ABBÉ DE S. BENIGNE DE DIJON
fectioner ses études. De retour à Locedia, il fut établi pour enseigner les autres, et régler le chœur, et bientôt après chargé des offices de ïhrésorier, Chancelier et d'Apocrisiaire de la maison.
' Voïant cependant que la discipline s'y affoiblissoit de jour n. 7. en jour, Guillaume pensoit à chercher un monastère plus régulier. ' Ce qu'il entendit dire de l'exacte observance de Cluni, P. 3». n. 9. lui inspira le désir de s'y retirer. La Providence ne tarda pas à lui faire naître une occasion favorable d'exécuter son dessein. S. Maieul passant par Locedia en allant à Home, Guillaume le lui communiqua; et à son retour le saint Abbé l'emmena avec lui. Il fut reçu à Cluni avec autant dhoneur que de charité ; et l'on ne fut pas long-temps sans reconnoitre en ce nouvel hôte une supériorité de mérite. ' Au bout d'un an on lechoi- p. 3«. n. 10. u 1 sit pour aller reformer le monastère de S. Saturnin sur le Rhô- l,5°' °'30 31 ' ne, aujourd'hui S. Saurin, prieuré dépendant d'Ambournai. Il en fut rappelé dix-huit mois après en 990, et aussi-tùt envoïé rendre le même service à S. Bénigne de Dijon, Brunon. Evêue de Langres, qui sollicitoit depuis quelque temps la reforme e ce monastère, l'en établit Abbé, et l'ordonna Prêtre dans la suite.
' Le succès éclatant avec lequel ce nouveau Reformateur fit *c». u>. p. 3». revivre l'esprit de S. Benoit à Dijon, vola bien-tôt par tout, et «. 13. i6. *4. 1* engagea d'autres Evêques, des Princes, des Rois à lui confier 'S* i3»' ^.'w. le gouvernement de plusieurs autres monastères. Guillaume en reforma plus de quarante, dans lesquels il mit des Abbés propres à maintenir la bonne discipline qu'il y établit. Les principaux sont S. Vivent de Vergy, Bcze, Moutier Saint-Jean, S. Michel de Tonnerre en Bourgogne, S. Arnoul de Metz, S. Evre deToul,Gorze en Lorraine, Fécam, Jumiege; Saint Ouen de Rouen, le Mont-Saint-Michel en Normandie, Saint Germain des Prés à Paris, S. Pierre de Melun, S. Faron de Meaux. On n'avoit point encore vù de Reformateur plus zélé et plus rigide. Au moins n'en connoît-on point jusques-là, qui ait mérité de porter, 'comme lui, le surnom de Suprareyu/am : ftag. fi. ehr. p. un homme qui va encore plus loin que la règle. * Guillaume 1 7&b. act. u». P. cependant se relâcha un peu dans la suite de cette trop grande n- 7sévérité, et se prêta aux sentiments de commisération pour la foiblesse humaine.
' Outre tant de monastères, qu'il reforma, et dans lesquels il P. 331. n. m. se trouvoit plus de douze cents Moines, ' il fonda de concert p. 3». n. n 1 P.
XI SIECLE. '
34i. d. io | ^"347. avec ses frères, dans une terre de leur patrimoine l'abbaïe de n ** Frutare, vu'gaireraent S. Balain, au diocèse d'Vvrée, et prit
lui-même soin d'en faire construire tous les édifices. Il établit encore d'autres monastères dans le même pais, entre lesquels il y en avoit un pour des filles, et où l'on vit fleurir l'observance régulière.
p. 3i7. n. 1*. ' Une des maximes de l'Homme de Dieu, laquelle on ne sçauroit trop relever, éloit d'instituer des Ecoles dans tous les monastères de sa reforme. Elles éloient ordinairement doubles ces Ecoles. 11 y en avoit d'intérieures pour les Moines, et d'extérieures pour les persones de dehors. Mais nous ne répéterons pas ici ce que nous en avons déjà dit 1 ailleurs. On peut y avoir
p. 3*i. n. a. recours. ' Le prudent Abbé, qui étoit lui-même fort instruit, n'ignoroit point de quelle utilité est la science pour nourrir la
P. 3»o. 338. n. i3. solide pieté. Sur ce principe, ' il vouloit que ses disciples, qui
17 " M avoient les dispositions nécessaires, étudiassent toutes les facul-
tés de la literalure, jusqu'à la Médecine même, dont l'utilité regarde les Moines comme les autres hommes. Pour lui, le principal usag.j qu'il faisoit de son sçavoir, étoit l'instruction de celte nombreuse famille répandue en tant de divers monasle-
p. 33«. n u. res, qu'il visitoit de temps en temps. ' Il s'en servoit aussi pour corriger et rectifier les offices divins ; car il possédait à fond le plain-Chant et la Musique. On a dit autre part, qu'à S. Bénigne «n particulier on joignoit de son temps à la culture des
P. 3«7. 3S8. n. i5. sciences celle des beaux Arts. ' Il en laissa, lui et ses frères, d'il-
li-S'ia?' 9' lustres marques dans la structure de la belle église, qu'il y fit rebâtir tout à neuf.
p. 339. n. u. | ' Guillaume réunissoit en sa persone deux qualités, qui ne se '* 3 c' 5' rencontrent pas toujours dans le même sujet, une grande vivacité d'esprit avec une prudence consommée. C'est ce qui joint à son desinti ressèment gênerai, luidonnoit un accès favorable à la Cour des Rois, des Princes, et qui l'y faisoit estimer Mab^ib. p. 330. et honorer. ' Les Papes avoient eux-mêmes tant de vénération pour le pieux Abbé, qu'ils écoutoient volontiers les remontrances qu'il leur faisoit, ou faisoit faire. U leur en fit cependant quelquefois, où bien loin qu'il y eût le moindre germe d'adulation, ou de respect humain, il s'y trouvoit une vigueur évangelique.
Ce
1 Volés le dijeonn historique à U lete de ce Tolume, nombre XLI, ayec 1m venu et leLXXXVIU.