SCENE II Les Mêmes, PIERRE
PIERRE
Tiens! Jean! la bonne surprise.
MAUD
Bonjour, mon chéri !
JEAN
Ouif ja suis veau te dire adieu. J'avais passé au Club hier au soir, niais sans t'y trouver . Je ue te re§te pas longtemps. Vers cinq heures..,
PIERRE, à part'
Diable 1
Vers cinq heures Maud prend, m'a-t-elle dit, un train à la gare Saint-Lazare. Ayant affaire à ce momput rue de Châteaudun, je me propose de raccompagner.
PIERRE
Parfait! Parfait! Ah! mes amis, je suis content.
MAUD
Content ? Pourquoi ?
PIERRE
Pour rien. Pour tout.
JEAN
Alors, tu es heureux?
PIERRE
Certes! J'ai une maîtresse exquise. Mes parents ont eu l'esprit de ne pas être dépensiers, ce qui leur permet d'avoir un fils prodigue. Je ne prends au baccara que de petites culottes, des culottes de première communion. Mon estomac est en autruche. J'ai l'égoïsme de croire tout le monde satisfait. Mes muscles et mon escrime me permettent de dire ce que je pense. Je ne vois autour de moi que des visages riants. La vie est belle, mes enfants I Veux-tu une cigarette
JEAN
Merci.
PIERRE
Mais qu'est-ce que tu as? Qu'est-ce que vous avez •tous les deux ?
JEAN
Moi? Rien I
PIERRE
Mais si, vous ne dites pas un mot.
MAUD
Je crois bien, tu parles tout le temps, et tu he m'as même pas embrassée.
PIERRE
C'est vrai, pauvre mignonne, (ii l'embrasse.) Tiens?
(Il Pembrasse à nouveau) Tiens ?
MAUD
Quoi?
PIERRE
Ce parfum. Qu'est-ce que c'est?
MAUD
C'est un mélange.
PIERRE
Naturellement. C'est toujours un mélange.
22 QUt TROP ÈMbRASSE...
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MAUD
Il te déplaît?
PIERRE
Il ne me déplaît pas, au contraire.
MAUD
Tu l'aimes ? Alors embrasse-moi derrière Toreille, où tu adores.
PIERRE BoudoU, boudou, boudou, boudou! (il l'embrasse.)
MAUD
Oh ! mieux.
PIERRE Oui... pas Boudou. (Illembrasse.)
JEAN
Ma parole, je vous admire. Vous êtes unis depuis quatre ans, et à vous voir on dirait deux amoureux de la veille.
MAUD
C'est la preuve que nous nous aimons bien, n'est-ce pas, mon loup?
QUI TROP BMBRASSE*i» 20
Tenez-vous, madame, monsieur est nàârîé.
JEAN, encourageant
Allez donc ! Allez donc !
MAUD
Tu vois, le monsieur y permet.
PIERRE
Non, tiens-toi, je t'assure.
JEAN
Voyons 1 vous vous gênez pour moi, un vieil ami
MAUD
Oh ! non, vous ne comptez pas ; c'est à la femme, n'est-ce pas, qu'appartient le privilège de la pudeur? Alors, Pierre, pourquoi te montres-tu plus catholique que le pape?
PIERRE
Ne mêle donc pas le pape à ces qucstiohs-là !
MAUD
Embrasse-moi.
PIERRE
Ah! ça, c'est donc aujourd'hui ma fête?
MAUD
Tous les jours, puisque je t'aime.
A-t-il de la chance, ce Pierre! Que fais-tu donc aux femmes pour être aimé à ce point?
PIERRE
Pas de mal, probablement. Et puis je ne sais pas, c'est peut-être parce que je suis beau.
MAUD
Non.
PIERRE
Oh ! je disais ce que tu penses.
MAUD, souriant.
Fat!
PIERRE, à Jean.
Tiens ! dernièrement encore, une grande dame m'a fait comprendre qu'elle quitterait, volontiers, pour moi, son amant, membre de la jeunesse royaliste.