, que le même M. Baluze a publiés à la suite de son p' Histoire de Tulle, comme appartenants à Ademar de Chabanois. 11 furent prononcés, selon cet habile Critique, à un autre Concile de Limoges, tenu dès 994. Ils ne peuvent donc pas être une production de notre Auteur ; puisqu'il ne se trouvoit avoir alors que six ans; ' n'en aïantque quarante en 1028, Ad«m. ib. p. 717. comme il le dit lui-même. C est sur ce témoignage de M. Baluze, que nous n'avions pas encore examiné, que nous avons h», lu. de u Fr.