BERNARD, SCOLASTIQUE D'ANGERS
Archevêque de Bourges, el contient quelques autres événements, qui peuvent servir à illustrer l'Histoire générale de France.
' I/autre écrit, qui est intitulé : Annales des François, prend la suite de l'Histoire à Tannée 72(1, et la conduit jusqu'en 796 inclusivement. C'est celui-ci qui est intéressant pour les exploits de Charles Martel, de Pépin le Bref et de Charlemagne. Mais il appartient au VIII siècle, ' où nous en avons rendu compte, en montrant que ces Annales, qui s'y trouvent mal nommées de Moissac, au lieu de Massai, par la faut?- d.'S Imprimeurs, sont les mêmes, à de légères différences près, que celles qu'avoit déjà publiées André du Chesne, sur un manuscrit, appartenant autrefois à du Tillet. On a remarqué en même-temps, qu'on en a dansCanisius d'autres tout autrement remplies, dans lesquelles se trouvent presque tous les événements rapportés dans les précédentes, mais beaucoup mieux circonstanciés, el accompagnés d'autres faits qui manquent dans les autres. Il est vrai que celles de Canisius ne commencent qu'en 741 , et finissent en 793.
' Du Chesne nous a donné une autre Chronique, qui commence en 088, et finit en 1015, mais avec des lacunes considérables, où l'Auteur laisse à trois différentes reprises plus de quatre-vingts années, sans nous y apprendre le moindre événement. Elle n'est point qualifiée ; mais on pourroit lui donner le titre de Chronique de Sens. En effet elle roule presqu'entierement sur ce qui s'est passé de mémorable dans celte ville, et sur l'histoire de ses Archevêques. Il y a tant de conformité entre ce qu'elle rapporte d'Arnoul et de Gerbert Archevêque de Reims, de la mort de Hugues Capel et de quelques événements qui la suivirent, et entre ce qu'on en ht dans une des Chroniques de Hugues de Fleuri; au'il est clair que ces deux Chroniqueurs se sont copiés l'un 1 autre sur ces événements. Si l'on pouvoit prouver que le Chroniqueur de Sens est le Copiste, il faudroit dire qu'il n'a écrit au plutôt qu'au commencement du XII siècle, el que ce que nous avons de lui, n'est qu'une partie de son ouvrage, ou qu'il ne l'a pas poussé plus loin. Ce qu'il dit au reste sur Arnoul de Reims en particulier, ne s'accorde pas avec les actes de sa déposition.
' 11 y a parmi les preuves de l'histoire de Bretagne de 1707 une Chronique de Nantes, qui après un exorde commence en 843, et finit par le traité de paix entre Gautier Evèque de Nantes
X! SIECLE
tes et Budic, Comte de la même ville, ' ce qu'on rapporte à t. i.P. m. l'année 1024 ou environ. Cette chronique est importante pour ce qui s'est passé de plus mémorable à Nantes, et dans le Comté Nantois pendant cet espace de temps. Mais elle n'est point telle qu'elle est sortie originairement des mains de son Auteur. On y trouve plusieurs interruptions, ou lacunes. ' Aussi ta Edi- t. s. p. m. teurs avertis.*ent-ils qu'ils l'ont formée de divers fragmi nts épars, qu'ils ont recueillis en un corps d'ouvrage. Il paroil par le grand usage qu'en a fait Pierre le Baud, et les morceaux qui en ont été tires de son histoire, qu'il en avoit un exemplaire entier et suivi.
' Dom Martene et Dom Durand en ont déterré un sembla- M«t. An*, t. 3. bleà la Chartreuse du Val-Dieu; mais malheureusement il finit p' 831"®44avant la mort de Charles le Chauve. Le reste manque dans le manuscrit, sur lequel on a imprimé ce qu'il contient. ' D'Ar- Du ci>m. 1. *. p. gentre avoit deja publié peu de ch( se du commencement de JUS3? a. !P. cette chronique, qui a été depuis réimprimé par du Chesne et les Continuateurs de Bollandus. ' Les derniers Editeurs entre- Mm*. a>. p. ssi. prenant de fixer à peu près le temps auquel elle a été faite, disent en gênerai, que ce* fut au moins dans le cours du Xll siècle. Mais on a montré plus haut, quelle en est la vraie époque. Le P. le Long ne lavoit pas cherchée avec soin, lors qu il a l« Long. h*, fr. avancé, que cette chronique finit en 950. p- 780 *"
L'Auteur étoit de Nantes, ou du pais Nantois, comme il paroit par toute la suite de sa narration. Il emploie son exor- Lob. u>.p. 35. se. de, ou prélude, à découvrir la véritable cause de la révolte des Bretons contre Charles le Chauve : ce qui leur fit former la résolution d'avoir un Souverain de leur pais, et donna occasion à Nomenoi de prendre le titre de Roi. Notre Chroniqueur y fait une faute énorme, en nous donnant la ville de Fontenai en bas Poitou, pour le lieu de la fameuse bataille entre les trois fils de l'Empereur Louis le Dehonaire.
' D'Argentré et Du Chesne d'après lui ont publié un autre Jg^. a», p. fragment de chronique, qu'on pourroit prendre pour un débris de celle dont il est ici question. Mais il ne paroit nullement qu'il en ait jamais fait partie. Il roule sur le siège de la villed'Angers par les Normans, au temps de Charles le Chauve, elles suites fâcheuses qui en arrivèrent.
Parmi les papiers de rebut sur lesquels Dom Martene et Dom Durand ont publié tant d'anciens monuments, il se trouve une chronique, qui commence à la naissance de J. C. et finit en