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La MONTAGNE-QUI-TREMPE-A-L'EAU, ET LES BOUCANES Du MACKENZIE (page 20).
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Les Canadiens leur donnent le nom de Boucanes.
Mes compagnons peaux-de-lièvre étaient fiers de l'intérêt que j'apportais à l'examen de ces schistes en combustion. La Grosse-Tête, le seul qui fût baptisé parmi ces six Indiens, et qui me témoignât quelque attachement, m'en fournit aussitôt l’histoire merveilleuse. Naturellement, cela se passait du temps que les bêtes parlaient :
«Il n’y avait alors sur terre qu’un seul homme, etil eut le malheur de tomber dans l’antre du grand Porc-Epic qui était en feu et d’où il ne put remonter à la lumière.
« Alors Celui qui est assis au zénith (1), le Très- Haut peau-de-lièvre, frappant la terre de la pierre de foudre qui lui tient lieu de hache, l’entr'ouvrit et en fit surgir l’homme, dont il se déclara le protecteur et le gardien. Il le prit dans ses mains, il le plaça sur son épaule, il l’emporta comme un petit chat, et le soigna comme la prunelle de ses yeux. Bref, il en fit son ami et son confident.
« Or, l’antre du grand Porc-Épic, diable d'enfer des Peaux-de-Lièvre,est justement placé audit lieu des Boucanes, qui en sont les soupiraux et les exutoires. Là, dans les entrailles de la terre, sont les cuisines où le diable fait rôtir les malheureux damnés avec du bois souterrain (2). Là se trouvent des géants qui n’ont qu’un œil au milieu du front et que l’on nomme les Grands jetés au feu (3). Là aussi vivent les taupes, les rats, souris, musaraignes, serpents, vers et autres bêtes amies des ténèbres, condamnées à brûler irrévocablement tretoutes dans le feu inextinguible qui court
(1) Inkfiwin-wétay.
(2) Yué-détchiné, le lignite, la houille. Dans tous les noms indiens, u se prononce ou.
(3) Dénè-yô kfwira-détélli.