‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 72 sur 214 · Tome VII. Qq · texte numérisé non relu

Tome VII. Qq

Mab. acl. I. 8. p.

al. n. 3.

XI SIECLE

306 ADEMAR,

avancé ailleurs, qu'Ademar avoil commencé à se faire de la réputation dès la tenue de ce Concile.

5°. Ademar se mêloit aussi quelquefois de Poésie. Mais il n'y réussissoil pas mieux que les autres Versificateurs de son M»b. wa. 1. 1. p. temps. On en juge ainsi ' pas des vers acrostiches de sa façon «s. 4i9|M«s. qUe Dom Mabillon a publiés. Ils se lisent dans un manuscrit i/i-4°. de l'abbaïc de S. Evroul, cotté 124, à la tète de l'Histoire des Papes attribuée à Damase , que Rohpn Evêque d'Angoulême avoit fait copier par le moïen- d'Ademar. C'est ce qui lui donna occasion de faire cet acrostiche à la louange de ce Prélat. L'acrostiche est double. Les premières letres ■ forment ces mots : Roho Episcopus Christt, et les derniers ces autres mots : Ademarus servus Christt.

Bib. Lug-Bat. P. 6°. ' Entre les livres dont Ademar fit présent au monastère 386 2' de S. Martial, avant que de partir pour son voiage de Jérusa-

lem, il y en avoit un intitulé : Nometiclaturauniversalis. Catalogue universel de livres, parmi lesquels il s'en trouve plusieurs sur la Géographie. C est le même à la tète duquel se lit ce que nous avens rapporté des dispositions d'Ademar pour son pèlerinage à la Terre Sainte. Ce manuscrit, appartenant autrefois à S. Martial de Limoges, est passé en ces derniers temps, après diverses révolutions, à la oibliothéque de l'Université de Leyde. Nous ne doutons |>oint, que ce ne soit un fruit des travaux literaires d'Ademar : non pour en avoir été le simple Copiste, comme de lantd'autres; mais pour eu avoir été le véritable Auteur.

Momf. m», ub. 7°. ' Un autre manuscrit de la bibliothèque du Roi, entre p. «46. 2. je CoJber^ cotté 1238, nous présente un ouvrage

sous ce litre : Ademari deConciliis famovicensibus annoWAet 1031. Il y a juste sujet de soupçoner que celui qui a dirigé ce titre, aura écrit 1031, au lieu de 1028. 11 n'en faut point d'autre raison, que ce qu'on a déjà dit sur le terme de la vie d'Ademar, qui très-probablement n'a point vu- le Concile de Limoges de 1031. Mais comme celui-ci est beaucoup plus connu que celui de 1028, le Scribe aura pris l'un pour l'autre. Après cet éclaircissement, nous soupçonnons encore, jusqu'à ce que nous aïons d'autres lumières, que cet écrit décoré du nom d'Ademar n'est autre chose que les Sermons dont on a parlé plus haut.

wiTe'i 1 ond^Mr!' ^*ve et ^utHn, ^m Par°tt l'avoir copié sur ce point de ktYsttYtaf».' Critique, voudroient encore faire honeur à Ademar du sup-

MOINE DE S. CIBARD. 307 ¥I

plément à l'ouvrage d'Amalaire sur les Offices divins, 0 impri- P. s». *n. 3*0. méau second volume des Analectes de Dom Mabillon. Mais M-tu?"*'1'*'9' il esl visible pour peu d'attention qu'on y veuille apporter, que c'est un Clerc qui y parle par opposition à un Moine, ce qui ne peut convenir à Ademar. Notre Auteur n'y a d'autre part ouc d'avoir pris soin de le faire c-pier à la suite dr l'ouvrage dont il fait le dernier chapitre : au inoïen de quoi il a le mérite de l'avoir conservé à la postérité. Sans ce soin en effet il y a beaucoup d'apparence que ce morceau d'ouvrage se s» roit perdu ; ne se trouvant dans aucune des éditionsd'Amalaire, ni par conséquent dans les manuscrits sur lesquels ellesont été faites. Ainsi ' c'est une inadverlance à M. Cave d'annoncer, que ce Cav... P. 43e. 1. supplément se trouve dans la Bibliothèque des Pères. Comme il roule sur l'ordre des Offices divins établi dans la Règle de S. Benoit, il n'y avoit guéres que ceux qui la profe- soient, qui pou voient s'intéresser à conserver ce morceau de Liturgie. Les autres lassés du travail qu'il falloit apporter à copier un long ouvrage, tel qu'est celui d'Amalaire, laiwsoient ce dernier chapitre, qui esl lui-môme fort prolixe. ' Plusieurs autres spk. 1. 13. p*r. a. manuscrits retiennent des marques parlantes du zèle d 'Ademar s*. M.iimdp. T"\ à multiplier les exemplaires des bons livres. L'inscription de D,b- , us Rat- ibson Nomenclatura universalis l'atteste de manière qu'elle donne à entendre qu'il y travailloit lui-même.

' Suivant le raisonnement du P. le Long, il faudroit encore l« Long. bu> fr. regarder Ademar comme Auteur d'une histoire des Evêques p' et des Comte9 d'Angoulème, qui se conserve manuscrite, ditil, à la Bibliothèque du Vatican, entre les manuscrits de la Reine de Suéde, et à celle du Collège des Jésuites de Paris. Du Chesne, continue ce Bibliographe, rapporte un fragment de cette Histoire dans son recueil des Historiens de Normandie, et l'attribue à Ademar. Mais ce fragment cité en preuve, n'est point pris d'une Histoire des Evêques et Comtes d'Angoulème; ' il est tiré de la propre chronique de notre llisto- n«. «m. am. p. rien. D'ailleurs cette Histoire manuscrite n est autre que 'celle ub. bib. nov. 1. qui est imprimée dans le P. Labbe, et qui appartient à un Ecri- *• p> **9-264vain du milieu du XII siècle. C'est ce que montre et le titre du manuscrit, et les fragments rapportés par Besly dans ses preuves de l'Histoire des Comtes de Poitou, et indiqués par le P. le Long même. Ces fragments se lisent dans l'imprimé du P. Labbe ; ' et l'Auteur de cette Histoire dit dans sa préface, p. *49. qu'il a beaucoup puisé dans les écrits de Hugues Evoque d'An-

Uqij

xi siècle 308 BERNARD, SCOLASTIQUE D'ANGERS,

•Le Lonj,, ib goulême. Témoignage qui a donné lieu à cetle partie ' du titre de l'Histoire manuscrite : ex Historia Hugonis Engoiismensis descripta.

Mab. ai. i. ». n. Enfin ' quelques Auteurs ont attribué à notre Historien les Annales d'Kginhard, nommées quelquefois Annales de Lorch, ou Lauresheim. Mais il ne l'ont fait que sur la bévue de l'Interpolateur d'Aimoin, qui nomme leur Auteur Adhemar, au lieu d'Eginhnrd.

BERNARD

S c o l a s t i q i* k d'Angers, ET AUTRES ECRIVAINS.

SffitM ' ' w' VI ^hNARD» ^ont on ne connolt point autrement la fa- XI mille, avoit un frère beaucoup plus jeune que lui, comme il paroîl, nommé Robert et surnommé l'Angevin, qui fut Abbé de Cormeri en Touraine. On conjecture de-là avec fon-

Ma703 V' * a,,p' dement» q11^ étoit du pais d'Anjou. ' Il quitta sa patrie, pour aller se rendre disciple de Fulbert à Chartres. Pendant qu'il y étudioit, il conçut une dévotion particulière pour sainte Foi, dont il y avoit hors des murs de la ville une petite Chapelle, qu'il visitoit souvent, tant pour prier, que pour écrire plus « -n repos. Les miracles que Dieu operoit au tombeau de cetle Sainte, firent alors beaucoup de bruit. On en débitoit à Chartres de si extraordinaires, que Bernard ne pouvoit les croire. Pour s'assurer de la vérité il résolut de recourir à la source, et de faire un voïage ;i l'abbaïe de Conques en Rouergue, où se conservoit le corps de la Sainte. Il paroit même qu'il s'y engagea par une espèce de vœu. Mais il ne le put si-tôt accomplir. L'Evêque d Angers, qui étoit alors Hubert de Vendôme, i'appella près de lui pour lui confier la direction de l'Ecole épiscopale. Bernard en prit soin pendant trois ans, et y eut beaucoup à souffrir, de se voir d'une part empêché par un enchaînement d'affaires d'accomplir son vœu, et de l'autre engagé avec des Etudians si peu avancés qu'il ne pouvoit profiter des leçons qu'il falloit leur donner. EnNn il quitta brusquement

Ub. bib. nov. t. Angers, et lit son voïage projette. ' 11 le fit même à deux dif-

XI SIECLE

ferenles fois. ' Etant à Conques, il recueillit tous les miracles ma. u, s. de la Sainte, dont il put avoir des preuves certaines, et les envoïa à Fulbert son Maître.

' On suppose que l'ernard retourna à Angers, où il eonti- m«?. nua d'exercer l'emploi de Maltre-Ecole, et qu'il pt.ul èlre le même que le Chapellain de Geofroi Martel Comte d'Anjou, qui se nommoit Bernard. Mais c'est de quoi l'on n'a aucune preuve. On en a encore moins pour lui prolonger les jouis jusqu'en 10.*H, ' qui est Tannée de la mort de l'Abbé Robert Mab. ». i. 60. n. son frère. Peut-être l'aura-t-on prise par erreur pour le terme M' de la vie de Bernard. Ce qu'il y a de certain, c'est que notre Scolaslique florissoit dès l'épiscopat de Fulbert, ' et même dès i. 53. n. 4a. le commencement vers 1010. 11 y «a bien loin de cette époque à celle de 1054.

Le principal écrit de Bernard est son recueil des miracles de sainte Foi, imprimé parles soins du P. Labbe, mais sans nom la. ib. p. uid'Auteur, parce que l'épitre dédicatoire, où il se fait connoitre, manquoit à son manuscrit. ' Dom Mabillon l'aïant déler- ma.», t. 4. app. rée dans un autre manuscrit de l'abbaie de S. Pére à Chartres, p' 1<a' où l'ouvrage est plus entier que dans l'imprimé, en a fait présent au public. ' Albéric de Ïrois-Fontaines nous avoit déjà Mb. chr. par. 2. appris, que ce recueil appartient à Bernard Scolaslique d'An • p' 34' gers. On ne convient pas de l'année précise a laquelle l'Auteur y mit la main. ' Les uns croient, que ce fut en 1010, les ma. ». 1. 53. n. autres en 1012. Il est au moins hors de doule, qu'il le finit nov.'t. a*'f.. œw! avant 1026; • puisau'il y parle comme vivant encore du temps ' Lab- ib ••■ 3Wde Richard II Duc de Normandie, qui mourut la même année.

Le recueil est compris en vingt-deux Chapitres; mais il se trouve plus ample dans quelques manuscrits. On en a déjà nommé un de cette nature. ' Les Auteurs du nouveau Gallia Chris- g»", chr. ib. tiana copient un endroit de l'ouvrage, qui ne se lit pas dans l'imprimé. Aussi ils avertissent qu'ils l'ont tiré des manuscrits, ce qui prouve ce que nous avançons ici. L'Auteur au reste a fait ce recueil sans choix. Il paroît que tous les miracles lui étoient bons, pourvu néanmoins qu'ils fussent bien prouvés. Il s'est particulièrement attaché à cette certitude : ' ce qui l'auto- Mab. ». 1. 4. aPP. risoit à inviter ceux qui en douteroient, à se transporter sur les p" 703 *' lieux, afin de s'en convaincre par eux mêmes. ' M. de Tille- thi. h. e. t. *. mont lui rend cette justice, que ses narrations sont fort circon- p" M5' slanciées, et d'ordinaire appuïées par des témoins oculaires. Mais il observe avec raison, qu'il y en a de fort étranges, et

xi siècle 310 BERNARD, SC0LAST1QUE D'ANGERS,

que la pénultième sur-tout n'est propre qu'à rendre les autres Lab. ib. p. 55i. suspectes de fiction ou d'illusion. ' Bernard atteste néanmoins, qu'il l'avoit apprise d'un vénérable Abbé, qui lasçavoitde la persone môme à qui la chose étoit arrivée.

Quoique l'ouvrage de notre Scolastique ne contiene que des miracles, dont quelques-uns sont fort extraordinaires, on ne laisse pas d'y trouver plusieurs faits qui servent à illustrer lu*, de Lan*, i. s. l'Histoire civile de ce temps-là. ' C'est en conséquence, que les ■pp. p. 6. 7. Historiens de Languedoc rapportent parmi leurs preuves un long fragment de l'écrit de Bernard. Si Catel en avoit eu concaiei , com. de noissance, ' il n'auroit pas donné à la femme de Guillaume Toui. p. 10*. comie de Toulouse à la fin du X siècle et au commencement Lab. ib. p. 535. du suivant, le nom d'Alfonse, ou Delfonse; ' il y auroit vû qu'elle se nommoit Arsinde.

Il est vrai qu'il a été trompé par la copie défectueuse d'une traduction en vieux vers gascons du chapitre cinquième de l'écrit en question, dans laquelle cette Comtesse est mnl nommée Delfonse. On y lit effectivement : A Artous Delfonse Com- His. de ung. ib. tesse, au lieu qu'il faut lire, ' comme le remarquent les Histop' M5' riens de Languedoc : A Arsens de Tolose Comtesse. Cette tra-

caiei, ib. p. m- duction en anciens vers vulgaires, ' que Catel copie en entier, est une nouvelle preuve de notre sentiment au sujet de l'ancien usage de la langue romancière. Nous sommes persuadés, qu'elle suivit de près la publication de l'écrit de Bernard. On n aperçoit en effet, qu'un motif qui ait pû porter le Poète à traduire ce chapitre plutôt qu'un autre. Ce motif étoil de faire plaisir à la Comtesse, ou aux deux fils, Raimond et Itenri, dont elle devint mere par le pouvoir de sainte Foi auprès de Dieu. Tout le narré ae ce chapitre tend à annoncer cet événement. Arsinde ou ses fils vivoient donc encore, lorsque le Poète entreprit sa traduction. C'étoit donc avant la fin de ce XI siècle. Aussi la rudesse et grossièreté de l'idiome qu'il emploie dans ses vers, montrent-elles notre langue romancière encore dans les langes. * Mss. Bernard a laissé un autre écrit de sa façon. C'est la relation

d'un pèlerinage qu'il fit vers 1020, en la* compagnie de quelques autres Angevins à Notre-Dame du Puy en Vêlai. Menard dans ses Ecrivains d'Anjou en rapporte un fragment, qu'il a tiré du P. Gissey.

Ici se présentent divers autres Ecrivains contemporains de Bernard, sur le compte desquels il y a peu de choses à dire, et

XI SIECLE

qui à peine méritent le titre d'Auteurs. Mais comme ils ont laissé quelques productions de leur plume, et concouru à la culture des Letres, il est de notre dessein de les faire connoitre. Nous les donnerons pour ce qu'ils ont été, et commencerons par les Chroniqueurs. Tout ce siècle fut fort fécond en cette sorle d'Ecrivains. On en a déjà vû paroitre plusieurs sous leurs titres particuliers : Aimoin, Roricon, Alperl, Ademar. Voici les autres qui semblent avoir écrit au môme temps, c'est-a-dire, les trente premières années de ce siècle.

' La Chronique de l'abbaïe de Lalbks, que Dom Mar- Man. a«ec. i. 3. tene et Dom Durand ont donnée au public, et qui a été nous- ",0-1431sée jusqu'en 1041, est l'ouvrage de plusieurs Moines du lieu. Mais un seul l'a continuée depuis le commencement jusqu'en 1008. On en trouve la preuve sur l'année 868. Ce qu'il y rapporte depuis 41 8 jusqu'en 724, il l'a tiré du vénérable Bède. Il a puisé le reste jusqu'à son temps dans d'autres Chroniqueurs, qu'il ne fait pas connoitre. Cet Ecrivain est fort superficiel ; ne faisant qu'annoncer les événements dont il entreprend de parler, sans les développer. Ses continuateurs sont entrés dans un plus grand détail. A la suite de cette Chroni- p. mt. 1*3*. que'les Editeurs ont imprimé une Généalogie des Comtes de Flandres, jusqu'à Thierri, dont la fille nommée Marguerite épousa Baudouin Comte de Hainaut. Suivant cette Généalogie les Comtes de Flandres descendoient de Charlemagne par les femmes.

M. de Boulainvilliers dans son Etat de la France , et ceux qui l'ont suivi, parlent avec éloge de la Chronique de Massai. abbaïe de l'ordre de S. Benoit au diocèse de Bourges. Mais il est visible, qu'ils confondent les Annales du même monastère avec la Chronique, et qu'ils n'en font qu'un seul et même ouvrage. Il suffit cependant de jetter les yeux sur l'imprimé, pour y appercevoir deux écrits distingués et indépendants l'un de l'autre. ' Le premier, qui devrait être placé le second, suivant Lab. ib. p. 73a. l'ordre des temps, est intitulé : Courte Chronique, et parcourt 733 l'espace d'un peu moins de quatre siècles, depuis 732 jusqu'en 1013. Néanmoins dans ce long espace de temps l'écrit ne louche que quarante années, et ne marque qu'un seul événement sur chacune, avec un laconisme singulier. On voit parlà, que le litre qu'on lui a donné, est fort convenable. Elle a été recueillie d'un ancien cycle pascal, aux marges duquel elle se trou voit éparse. Elle finit par la mort de Dacbert

XI SIECLE

His. Lil. iîe la Fr.

Duché*, t.

Lob. bit. de Br. I.

Page 1