MOINE DE S. PIERRE LE VIF
XI SIECLE
vie. Il ne l'évita qu'en cédant à la violence, et prit le parti de — — se retirer à S. Denis près de Paris. Ceci se passoit en 1022 et 1023 ; et quelque temps après il retourna à son premier monastère, où il fut reçû avec de grands honeurs.
' Son habileté dans les beaux Arts étoit si connue, qu'en u>. p. «39 «40 i 1028 le Roi Robert et la Reine Constance voulant exécuter ?**b" *' le dessein d'une châsse, que la Reine avoit fait vœu dès 1016 de donner pour enfermer les Reliques de S. Savinien, choisirent Odoranne pour cette pieuse exécution. Ils le firent venir à Dreux, où se trouvoit alors la Cour, et lui donnèrent leurs ordres pour recevoir l'or, l'argent et les pierres précieuses nécessaires à cet effet. Odoranne s'acquitta si parfaitement de la commission aux yeux du Roi,' que ce Prince le chargea du Odor.ehr.p,6*i. 1 soin d'une autre châsse pour S. Polentien, et lui fit donner le poids d'argent convenable pour l'exécuter. On ignore les autres événements de la vie de cet illustre Moine. ' Seulement p- «36. on sçait, qu'il vivoit encore en 1045, et qu'alors il n'étoit que dans la soixantième année de son âge.
n ci va NT ce qu'Odoranne nous apprend lui-même de ses u»id. décrits en général, il paroit qu'il y en avoit un recueil, qui en contenoit un certain nombre. On n'a cependant connoissance que de ceux qui suivent.
1\ Il a laissé de sa façon une Chronique, qui commence en 675 et finit en 1032. Mais outre que l'Auteur y passe sous silence quantité d'années, sans y marquer aucun événement, il est fort succinct sur celles-là même où il en rapporte. 11 n'y a presque que les années 999, 1031 et 1032, sur lesquelles il s'explique avec une juste étendue. Ce qu'il dit sur cette pénultième année, touchant l'exécution du dessein de la châsse vouée par la Reine Constance, dont il a été parlé, est répété de l'histoire de la translation de S. Savinien, qui nous parolt avoir précédé la fin de la chronique. Ce morceau, qui remplit plus de deux pages in-folioy forme le Chapitre XXVI et les deux suivants de cette histoire, et la finit. C'est aussi presque par-là que finit la chronique. Il n'y a plus que quatre vers, où l'Auteur demande à Dieu miséricorde pour le Roi Robert, dont il a marqué la mort auparavant, et où il se recommande lui-
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XI SIBCLE.
— — — — même à S. Pierre et à S. Savinien. Puis vient ce qu'il dit sur l'année 1032, où il nous apprend qu'il avoit enrfchi d'or et d'argent le haut de la châsse de S. Sauucien et de sainte Béate sa sœur.
Bù. ta. «s. p. ' Baronius et le P. le Cointe montrent assés bien, que la «i.*7o*. d. 8-u! Chronologie d'Odoranne n est rien moins qu'exacte, et qu'il a confondu quelques faits en les rapportant- Défauts que Clarius, autre Moine de S. Pierre le Vif, a copiés pour la plû- Aot>. »u. chr. p. part, sur les temps où il a suivi Odoranne son confrère. ' Ro- 14' *' bert, Moine de S. Marien d'Auxerre, avertit qu'il a aussi puisé
dans notre Chroniqueur.
du chM. 1. 1. p. ' Pithou avoit déjà publié quelque chose de l'écrit d'Odo- 4 ranne, lorsque Duchesne l'a donné plus entier, sur un manus-
crit d'Alexandre Petau. L'on ne sçauroit dire précisément, pourquoi cette Chronique ne pousse pas l'histoire au-delà de 1032. 11 est néanmoins certain, comme on le lit à la tête, que son Auteur a vécu au moins jusqu'en 1045. •ïtJ£x' u *' p ' ^om Mabillon a fait imprimer l'histoire de la transla-
tion de S* Savinien, dont on a dit un mot, et l'a accompagnée d'observations préliminaires, où il donne des raisons fort p. las. c. «4. plausibles, pour montrer qu'elle appartient à Odoranne. ' La manière dont l'Auteur y parle de l'Archevêque Leoteric, est une preuve qu'il l'écrivoit avant 1032, qui est l'année de la mort de ce Prélat. C'est sur cela que nous avons avancé, qu'on en avoit détaché la partie qui se ht dans la Chronique du même Ecrivain, plûlôt qu'on ne l'auroit transportée de la Chronique dans l'Histoire. Odoranne commence ce second écrit, en remontant jusqu'à l épiscopat de l'Archevêque Wenilon au XI siècle, et y a fait entrer tout ce qu'il sçavoit de la découverte, et des différentes translations des SS. Martyrs Savinien et Potentien, avec la relation des miracles qui les avoienl accompagnées et suivies. 11 le finit par le transport des Reliques de S. Savinien, de la chasse de plomb ocelles éloient auparavant, dans celle que la Reine Constance avoit fait faire sous la direction d'Odoranne même. Ce qui rend cet écrit plus intéressant, sont divers traits qui s'y lisent sur l'histoire des Archevêques de Sens, et des Abbés de S. Pierre le Vif. m. i. a. n. 4. 3°. ' Les calomnies dont Odoranne se vit chargé , l'engagèrent à écrire une letre apologétique pour s'en justifier. Dom Mabillon en a publié le commencement sur un manuscrit de la Cathédrale d Orléans, où la suite manque. Elle est adressée