‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 94 sur 214 · ENGUERRAN · texte numérisé non relu

ENGUERRAN

Abbe' de S. Riquieb.

HISTOIRE DE SA VIE

AN GELRANNE, OU INCELRAMNE, dont On a fait Mab. «t. t. 8. p. le nom vulgaire d'Enguerràn , nàquit en Ponthieu S*." V.^.<i<"rt de parcns libres et distingués par leur pieté, mais peu considérables aux yeux du monde. Dès qu'il eut atteint l'âge de discernement, il fit paroître une inclination extraordinaire pour les Letres. Cette heureuse. disposition lui fit prendre le parti du Cloître. 11 se relira, étant encore jeune, à l'abbaïe de Centule, plus connue aujourd'hui sous le nom de S. Riquier, et s'y consacra à Dieu dans la profession monastique. Il fit en peu de . temps de grands progrès dans la vertu. Mais son avidité pour apprendre n'étant pas satisfaite des Etudes qu'on faisoit dans le monastère, il alla avec la permission d'Ingeîard son Abbé, fréquenter d'autres Ecoles. Après en avoir parcouru quelquesunes avec fruit, il tomba à celle de Chartres, où il s'arrêta plus long-temps. Elle étoit alors dirigée par le célèbre Fulbert, qui aïant découvert en ce nouveau disciple beaucoup d'esprit et d'autres grandes dispositions, s'appliqua à le former aux bonnes, comme aux Belles Letres. Enguerran apprit parfaitement sous cet habile Maître, la Grammaire, la Musique et la Dialectique,

' aa réputation commençoit à se répandre , lorsqu'on l'indi- On», rhr. «>. e. qua au Roi Robert, qui se disposant à faire un voïage de dé- ** p- M,M4 votion à Rome, cherenoit des persones instruites pour l'y accompagner. Enguerran eut cet honneur ; et ce lui fut une occasion favorable de se faire pleinement connottre à >ce Prince. Robert fut si satisfait de sa conduite et de sa doctrine, qu'il forma dès-lors le dessein de l'élever à quelque dignité, qui ré-

wl mwim 352 ENGUERRAN.

XI SIECLE

• Mib. an. i. 54. pondit à son mérite. Au retour de ce voïage, * qui se fit en b cit. ehr. tb. Ï016, ou seulement en 1020 selon d'autres, b Enguerran, déc t. p. 543. ja ordonné Prêtre, alla rejoindre ses frères à S. Riquier. Il y fut reçu avec un applaudissement gênerai ; chacun le regardant comme un thrésor précieux pour la Maison. Elle en retira effectivement de grands avantages, parle soin qu'il prit d'y communiquer les connoissances qu'il avoit acquises, de renouveller les vieux livres, de faire copier ceux qu'on n'avoit pasencore, et de procurer à la Jeunesse qu'on y élevoit, une instruction convenable.

c. i. p. 544. ' Au bout de quelque temps Ingelard, Abbé du monastère,

étant mort, la plus grande et plus saine partie de la communauté élut Enguerran pour lui succéder. Il n'y eut que quel-

Sues Moines enflés de leur noblesse, qui s'y opposèrent. Le oiravi de cette élection, alla aussi-tôt à S.Riquier pour la confirmer. Mais Enguerran f qui préferoit l'obéissance à la prélature, se cacha dans les bois pour l'éviter. Ce fui en vain, Robert le fit si bien chercher, qu'on le trouva ; et lorsqu'on le lui eut amené, il entra dans l'église et en présense d'une grande assemblée, il le mit en possession, en lui faisant toucher les cordes des cloches. Cérémonie qui est encore d'usage, et dont nous n'avons point trouvé de vestige jusqu'à ce tems-ci. jiab. ib. n. ii. ' Cet événement arriva au plus tard en 1022. om. fhr. ib. e. ' Le nouvel Abbé se donna tout entier à bien gouverner son monastère, tant pour le temporel, que pour le spirituel. Il en répara les bâtiments, orna l'église, retira les biens usurpés, empêcha les usurpations nouvelles, augmenta les domaines par diverses donations qu'il reçut, enrichit considérablement la bibliothèque. Son attention à soulager les pauvres étoit singulièrement ingénieuse. ' La réputation de son grand sçavoir, qui lui avoit mérité le surnom de Sage, ou de Philosophe, lui attira plusieurs disciples d'entre la Noblesse, qui se firent toute leur vie honeur d'avoir été élevés à une aussi bonne Ecole. On nous fait connoître nommément Gui depuis Evêque d'Amiens, et Drogon, qui le fut de Tcrouane.

su'sm' P* 3*7* U' avant ^Ue ^e termmer la course du pieux Abbé,

voulut épurer sa foi par une paralysie si entière, qu'il ne pouvoit se remuer dans son lit. Epreuve qu'il souffrit avec une patience exemplaire, sans cesser de s'occuper de la prière, et de la méditation des SS. Ecritures, dont il avoit toûjours fait

ç. «15 p. 558- son étude principale. ' Aiant appris, que Foulques, un de ses

Moines,

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