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Ces hommes n’ont guère plus de besoins que lui. A peine un peu plus d'idées. Mais c’est la nature. L’univers tout entier se réduit pour eux à cet immense fleuve dans les eaux duquel ils pêchent leur subsistance, en été, et encore sur un périmètre assez restreint; à ces arides montagnes qui deviennent leur refuge, pendant l'hiver, et dans les gorges desquelles ils vivent grassement des dépouii'e: opimes des bighorns, des arghalis et des gra: ces. Pour tout ‘ commerce, la traite des fourrwcs, au fort Simpson, une ou deux fois par an. Ils en reviennent avec des mousquets à pierre, des munitions de chasse, des silex, quelques verges de gros drap noir, blanc ou rouge pour faire des pagnes ou des mitasses, des chemises de flanelle ou de coton, des couvertures de laine, des chaudrons, des limes, des hamecons, enfin le nécessaire à l'existence. Du superflu, du luxe, n’en parlons pas.
Si, cependant, quelqüefois. Ainsi leur chef, par exemple, un jeune homme de vingt-huit xs, avait
cru de sa dignité de s’affubler d'autant ::: rubans multicolores que sa tête en pouvait por :. !? .: avait bien douze mètres sur son bonnet qu’ents :* ::., outre
une plume d’autruche noire; coiffure grotes®i
Nous apprêtâmes notre souper au pied du à: 3": «r-qui trempe-à-l’eau (1), premier du nom; ce qui me permit d'étudier et de dessiner à loisir cette curieuse formation. On dirait un cône volcanique non perforé, un gigantesque bubon qui n’ourait pu aboutir à suppuration. Il y a pourtant une vaste déchirure au flanc de la montagne, de haut en bas, enrne du ::'csire fissile, entame naturelle de la pierre ru! vue & +: Mae, ressemble à s'y tromper à une coulée de law : etvoidie.
Pas l’apparence de roches plutoniennes, toutefois,
(1) Kfiwèstpè-nihia. I en exit irois,
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dans ce morne tout de calcaire. Mais à ses pieds sourd une eau minérale qui incruste d’alun, de sulfate de fer et de magnésie (1) Le terrain qu’elle humecte.
On évalue généralement à 450 pieds la hauteur de ce cône dont le précipice très roide s’aperçoit de trente lieues de distance par-dessus les forêts. Il forme l’extrémité d’une montagne secondaire nommée Chié Kolla, qui est un éperon transversal des Montagnes
Rocheuses. Je l’ai traversée, au large du fleuve, en
Le souper cuit, nous le dégustons en canot, nous couchons dans nes embarcations et nous laissons bercer, dérivant jusqu’au matin. À notre réveil, le 30 août, nous avions franchi 130 milles (2) depuis la veille au soir, dépassé la seconde équerre du fleuve, doublé la rivière aux Étourneaux (3), la rivière Terre- Blanche (4), ainsi que celle du Huart (5). Nous vimes, sans nous y arrêter, la rivière Salée (6), qui sort d’une montagne d'apparence volcanique, assez semblable à un melon entr'ouvert. C’est le rocher Clarke (7), que sir Alex. Mackenzie gravit en 1789. On donne ordinairement 1,500 pieds à ce point culminant de la chaîne orientale; mais je lui en trouve bien 2,000.
Au fur et à mesure que nous descendons, s’élève..s devant nous, à l'horizon, deux remparts montagneux, coupés comme par l'épée d’un géant. Leurs précipices presque perpendiculaires indiquent les dimensions du fleuve, car ils’étend d’une montagne à l’autre. Ce sont deux autres Montagnes-qui-trempent-à-l’eau. Si ces
(1) Richardson.
(2) 209 kilomètres 170 mètres.
(3) Kokkaë dié,.
(4) Dé-pâ kpaïnlin.
(5) Trutsié-ta kpaïnlin.
(6) Téwa dié.
(7) Kficè-tètè,
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masses, qui appartiennent à la même rangée, ont été sectées par le choc du fleuve, quelle force ont dû avoir primitivement ces eaux |
Gazant la noire encolure de la montagne, une fumée bleuâtre et diaphane me parut indiquer, de loin, un grand camp indien rapproché du pied de l’énorme masse. Mais, à mesure que nous avancons, cette fumée se divise en une multitude de panaches qui sortent, à toutes les hauteurs, d’une falaise composée de quatre couches alternes de lignite et de schiste bitumineux. Lors du passage de Mackenzie, en 1789, ces schistes pétroleux étaient en combustion comme ils le sont encore aujourd'hui, et, toutefois, cette ignition est latente, capricieuse, intermittente. En 1850, Richardson les trouva éteints. En 1868 et 1878, j'y vis des flammes de 20 centimètres.
Je me fis débarquer sous ces falaises pour en examiner le terrain. Les schistes effrités forment des détritus grisâtres, plus chauds que la main ne peut le supporter. Il s’en dégage, avec des fumerolles, une forte odeur de pétrole, ce qui n'empêche pas cependant la végétation d'être aussi vigoureuse en ces lieux qu'elle l’est ailleurs. Le lignite, qui alterne avec le schiste, est impropre à la combustion. J’y ai trouvé des fossiles de Cupressor ‘in (1), sorte de sequoïa des terrains carbonifères inférieurs, des morceaux de terre de pipe couleur de chair, d’un grain extrêmement fin, sur lesquels se faisaient remarquer des impressions de feuilles de noisetier, d'érable et autres arbres qui croissent actuellement à plus de - 500 lieues dans le Sud.
Les Danè appellent ces moufettes Dékponnè gunli (5).
.(1) Professeur R. Bell. J'ai déposé ces échantillons et plusieurs fossiles au musée de géclogie de Montréal, au mois de juillet 1874.
(2) Il y a du feu.
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