‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 95 sur 214 · ABBÉ DE S. RIQUIER · texte numérisé non relu

ABBÉ DE S. RIQUIER

XI SIECLE

Moines, appuïé du crédit d'Enguerran, Comte de Ponthieu — — — son pere, tentoit de profiter de son état de langueur et de vieillesse, pour se faire Abbé après sa mort, le prudent Abbé se fit un devoir de faire avorter ce projet ambitieux. Il prit de si justes mesures, qu'il réussit à se donner un successeur vraiment digne de lui en la persone de Gervin I, qui marcha constamment sur ses traces. Dès ce moment l'Homme de Dieu ne pensa plus qu'à jouir du fruit de ses travaux. ' Il mourut le neu- «. «6. 17. p. mtviémede Décembre 1045, et fut enterré dans l'église de son M9monastère, devant l'autel de S. Laurent. Gui, l'un de ses disciples, alors Archidiacre d'Amiens, dont il devint ensuite Evêque, orna son tombeau de i'épitaphe suivante :

EPITAPHE

Quem legit bic tumalus leetissimus Angeliranncs,

Hujus cœnobii Pastor et Abba fuit :

Dux gregis Bccle^iae, Mouachûru spes iaclyta vite ;

Vixit et iu muado mundus et in Domino.

' Hariulfe, Chroniqueur de S. Riquier, de qui nous avons b. 3. «. st. P. mi. tiré presque tout ce que nous venons de rapporter d'Enguerran, atteste qu'un autre Moine du lieu avoit écrit avant lui la vie du pieux Abbé. Mais cet ouvrage n'existe plus aujourd'hui. ' Le 1.4. cit. p. r«. même Ecrivain nous apprend, qu'une fille paralytique du village de Feuquieres avoit été miraculeusement guérie au tombeau du serviteur de Dieu. ' L'on ne l'a point cependant mis n«b. u>. 1. m. ». au nombre des Saints; et jusqu'ici l'on n'a rendu aucun honeur 74public à sa mémoire.

SES ECRITS

N a vû par ce qui vient d'être dit, que le sçavoir d'Enguerran étoit généralement reconnu. ' Un Auteur près- n»b. «i. t. s. p. que contemporain ne fait pas même difficulté de nous le don- 495, n* *• ner pour le plus sçavant homme de son temps : qui.... cœteris philosophabatur altius . Il ne parott pas néanmoins, qu'il ait entrepris aucun ouvrage de quelque érudition. Seulement son génie l'aïant porté à la versification, il a beaucoup cultivé ce genre d'écrire. Mais il n'y a pas mieux réussi que les autres Versificateurs ses contemporains.

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