‹ qui comprend le onzième siécle de l'EgliseChapitre 99 sur 214 · MOINE DE S. PIERRE LE VIF · texte numérisé non relu

MOINE DE S. PIERRE LE VIF

XI S1ECLK.

au Scolastique de la même Eglise, à Avcfroi Abbé de S. Avite, el à Hugues Arcbidiacre de l'Eglise de Sens.

4°. Odoranne dans cette letre foil rneution d'un autre écrit, * qu'il avoit été obligé de publier sur le même sujet, et qu'il avoit intitulé Plainte ou Gémissement, in lamentât ione mea. ' Si le titre du manuscrit 1625 de la bibliothèque du Vatican, Montr. bib.i entre ceux de la Reine de Suéde, est aussi réel que spécieux, on y trouveroit ces deux lelres d'Odoranne. Au moins les annonce-t-il avec sa chronique et d'autres opuscules.

5°. ' Le recueil manuscrit 167 de la bibliothèque de S. Gcr- p- «ni. i. main à Paris, qui fait partie de ceux de feu M. de Coislin, nous présente un autre écrit du Moine Odoranne, touchant l'origine de l'abbaïe de S. Pierre le Vif, qu'il rapporte à la Reine Theodechilde, ' ou Theudechilde , fille de Tnierri Roi «»>. '• d'Austrasie, qui épousa un Roi élranger. Mais il paroit que cet écrit est fort peu de chose ; puisque Dom Mabillon n'a pas jug4 à propos d'en faire aucun usage, dans l'histoire de la fondation de ce monastère.

Richard, surnommé la Grâce de Dieu, à cause de sa eng. n. chr. p. douceur, fut un des illustres Restaurateurs de la disci- î™' fcr18. iJnl\

et sa mere Theodracle, le mirent dès son enfance à la cathédrale de Reims, pour y êlre élevé dans la connoissance des Letres et de celle de la Religion. ' L'Ecole de cette Eglise Hof.n.ib. P. ieo. étoit alors florissante, tant pour les mœurs que pour la doctri- ■• 1* ne ; et les Elevés qui en étoient déjà sortis, ravoient rendue la plus célèbre de toute la Belgique. Le jeune Richard à la faveur d'un heureux génie et d'un esprit vif et pénétrant, ' y fit b. s j n*b. u>. en peu de temps de grands progrès dans la science et la vertu.

Abbe' de S. Vanne.

XI SIECLE

Non content des études qu'on lui prescrivoit, il en faisoit encore d'autres particulières. Ses Historiens ne nomment point les Maîtres sous lesquels il étudia ; mais les conjonctures des temps font voir, que ce fut sous le docte Gerbert. Son mérite l'aïant fait promouvoir à tous les ordres sacrés, l'éleva encore successivement aux dignités de grand Chantre, d'Archidiacre et de Doïen.

ibid. ' Quoiqu'il Ht beaucoup de fruit dans son Eglise, tant par

une vie saintement exemplaire, que par sa fermeté à empêcher le relâchement, et à soutenir le bon ordre, il aspiroit néanmoins

Mab. ib. P. si»- à un état encore plus parfait. ' II étoit tout occupé de cette pen-

p^i&mVF'iÏ. a&e, lorsque Frideric, Comte de Verdun, déjà touché de Dieu et dégoûté du monde, le détermina à le quitter. De l'avis de S. Odilon Abbé de Cluni qu'ils allèrent consulter, ils se retirèrent à S. Vanne de Verdun, monastère réduit alors à peu de chose. C'étoit en 1004; et l'Abbé Fingenne étant mort au bout de quelques mois, Richard fut élu pour lui succéder. Il fut beni le vingt-huitième d'Octobre par Heimon Evêque diocésain ; ef dès lors, il se donna tout entier à faire revivre dans sa Maison la plus exacte discipline. Il avoit tous les talents imaginables pour y réussir : sur-tout une prudente discrétion à corriger les fautes, une douceur, une éloquence pour inspirer l'amour du bien, ausquelleson ne pou voit se refuser. Son mérite ne fut pas connu qu'il lui attira grand nombre de sujets. Les Seigneurs et autres persones de moindre condition , lui offrirent à l'envi leurs enfants. Sa communauté devint par là si nombreuse, qu'on pouvoit la comparer aux anciens monastères de Nitrie ou d'Egypte. Il n'y avoit plus moyen de la loger, sans étendre les bornes de la Maison. Richard entreprit de la rebâtir, en la rendant plus spacieuse, et trouva dans la libéralité du Roi Henri, depuis Empereur, et celle d'autres persones puissantes, de quoi fournir aux dépenses nécessaires.

HarF).ib.p.i65. ' On a une description détaillée des décorations qu'il fit à

m- l'Eglise.

p. ies. «68i Mab. Ce fut par ces voies, ' que l'abbaïe de S. Vanne devint céib. p. 5S3.»6. n. ieDre en î.>ance> en Allemagne, en Lorraine, et le modèle sur

lequel plusieurs autres furent reformées. On en compte jusqu'à vingt-une, où l'Homme de Dieu fit revivre l'esprit de S. Benoît. Les principales sont Laubes, S. Laurent de Liège, S. Amand, S. Bertin, Corbie, S. Vaast d'Arras, S. Pierre de Châlons sur Marne, S. Vandrille en Normandie, S. Hubert en Arden .•.

Dans

IX SIECLE

' Dans un voyage que Richard fit à Rome, il s'insinua bien Hog. fi. »t>. P avant dans les bonnes grâces du Pape Benoît VIII. Il semble 173"mqu'il en Gt un autre sous Jean XIX son successeur, pour empêcher ce Pontife de se prêter au dessein ambitieux du Patriarche de Conslanlinople, dont on a parlé ailleurs. ' L'Em- Uib. ib. P 533 pereur S. Henri avoit donné son estime et sa confiance au saint n" 8* Abbé, jusqu'au point qu'il vouloit se rendre Moine sous sa conduite. 'Il trouvoilen ses lumières et sa prudence une source Hog. fi. ib. P.m. féconde, tant pour sa conduite particulière que pour le gou- 6' vernement de l'Etat. ' Ce Prince le choisit avec Gérard Evê- Mab. a>. p. 516. que de Cambrai, pour ses Ambassadeurs auprès» du Roi Ro- 4I7, a'*' bert, avec qui ils conclurent à Compiegne cette paix solide, qui dura si long-temps entre la France et l'Empire. 'L'Em- H«g. Fi.ib.p.iw. pereur Henri 111 montra qu'il ne faisoit pas moins de cas du mérite de notre pieux Abbé, en le nommant à l'évêché de Verdun, à la mort de l'Evêque Rambert. Mais l'humilité de Richard le porta à céder cette place à un autre.

' Richard II Duc de Normandie, un de ses autres admira- p. m-m. n. «. teurs, lui aïant déjà donné des preuves de son estime et de son 19' Sl* amitié, voulut encore y ajoûter celle de fournir aux" frais du volage de dévotion qu il entreprit à Jérusalem suivant le goût de son siècle. Libéralité magnifique ; puisqu'elle suffit pour défraïer sept cenls pèlerins qui y accompagnèrent le saint Abbé. En passant par Constantinople, il fut comblé d'honeurs et de présents de la part de l'Empereur d'Orient et du Patriarche. ' A son retour en France il amena avec lui le saint Moine Si- p. m n. 33. u. meon, dont on a parlé ; et lorsqu'il approcha de Verdun, tout le monde, l'Evêque avec son Clergé, les Moines, le peuple, les Religieuses mêmes allèrent à sa rencontre, pour lui témoigner la joie extraordinaire qu'on avoit de le revoir.

' Quelques années avant sa mort, il se déchargea sur d'au- p. «w. irai uai>. très du soin des monastères qu'il conduisoit par lui-même, et ft; ab5*9 5 -0 " ne retint que celui de S. Vanne. Après l'avoir gouverné l'espace de quarante-deux ans, il mourut aussi saintement qu'il avoit vécu, le quatorzième de Juin iOiO. Richard, Evêque de Verdun, son filleul, qui lui avoit administré les derniers Sacrements, prit lui-même soin de l'ensevelir, et fit ses funérailles. Le saint Abbé fut enterré dans un caveau sous le maître aulel de l'église de son monastère, ' d'où il a été depuis trans- lut. m. lu. t t féré sous un tombeau de marbre près de la chapelle de sainte par' p' Anne. On ne voit point qu'on ait érigé aucune épitaphe à sa

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