‹ Quinze ans à Paris, 1832-1848. Paris et les parisiensChapitre 17 sur 50 · ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES- LETTRES · texte numérisé non relu

ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES- LETTRES

Le titre de cette Académie indique suffisamment ses occupations. A elle appartient de faire passer à la postérité , en style lapidaire , tout événement qui donne occasion à l'érection d'un monument et à la composition d'une médaille, ainsi que l'explication de toute inscription trouvée sur les pierres ou édifices antiques de tous les pays du monde. Souvent elle publie des volumes entiers sur la signification d'un mot à demi^effacé, qui doit éclaircir un point historique important, et jeter une vive lumière sur une époque douteuse. Malheureusement ces discussions sont un peu tombées en discrédit ; et , sauf un très-petit nomSre de savants acharnés à la poursuite d'une séance problématique, le pubhc s'occupe peu, en général, de savoir, par exemple , si les hiéroglyphes sont une écriture alphabétique ou symbolique? — quelles sont les nations qui se sont servies les premières de Técri-

ture runique? etc., etc. — Disons de plus que le véritable style lapidaire est presque perdu aujourd'hui , si nous en jugeons par l'inscription de la colonne de la place Vendôme et celle du soubassement de l'Obélisque. — La simplicité grandiose des anciens est devenue de la vulgarité , et Ton ne conçoit vraiment pas qu'une association de talents si remarquables ne produise que de si faibles résultats.

L'Académie compte dans son sein plusieurs linguistes très-distingués , surtout dans les langues orientales , et d'autres hommes non moins connus par leur profond savoir; tels sont, par exemple, parmi les premiers : MM. Burnouf, Reinaud, Jomard, Hase, Julien (Stanislas), Garcin deXassy, etc.; — parmi les autres, MM. Guizot, Naudet, Letronne, Raoul-Rochette, Thierry ,Littré, Villemain, etc. — Les travaux de tous ces académiciens sont connus du monde savant ; mais comme c'est une spécialité peu à la portée des gens du monde, je m'abstiens de les énumérer, laissant ce soin à d'autres.

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