‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 86 sur 214 · ROBERT, ROI DE FRANCE · texte numérisé non relu

ROBERT, ROI DE FRANCE

• Helg. ib.

relever la doctrine et l'éloquence de Robert, supposent que Leutheric étoit dans la même erreur, que fui depuis Berenger de Tours au sujet de l'Eucharistie. ' Mais il ne s'agissoit que de l'abus qu'en faisoit quelquefois ce Prélat pour éprouver les coupables, son autre erreur consistoit a attribuer à la nature divine les souffrances, qui n'éioicnt tombées que sur l'humanité. La lelre de notre généreux Prince, qui respire un zèle tout de feu pour la pureté de la religion, eut son effet, et corrigea l'Archevêque. On y voit, que la formule dont on se sert pour administrer l'Eucharistie, étoit alors un peu différente de celle qui est aujourd'hui en usage.

Entre les écrits anonymes qui furent faits sous le règne de Robert, il va des Litanies qui méritent d'être connues pour leur singularité, et qui regardent ce Prince personnellement. Bai. mi»c. t. «. P. On en est redevable à M. Baluze, qui les a publiées sur un anus in. cien manuscrit de l'Eglise de Beau vais. Quoiqu'elles portent le nom de cette Eglise, ce n'est pas à dire pour cela, qu'elles ne fussent répandues dans le Roiaume, et qu'on n'en fit usage ailleurs, et à la Cour même. Elles ne commencent point par Kyrie eleison, comme les autres qui sont communément imprimées dans les livres de pieté, mais par Christus vincit.

On y prie deux fois pour le Pape , qui étoit alors Jean XVIII, deux fois pour Rolger Evêque diocésain et pour son troupeau, autanl de fois pour le Roi Robert, une fois pour la Reine Constance, une autre fois pour les Juges et pour toute l'armée des Chrétiens. A chaque fois on invoque J. C. et jamais plus de quatre Saints, ou Saintes. Pour le Pape, qui y est qualifié Evêque universel, on invoque d'abord la S. Vierge, S. Michel , S. Gabriel , S. Raphaël , puis S. Jean , S. Jacques et S. Philippe. Pour l'Evêque, on invoque d'abord S. Pierre, S. Paul, S. André, S Simon, puis S, Martin, S. Rémi, S. Medard. Pour le Roi on invoque en premier lieu S. Estienne, S. Denys, S. Lucien, S. Juste, ensuite S. Corneille, S. Laurent, S. Vincent. Pour la Reine, sainte Félicité, sainte Perpétue, sainte Agathe et sainte Agnès. Enfin pour les Juges et pour l'armée, S. Silvestre, S Grégoire, S. Léon, S. Ambroisc. Ce sont-là tous les Saints qu'on a fait entrer dans ces Litanies. Il est à remarquer, que dans les prières pour le Pape, on ne demande que sa conservation. Mais dans celles pour l'Evêque et pour la Reine, en priant pour leur conservation l'on prie aussi pour leur salut ; et dans celles pour le Koi et pour l'armée on demande leur conservation et la victoire.

OTHELBOLD,

Adbe' A G A M),

s\Tiui.bold ne nous est connu que par sa dignité, et Vab. mi. i. «. p.

\June seule produclion de sa plume. II gouverna en qua- m' "' 9' lilé d'Abbé le monastère de S. Bivon deGand, depuis 1010 jusqu'en 1 031, ' qui fui le terme de sa vie; étant mort le cin- c.aii. ri,r. nov. i. quieine de Décembre de la même année. 5> p

' Il y a de lui une description de l'éîat de sou monastère tel Mir. «ion. bel*, i. qu'il avoit été dans sou crigine, et tel qu'il étoit au temps de 1 r 19, p- 37 4f l'Auteur. Otbelbold l'entreprit à relie occasion : Otgive, femme (!<• Baudoin le Barbu Comte de Flandres, aïant engagé noire Abbé à lui faire connoilre les Reliques des Saints qu'on avoit à S. Bavon, il en dressa une liste détaillée, dans laquelle il a fait entrer, en homme instruit de l'His!oire ecclésiastique, une courte notice des principaux Saints de qui éloient ces Reliques. L'Auteur sçacliant que celle Comtesse étoit affeclionée à son monastère, il saisit l'occasion de lui exposer le triste élat auquel il étoit alors réduit, en le comparant à l'état florissant où il avoit été autrefois. C- 1 éeril, qui esl adressé à Otgive, et qu'on croil fait vers l'an 1030, peut passer pour un abrégé de l'histoire de l'abbaïe de S. Bavon. Otbelbold s'y qualifie Abbé par la grâce de Dieu, ce qui commençoit à passer en usage. Aubert le Mire a publié cet écrit avec de trèscourtes notes, dans son recueil intitulé : Donationum Behjimrumlibriduo. 'lien a réimprimé le commencement, c'est-àdi- «oi.mcI. m%. c re, ce qui concerne les Reliques, dans sa Notice des Eglises "'* de la Belgique. ' Dom Mabillon a ,*ussi donné d'après le Mire Mai>.ii>. ce même commencement, mais non pas si entier.

Voici une autre histoire beaucoup plus intéressante. ' C'est Spic. t. c. p.csv la Chronique de l'abbaïe de Mouso.x au diocèse de Reims, 665 que Dom Luc d'Acheri a publiée au VII volume de son spicilege. L'Auteur étoit un Moine du lieu, qui écrivoil en 1033, an moins finil-il son ouvrage à cette même année. ' On y a p. 6-3. m. cousu depuis une petite récapitulation de la vie d'Adalbcron Archevêque de Reims et restaurateur du monastère, avec quelques événements arrivés après le milieu de ce XI siècle, et dans le cours des deux suivants, à un fort long espace de

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temps les uns des autres. Circonstances, qui jointes au défaut de suite et à l'extrême brièveté qui y règne, font manifestement voir que c'est une addition étranger;.

P. ça. su. Cette Chronique est divisée en trois parties. ' La première

comprend un fort long discours fait, comme il paroit. pour le jour anniversaire de la fête, ou plùlôt ded'arrivée des Reliques d'un S. Arnoul Martyr à Mouson, où il est honoré. Ce discou i qiT ses

Bon. »i. jni. p. vint à posséder son corps. ' Les successeurs de Bollandus ont réimprimé toute cette première partie au vingt-quatrième de juillet, jour qu'ils ont assigné à la mémoire de ce S. Arnoul, et

Mai», n. i. 7. p. l'ont illustrée de leurs observations et notes ordinaires. ' Dom Mabillon de son côté en a détaché ce qui concerne la translation des Reliques, et l'a inséré dans son recueil d'actes des SS. Bénédictins, avec des remarques historiques et critiques.

si.ic. ii». p. eu- ' La seconde partie de la Chronique contient un détail fort circonstancié du rétablissement de l'abbaie de Mouson, par les soins d'Adalberon Archevêque de Reims. L'Auteur pour mieux constater ce qu'il y avance, a été soigneux d'y rapporter les actes t.riginaux, comme lesletres du Pape, les décrets des Conciles, et jusqu'aux discours que prononça le Restaurateur à cette occasion. L'on y trouve les actes du Concile tenu en 973 au Mont-Sain tr-Maric, plus entiers et plus corrects qu'ils ne sont dans les Collections des PP. Sirmond, Labbeet Cossart.

p. f6:-«n. ' Enfin la troisième partie, qui commence par trois vers

hexamètres, qui en expriment le titre et le sujet, est emploïée à faire rémunération des Abbés qui gouvernèrent le monastère de Mouson, depuis son rétablissement jusqu'en 103'5, et par occasion des Archevêques de Reims, depuis Adalberon jusqu'à Gui inclusivement. Ce qui donne un nouveau prix à ce Catalogue, c'est qu'on y trouve les principaux événements de la vie de.* Prélats et des Abbés, dont il contient la suite. Outre ce qu'il nous apprend d'Adalberon en particulier, on a son histoire presque entière dans la seconde partie de la Chronique. 11 est aisé de juger par-là, combien cet écrit est intéressant, non-seulement pour l'abbaie de Mouson, mais aussi pour l'Eglise de. Reims. C'est un excellent morceau pour continuer l'Histoire de ses Archevêques, commencée par l rodoard.

LeLonj, bib. fr. Avant que Dom d'Acheri le -donnât au public, ' Dom Ni-

p' colas Habert, Prieur claustral de l'a*boaïc de Mouson, en ayoit

xr SIECLE.

fait imprimer un abrégé à Chorlevifle dès 1628 en un petit " t/î-8". Mais il est devenu inutile, depuis qu'on nous a donné l'ouvrage entier.

' On a dans le grand recueil des Bollandisles, des actes en Bon. is. jui. P. vers hexamètres d'un autre S. Arnoul Martyr, qualifié Arche- 407*4U vêque de Tours, et disciple de S. Remide Reims. ' L'Auteur p. 411. ». s'y nomme lui-môme Letselin : sur quoi les judicieux Editeurs regardent, ' comme vraisemblable, qu'il est le même que j>. m», n. is, l'Abbé Lezcelin, qui gouvernoit en cette qualité le monastère de Crespy en Valois, sous le règne de Robert. Opinion q^ui se trouve fortifiée par la considération, que les Reliques du àaint reposent dans cette abbaïe, et que sa mémoire y étoit en telle vénération, que le monastère eu prit le titre de S. Arnoul de Crespy, qu'il porte encore. ' Aïant élé fondé en 1008, il eut Nab. m. i. 53. n. Gérard pour premier Abbé. Dom Mabillon ne doute point, 9" que Lezcelin ne lui succédât, lorsque Gérard eut élé transféré à S. Vandrille. ' Lezcelin avoit la réputation de grand homme Heig. *«. Roi». v. de bien, fort attaché aux observations de l'étal monastique qu'il avoit embrassé. Le Roi Robert avoit pour lui une affection particulière ; el le pieux Abbé ne manquoit point tous les ans de lui rendre une visite. Après s'être entretenus ensemble des choses spirituelles, il retournoit à son monastère, comblé d'honneur et de présents. On ignore Je temps de sa mort, et les autres événements de sa vie.

' Son poëme sur S. Arnoul, qu'il entreprit aux instances de Bon. ib. P. 407. • ses frères, n'est proprement que la vie en prose du même Saint, qu'il a mise en vers. Mais il ne s'y esi pas si scrupuleusement attaché à la letre, qu'il n'ait quelquefois orné el paraphrasé le texte original. C'est assés la coûlume, comme l'on sçait, des Poètes qui travaillent sur une prose étrangère. Quoique la versification de Lezcelin retiene de grands défauts, elle est cependant beaucoup moins plate que celle de la plûpart des autres Versificateurs de son siècle.

La Légende sur laquelle il a travaillé, a été d'abord impri- F'or. bib. par. 2. mée par le P. du Bois Célestin, sur un manuscrit d'Ambert, p 140 ,M' monastère de son Ordre, ' puis par les continuateurs de Bol- Bon. ib. P. 3%landus, qui l'ont illustrée ae sçavantes observations, et en ont m' revu le texle sur un autre manuscrit. ' Du Chesne en a aussi fait Du ches. 1. 1 . entrer quelques petits extraits dans son recueil d'Historiens ; p 533' mais c'est très-peu de chose. Tout ce qu'on peut dire de moins équivoque sur le temps auquel elle a été faite, c'est qu'elle a précédé le travail de Lezcelin. On n'y découvre rien qui puisse

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déterminer à lui fixer une époque particulière. Si néanmoins il étoit permis de donner dans la conjecture, nous serions portés à la croire du temps que les Reliques de S. Arnoul furent mises à Crespy, c'est-à-dire peu après la fondation de celte abbaïe, qui n'est plus qu'un Prieuré. Ce qu'il y a de vrai, c'est qu'elle est fort postérieure au temps où elle fait vivre le Saint ; et il seroit Doii. ib. p. *oo. Irés-difficile de justifier ce qu'elle en dit. ' Dans la suite du " 19 temps un Ecrivain, aussi indiscret que peu judicieux, se servit

de cette Légende et du poëme de Lezcelin, pour composer une autre vie encore plus prolixe de S. Arnoul. Mais il ne l'exécuta qu'en y mêlant le profane avec le sacré, et le.plaisant avec le sérieux. Les Editeurs des deux pièces, dont l'Avanturier s'est servi, avoient une copie de la siene, de laquelle ils ne parlent qu'avec un souverain mépris.

p 415-417 ' Avant la fin de ce XI siècle, un autre Auteur qui n'avoitrien

moins que le talent de bien écrire, entreprit de conserver à la postérité l'histoire de la translation d'une autre partie des Reliques de S. Arnoul, et de quelques miracles dont elle est suivie. On a son écrit dans le recueil des mêmes Editeurs à la suite du poëme de Lezcelin.

p. 4H-44I . ' Ce qui vient après sous le titre d'aclesde Sainte Scariberge,

qualifiée nièce du Roi Clovis, et femme de S. Arnoul, est à la vérité mieux écrite que l'histoire précédente, mais paroit encore plus dénué de vérité, que la Légende du Saint. De sorte qu'on n'y peut faire aucun tonds, et qu'il ne vaut pas la peine Le un?, inb. fr. qu'on en parle. ' Le P. Jean Marie de Vernon du Tiers Ordre de p 193 *' S. François,n'a pascependant laissé de faire une traduction françoise de ces deux mauvaises Légendes, laquelle a été imprimée à Paris w-16. en 1G77. Mais le nom du Traducteur n'y est désigné que par cesquatre letres initiales, L. P. J. M. qui signifient le P. Jean Marie.

¥5b ACJ 1 * p ' Dom Mabillon nous a donné une hisloire fort abrégée de la translalion des Reliques de S. Aigulfe, vulgairement S. A y o v , de l'abbaïe de Fleuri à une église de Provins, au diocèse de Sens, laquelle portadepuislenom du Saint el fut érigée en monastère en 1048. L'Auteur anonyme de ce petit écrit le fit avant cette époque, sous Tépiscopal de l'Archevêque Leoteric, environ cinquante ans après le principal événement qu'il y détaille.

»> «ï ' A la suite vient une relation des miracles du même Saint.

C'est la production d'un moine de Provins, qui n'écrivoit qu'as-

ses

XI SIECLE

ses avant dans le XII siècle. S'il avoit été soigneux de marauer les époques des faits qu'il rapporte, son écrit seroit de quelque utilité pour l'histoire du païs.

'Un Auteur contemporain, ou presque contemporain de t. 7. p. «a. n. 1. S. G e r a h d, Abbé de Brogne, avoit composé la vie de ce saint Restaurateur de l'ordre monastique, mort en 959. Mais son écrit ne se trouvant pas au goût du siècle suivant, un autre Ecrivain, Moine du lieu, entreprit d'en composer un autre qui fût

()lus à la portée des simples. C'est le prétexte qu'il allègue, et e motif qui porta l'abbé Gonlier, à qui il est adressé, à l'engager à celte entreprise. ' On croit qu'il l'exécuta vers 1035. p. va. n. ». Mais il a oublié qu il s'étoit proposé d'écrire pour les simples. S'il s'en étoil ressouvenu, peut4tre y auroit-ii emploié un style plus nature], et en auroit-il supprimé ces vers qu'il intercale perpétuellement dans sa prose, et ces rimes ou consonances u'il afFecte à presque chaque membre de ses périodes. Il seroit souhaiter qu il se fût épargné ce travail. Il n'est que trop vraisemblable, qu'il a fait négliger et causer la perte de la première vie qui valoit mieux que son ouvrage; ' puisque de son aveu p. *». n- 1. elle étoit sçavamment écrite : grammaticè quidetn composita.

Celle qui nous reste, ne laisse pas d'avoir son mérite. Elle entre dans un assés grand détail des actions du Saint ; et ce qu'elle nous en apprend, est autorisé; puisqu'il a été tiré pour la plus grande partie, de la première vie qui est perdue. Elle peut servir pour l'histoire générale de ce temps-là, et particulièrement pour celle de Lorraine et de Flandres. ' On y lit un trait p. «0. n. m. ass^s curieux touchant la taille. Arnoul le Grand Comte de Flandres, étant travaillé des douleurs de la pierre, plusieurs Chirurgiens tâchèrent de lui persuader de souffrir l'opération. Et comme il la craignoit extrêmement, pour le rassurer ils la firent en sa présence sur dix-huit autres persones, attaquées de la même maladie, qui toutes, excepté une seule, en furent parfaitement guéries en peu de temps. Ce prince néanmoins ne put se résoudre à s'en voir faire autant, et fut délivré de son mal par une voie plus sûre et moins douloureuse.

' Suri us est le premier, que l'on sçache, qui a mis au jour sor.s. oa. p, at«cette vie de S. Gérard, mais après en avoir retouché le style, qui ne lui plaisoit pas. ' Dom Mabillon l'a donnée depuis sur les jw». a>. p. wa manuscrits, à l'aide desquels il lui a rendu sa première intégrité. Son édition est de plus ornée de notes et d'observations lumineuses. Une autre différence qui se trouve entre l'une et

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