‹ Quinze ans du regne de Louis XIVChapitre 12 sur 99 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

Fgrc«0 de \a^ Fnioce w privtefiips de (TOa.^Occvp^Uon <!• la Mcfqtt« et de ritalie. — Magnifique armée de Villeroy en Belgique. — Balaille çt déroute de Ramilliea. — Désorganisation de Tannée du Nord et p^rl« de I91 Balgîqve. -^ Svccèa d? YiUara sur le Dbin. ^ ^^t de Turin. — Importance de cette place.— Opinion de Vauban sur le siège daTupiB. —Celle de JLa Peuillade préférée. —Néeessité d'arrêter Eugène en Lombardie po^r prepdr» Tnrin. ^ Par«a^ ei entétm«iit di* Vendôme en Lom^rdie où il laisse Eugène passer TAdi^e. — Rappel de Vendôme. — Arrivée du due d^Orléans et de M^rsin enLombardie. ^ ^ugtofl qyitte I9 l^opibardia et arriva «u ae^urs de T^m avec le duc de SaToie.—Le duc d'Orléans ?eut sortir des lignes pour les combattre. — Refus de Marsin. ^Vaines sappUcations et désespoir du duc d'Oriéfùi. -*«- Lugubre prewentiwfm de Marain* — M tattff mystérieuse remise ^ son confesseur. — ^taille de Turin. — Vaijos eÂ)rta du due d'Orléans pour défendre PItalie. — 11 est entraîné par laa géqiraux aa délit des Alpes,— Perte de ritolie.

Détoqrnoo» le» yeux de» GéYwm^ ^t da3 éob^^ îmàu «t rev^Don» k h graad^ guerre de la stiçcec^ioq, en Belgique 9 en Espagne et en Italie. Les résultats de la campagne de 1705 avaient déjoué toute^^ les espérances des alliés. Après cinq ans de lutte^contre l'Europe, Louis XIV avait, h la vérité, perdu T Allemagne, et avec elle le secours de la Hongrie, mais il conservait] encore la Belgique^ la haute Italie et la moitié de TËspagne ; il s'appuyait à la fois sur TE*-* caut et sur le Rhin, sur TAdige et 3ur le Tage. Il

avait, pendant Tbiver de 1706, rempli ses magasins, réorganisé ses régiments, levé vingt-cinq mille hommes de milice ^ et, à l'ouverture de cette campagne, il possédait sept armées qui occupaient TEstramadure, le Languedoc, la Lombardie, le Piémont, la Savoie, l'Alsace et la Belgique.

L'armée du Nord, la plus belle et la plus nombreuse, comptait environ cent mille soldats. Elle avait malheureusement à sa tète le duc de Villeroy, le plus malheureux * et le plus faible des maréchaux. Ses seuls titres au commandement étaient son âge, la faveur de madame de Maintenon et l'amitié de Louis XIV, qui l'avait appelé un jour : « Mon favori ^. » Son nom était mêlé à tous les revers des campagnes antérieures , à l'échec de Ghiari , à la déroute de Blenheim , à la perte des lignes de la Ghète, et il avait devant lui Marlborough, le plus redoutable et le plus habile capitaine de la Grande- Alliance.

Dès l'ouverture de la campagne, Villeroy, impatient de se signaler, sollicita la permission d'assiéger Léau , l'une des places belges perdues l'année

* Saint-Simon, t. IV, p. 431. «^ Les pertes d'hommes en Allemagne et en Italie, plus grandes par les hôpitaux que par les actions, firent prendre le parti d'une augmentation de cinq hommes par compagnie et d'une levée de 25,000 hommes de milice, laquelle fut une grande ruine et une grande désolation pour les provinces. •

^ « Croyez^ vous qu'il y ait sur la terre un homme plus malheureux que le duc de Villeroy? » Correspendance de madame des VrHns, u l*^, page 4.

' Voyez le portrait qu'en a fait Saint-Simon, t. XH, p. 235-237. Voyez aussi t. IV, p. 374 et t. V, p. 271.

précédeote, avec rautorisation de livrer bataille. Il représenta au roi que ses troupes étaient magnifiques, que les Belges raillaient leur inaction, et qu'elles brûlaient de combattre * . Louis XIY ne sut résister ni aux instances du maréchal ni à l'impatience de l'armée, et il envoya la permission. Villeroy rassemble aussitôt ses régiments et marche sur Léau. Marlborough s'avançait pour couvrir la place; au lieu de l'éviter, Tincapable maréchal donne tête baissée dans l'armée anglaise. Il n'a que le temps de ranger ses troupes pour recevoir la bataille, à Ramillies, près de Léau *•

Ce fut une journée désastreuse. Dans sa précipitation, Villeroy avait rangé son centre et sa gauche derrière des marais impraticables, dans une position que le duc de Luxembourg avait naguère jugée si désavantageuse, qu'il avait refusé d'y livrer bataille; d'un coup d'oeil Marlborough reconnaît la faute, et, certain que sa droite ne peut être attaquée, il la porte tout entière sur Ramillies. Le lieutenant général de Gassion , officier habile et expérimenté, remarque ce mouvement et s'empresse d'avertir le maréchal : « Vous êtes perdu, lui crie-t-il, si vous ne changez promptement votre ordre de bataille. Renforcez votre centre des troupes de votre gauche, puisqu'elles ne peuvent vous être d'aucun service, et rapprochez vos lignes. » Villeroy s'irrite de ce

1 Archives de la Guerrej vol. i936, n° 122 ; 8 mai 1706, iellre de Villeroy au roi,- Pelei, t. VI, p. 20.

5 21 mai! 706.

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