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des acclariiàtions des riveraihs, et vint itioùillër devaht Barcelone *. L'archiduc descehdit sur le rivage avec six mille soldats, et toute rârtillérié dëà vaisseaux salua le débarquement du noilvéslli roi ^. A cette tiôuvelle, les grands et robustes tabfatagtiards de la Catalogne prennent leurs fusils, des drapeaux autrichiens et descendent des Pyrénées. Quinze cents d'entre eux s'enrôlent ddns Tarniée dé Charles lit. Les paysans des campagnes Voisines s'insurgent en âa ftiveur et îiiâsâacretit les partisans dé Philippe V. A Barcelone, les moines, lii noblesse et le peuple, ianimés d'une haine commune contré les Français, se rassemblent et murmUrebt. LeUts émissaires informent heure par heure l'archiduc des ordres donnés pir lé vice-roi. La garnison ellé-toôttie incline vers Châties lit et déserte par troupes à l'ennemi.
Seul contre tous, lé gouverneur Francisco de Velasco tient tête à l'orage. Il fait annbhcer qu'il dbrihera des passe-ports k ceux qui voudront quitter la ville, mais qu'il fera pendre sur l'heure ceui qui, pauvres oU riches, nobles oU prêtres, se méltraiénl en rapport àVec l'ennemi. Uii coinplot s'étant fot*taê pdur livrer les portes de la ville, il lient pàMlë, et fait périr sur-le-chatnp les eoupables. Lëâ Âùgîals envoient en vaiii des agents déguisés pouir sbUlever lés habitants. Devant l'attitude énergique du gouverneur, ils reconnaissent T impossibilité d'un coup de
1 25 août 1705.
• Saint-Philippe, t. lef, p. 310-335.
fli&ia et se décident à entreprendre un si^e régulier. L'archiduc fait descendre à terre les gros canotis et dispc9se les batteries ; Peterborough fait approcher ses faisseaux et outre le feu sur Barcelone. Velasco, Malheureusement, répond avec faiblesse : ses artilleurs, de connitenceaTecIe peuple, liraient à poudre oa Yisaient trop haut Le goutemeur soutient pour-" tant le feu et contient à la fois Tennetni, la garnison et les habitants.
Peterborough tente alors une action d'éclat, destinée à souleter la Tille et à précipiter sa reddition ^ Au-Hiessus de Barcelone, sur les bords de la Méditerraoée ^ était le Mootjuich , montagne escarpée où s'élevait la citadelle; Peterborough projette de la surprendre et de placer les assiégés entre deux feux. Convaincu que le secret est indispensable dans des entreprises aussi hasardeuses, il dissimule son des*» sein, même à ses meilleurs amis Stanhope et Me^ thuen, et» malgré les représentations de l'arohiduc et le murmure des troupes, il donne Tordre du retKi*barquement. Les soldats plient les tentes et retirent les pièces des batteries* Peterborough réserve seulement^ dans un clottre situé près de la citadelle^ les canons et les mille soldats nécessaires à l'entrepriseï
Tout élaQtpré][)eré, à la nuit tombantCi tandis que ceux des Bareelonais restés fidèles célèbrent par des réjouissances la retraite de l'ennemi^ Peterborough se rend au quartier du prince de Darmstadl et lui dévoile ses projets. Le prince se jette dans ses bras, le félicite, et, prenant son épée, va se mettre k la tète
de quatorze cents hommes d'élite destinés à l'attaque du Montjuich. Après un long détour à travers les montagnes environnantes, ils arrivent à la première lueur du jour devant la redoutable citadelle. Sans donner à la garnison le temps de se reconnaître, ils traversent le glacis, se jettent dans le chemin couvert et escaladent les bastions aux cris de : Vive le roi Charles III ! tandis que les mille soldats préparés la veille arrivent d'un autre côté et attaquent avec leurs canons *. Les Espagnols, surpris, se lèvent et se précipitent sur leurs armes; leurs canonniers courent aux remparts, et, dès les premières décharges, un boulet brise la jambe de Darmstadt. Â la vue du sang qui coule à flots, ses officiers accourent et emportent le prince. Un chirurgien s'approche pour panser la plaie, mais une bombe partie de la citadelle frappe Darmstadt à la poitrine et le renverse inanimé \
Peterborough continuait l'attaque, quand la poudrière du Montjuich vient à sauter avec une compagnie entière qui la gardait et tout un pan de muraille. Cet événement jette la confusion parmi les assiégés. Peterborough, qui s'en aperçoit, les somme de se rendre, les menaçant, s'ils tiennent davantage, de n'accorder aucun quartier. Après quelque résistance, les Espagnols déposent les armes. Le jour était venu : l'archiduc, qui s'était retiré la veille sur
* 14 septembre 170S. William Coxe, t. le', p. 434.
* WiUiam Coxe.— Saint-Philippe.
sa flotte, aperçoit les drapeaux de la Grande-Bretagne au sommet du Montjuich. Il revient aussitôt sur le rivage où il replace ses batteries ; les alliés se rapprochent, avancent, et l'armée, la flotte et la citadelle bombardent Barcelone en même temps ^,
Ce triple feu décida la reddition de la place. Encouragés par la prise du Montjuich, les mécontents parcourent les rues et, sous les éclats des bombes qui dévastent et brûlent les édifices, ils demandent à grands cris la capitulation. La majorité de la garnison, travailléedepuis les premiers jours du siège, passe du côté du peuple aux cris de : Vive Charles 111 ! Habitants et soldats se ruent ensemble sur le palais et somment le gouverneur d'ouvrir les portes. Velasco résiste avec quelques hommes intrépides : insulté et menacé par ses soldats, il cède enfin à la violence, traverse la foule furieuse et se rend à l'une des portes de la ville pour entrer en pourparlers avec Peterborough.
Au milieu de leur entretien, dps cris d'effroi retentissent, puis des troupes de femmes et d'enfants accourent et racontent que les alliés escaladent les remparts, qu'ils pillent et qu'ils tuent. Velasco est indigné": « Est-ce une trahison? dit-il à Peterborough, nous capitulons de bonne foi et voilà vos Anglais qui violent et qui massacrent ! — Vous vous trompez, réplique froidement Peterborough, ce ne sont pas mes Anglais, mais ce sont sans doute les
^ 14 septembre 1705. Saint-Philippe, t. !«', p. 340,
^Uemcindfi du princQ Gaorgô ^ 11 n'y a plus, eoûtn <
nue Peterbprougb, qu^tin moyen de sauver la ville ^
deis horreurs d'un assaut ^ laissea^moi entrer avec > in^s soldats, j'apaise le désordre et je reviens ici
signer la capitulation, n La loyale assurance du gêné- I
rai britannique décide les Espagnols h ouvrir les ^
portes, Peterborougb entre avec ses officiers, chssse i les Allemands des maisons, leur fait lâoher leurs
dépouilles, arrache la duchesse de Popoli des mains I des misérables qui se disputaient son désbonQeur, et,
au péril de ses jours, l'épée à la main» il rétablit i
l'ordre dans Barcelone, Il revint alors auprès des i
Espagnols signer la capitulation % ]
Après avoir sauvé la ville, Peterborougb sauve le t
gouverneur. Au moment oh il allait quitter Barcalûqe i
^.vec les rares officiers re^t^s fidèles, le brpit s'étant ]
répandu qu'on emmenait )es prisonniers, le panple i
sonne le tocsin, pille plHsieurs maisons des partions ^
de Philippe V, massacre quelques-uns d'entre e^l et i
^Q jette sur la citadelle, o{| yela#po était onfermé i
avec le^ siens, Une troupe de pep forcenés enfonce la \ première portç de la forteresse, brôIe Ips autres et, ^e cpHteau à la main, meqape d'égPrgar le wjperrqi.
Peterborougb le couvre de son porps, le déroba ftH* i
meurtriers, le fait sortir par »m fausse porte et le i
1 fi^élaleoC efi effet des Allemands de Damst&4t> q«ii ^ ^^Me des Barf»]om% .^yaiÇPi ^sc^Né Ifl* m\f^ peiMiai|t 1^ capimJati^R, et, me fois dans la place, la traitaient eu ville conquise.
» Voltaire, Siècle de Louis XIV. — William Coxe. — Archives de la €uerre.
CQfïduW sur w vaisseau qui l'emmàno ^ Il doBoe ^n^qjte des passe^porU aux autres officiers de la garriisoQi qui refusaient de reoonnattre TarchiduCy et reqypie c(3s braves gens h Philippe V^
Quelques jourq après, le 23 octobre 1706, Tarcbir due fit Boo entrée soleunelle (lu BaroQlqae, aux cris mille fois répétée de ; Vive le roi Charles III I II y étar hlît 3a réiidenoe, rapdit la justice^ battit monnaie, confirmer tqus len privilèges de la ville et de la pror viqce, et exerça toutes les prérogatives d'une royauté légitime et incontestée. La prjse de Baroelone fut le signal d'une défection générale dans le pays; quatorze millq Catalans s'enrôlèrent sous les drapeaux dp l'archidiic» qui en fornia six régiments destinés II grossir sa petite armée. Unies par le même amour de l'indépendance, la même haine des Français et de la Castille, Tortose, Lerida, Urgel, Girone, vingt*deu£ villes de la Catalogne arborèrent les couleurs et recoDuurent le gouvernement autrichien du fils de l'empereur. Les médecins espagnols, qui ne pouf aient pardonner à Philippe V d'avoir un médecin et un chirurgien français 3, les moines et le bas clergé qui, sortis du peuple et mêlés à sa vie et à ses passions, détestaient comme lui le roi français, allaient de maison en maison et de province en province souffler la révolte. Les évoques et les jésuites, restés fidèles au petit-fils de Louis XIV, essayèrent
^ Sêtni-PhUippe, t. !•', p. 343.
> 14 octobre i70S.
^ Mémoires de NoMe$, p. 1S6.
vainement de défendre et de maintenir son autorité. Trois évèques de Catalogne refusèrent de reconnaître Charles III, et préférèrent généreusement perdre leur siège. Les évèques de Murcie et d'Orihuela firent mieux encore : imitant les prélats belliqueux du moyen âge, ils montèrent à cheval et combattirent bravement avec des milices les progrès de l'insurrection • Les perfides conseils des prêtres et des moines remportèrent. Le royaume de Valence imita bientôt la Catalogne ; Murcie imita Valence ; TÂragon luimême se souleva sur plusieurs points ; un misérable minime, convaincu de plusieurs assassinats *, insurgea Grenade, et, des Pyrénées au Guadalquivir, tout le pays se prononça pour Tarchiduc. Philippe V ne conserva plus que TÂndalousie, les Castilles, là Galice, la Navarre et TEstraniadure. « La révolte, dit un historien espagnol, s'étendait comme le feu, dans les gerbes sèches, aux jours brûlants de la moisson \ »
1 c De neuf ou dix, » dit le duc de Noaiiles. Mém. deNoailleSy p. 188. ' StUnt-Philippe.