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CHAPITRE I

Pro Patria!

Evoquer sans cesse le spectre de la nation mutilée et meurtrie, rappeler aux aînés trop souvent tentés de l'oublier, le souvenir de nos désastres et de nos deuils, honorer les martyrs de la patrie, célébrer les grands hommes de la France et ouvrir aux jeunes générations le livre de l'Histoire au pied même des monuments du Souvenir, telle est la mission sacrée dont Paul Déroulède s'est révélé l'inlassable apôtre.

Quarante ans après nos désastres, et à chaque anniversaire des combats de l'Année Terrible, nous le retrouvons avec sa fidèle Ligue des Patriotes sur tous les lieux trempés de notre sang et où reposent nos morts non vengés.

Aujourd'hui comme hier, sa voix chaude et vibrante proclame le Droit, affirme le Devoir, exalte l'Espérance. Par la parole et par la plume il reste le poète des Chants du Soldat, le missionnaire de la Patrie.

Florent-Matter.

Mort de Gambetta.

(Drapeau du i^r janvier 1883)

La mort de Gambetta, si brusque, si irrémédiable, fut en 1883 la plus profonde affliction éprouvée par la Patrie depuis cette guerre où il avait sauvé l'honneur national. L'illustre orateur avait appartenu, dès la fondation, à la Ligue des Patriotes. Il était ce grand Français dont parle la chanson du Sonneur de clairon, souhaitant qu'il achève un jour la tâche sainte du relèvement.

Voici comment M. Déroulède annonça la mort de Gambetta aux lecteiirs du Drapeau. Voici également l'appel rédigé par lui, au nom de la Ligue des Patriotes.

Le représentant de la Défense nationale, le gardien de l'Honneur français, le champion de l'Indépendance et de la Délivrance de la Patrie, Gambetta n'est plus.

Aucune autre mort dans le pays ne pouvait nous faire verser des larmes plus cruelles.

La douleur qui nous étreint est trop poignante et trop récente encore pour que nous tentions même de chercher des mots qui l'expriment.

Voilà douze ans que nous l'aimons, douze ans que nous n'avons jamais recueilli de sa bouche que des paroles remplies du plus pur et du plus fier patriotisme.

« L'Alsace et la Lorraine ! Il n'y a que cela qui vaille la peine de vivre. » Combien de fois et à combien de gens il a jeté ce cri !

Que ce soit toujours là notre mot d'ordre et de ralliement.

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