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Les MONTAGNES-ROCHEUSES DANS LA PREMIÈRE GRAND'VUE pu MACKENZIE (page 25).
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Une colline mamelonnée, sinueuse, hirsute comme une immense ch2nille verte, la Ghu tchô néttchoghé (1), marque l'extrémité septentrionale de la Grad’Vue. Un peu plus bas s'élève le Rocher-Rouge, au pied duquel nous allâmes bivaquer par un temps pluvieux et maussade. Par maladresse, mes compagnons mirent Je feu à un grand amas de bois que les eaux avaient charrié et entassé contre les sapins qui rous abritaient. En un instant ces arbres s’embrasèrent du pied à la cime, avec des crépitements et des grondements sublimes. Sans espoir de parvenir à arrêter l'incendie qui gagnait les pentes de la colline riveraine, en faisant pleuvoir sur nous un déluge de flammèches ardentes, nous dûmes prendre nos couvertures et aller coucher au bord de l’eau, sur le dur gravier baigné de pluie.
Quelque nouveau que fût pour moi le beau fleuve Mackenzie, quelque émouvantes et grandioses que soient les scènes et les paysages qui se déroulent sur ses bords, je dois reconnaître que je n’éprouvai que souffrances et ennui à rôder ainsi en esquii, sous la température froide et pluvieuse d’un automne qui, en France, serait un hiver rigoureux.
Mes compagnons m’avaient annoncé force merveilles naturelles pendant la journée du 3 septembre, la huitième et dernièr: de notre voyage depuis le fort Simpson.
Par le fait, je vis successivement de nouvelles Boucanes, dans des éboulis de pouzzolane de 200 pieds de haut; puis une pyramide calcaire de 120 pieds, surmontée d’une gargouille grimaçante ressemblant à un glouton guettant sa proie. C’est le rocher Carcajou (2). Puis ensuite un rocher-mur de grès perlé et irisé par
(1) Gros ver sinueux.
(2) Nonpaë-tawéta-kfwè.
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des suintements d'eaux minérales ; table immense que les Dènè comparent au firmarment pour sa beauté. Ensuite une falaise protubérant comme la carène d’une galiote antique. Elle est écalenent de grès, et surmontée d’une assise calcaire formant citadelle et toute couverte de sapins. Puis enfin un panorama splendide des Montagnes-Rorheuses à l'extrémité d’une autre vue de 29 kilomètres en ligne droite.
Le lieu d’où on l’obtient se nomme le Rapide Sans- Sault. Le Mackenzie y fait une double équerre que déterminent les montagnes.D'une vallée, 1l passe dans une autre en s'étendant majestueusement sur une immense superficie. Tout autour de nous on ne voit que montagnes, dont les vastes dimensions du tableau diminuent l'élévation au point de les rendre semblables à des taupinières. À droite, celles des Poissons rôtis et du Rapide; à gauche, la chaîne du Grand-Bruit (1), le mont du Porc-Epic; et plus loin, en arrière, les hautes montagnes des Bighorns, semblables à de hautes vagues pétrifiées. Tout au fond du panorama, dans le Nord-Est, s’allonge la chaîne du lac aux Outardes avec ses rocs détachés du Nid du Grand Ours (2), du Hibou-Blanc (3) et de Natsénatlé.
Le fleuve s’étend comme un lac des montagnes aux montagnes, coupé par des bancs de rochers et des iles dont quelques-unes, très grandes, recèlent des lacs et des rivières. J'y ai chassé le castor en 1870. Ses rivages immédiats offrent des strates de lignite ou de houille en formation. À gauche, on n’y voit que de menues cascades qui n'effraient point une barque. A droite est une chute formant cave, et, par conséquent, infranchissable, sauf dans les grandes crues.
Le rapide Sans -Sault dépassé, et l’île de la Queue
) Fwalwan-yué.
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du Castor géant saluée, nous pénétrons dans une quatrième vue où le Nakots'a, large de quatre kilomètres, s'étale de nouveau en ligne droite pendant 26 kilomètres 725 mètres. Il y reçoit lesrivièresdes Poissonsrôtis, de la Carpe, des Inconnus, du Glacier et de la Fourmi, sur la rive droite. À gauche, les rivières du Grand-Bruit, du Loup et des Sapins.
A l'extrémité de cettevue désespérante, nous attend la dernière et plus stupéfiante acs merveilles promises: :e grand rapide des Remparts.
Le fleuve s’élargit encore davantage. Ses rives gran. dioses se changent en murailles de roche absol:iment à pic, qui ferment toute issue au fleuve et surplombent leur masse. Plus d'horizon. Les Remparts seuls bornent la vue, de leur cirque colossal, à l'extrémité duquel le Nakotsia paraît s’engloutir dans un abime invisible, après avoir formé trois barrages et une double chute divisée par un rocher plat. Les grondements de l’eau sont de plus en plus perceptibles.
Des vapeurs, déterminées par la chaleur que renvoient ces rochers, occasionnaïent sur ce bassin miroitant le, plus décevants mirages. Les vastes saillies et les angle:' rentrants des remparts naturels qui l’enferment $e formaient et se déformaient tour à tour par des illusion: de kaléidoscope. Ce ne fut que lorsque nous arrivâmes près de la chute, que je distinguai un étroit et sombre couloir de 700 mètres de large qui fuyait obliquement vers la droite entre les hauts rochers.
Des grès meuliers et coquillifères forment en ce lieu un rivage toujours étanche, dans un sinus duquel nous procédâmes à un brin de toilette. Quatre lieues seulement nous séparaient du fort Bonne-Espérance. Nous en étions à la porte.
Trois Peaux-de-Lièvre qui nous avaient aperçus du haut des Remparts d’où ils guettaient la venue des
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