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que nulle difficulté n’abat, qu'aucun obstacle n'arrête, qui ne connaissent ni l’hésitation ni les atermoiements, qu'aucune volonté ne dompte, parce qu’elle rencontre en eux une autre volonté plus puissante et plus efficace.
On disait, dans le Nord, que M. Campbell avait été pâtre, et qu’il avait laissé dans les Highlands une bergère inconsolable. Mais ils s'étaient juré, en se séparant, une fidélité inviolable.
Mû par le désir de faire fortune et de se distingue, cédant à cette confiance en lui-même qui dénore l’homme supérieur, M. Campbell s'engagea dans la Compagnie d'Hudson et fut dirigé sur le Mackenzie. Après cinq ans d’un travail assidu etintelligent, l’exberger écossais fut promu au rang de maître de poste avec 40 livres sterling par an. Dès lors, il n’eut trêve ni repos qu'il ne fût devenu commis à cent louis d’appointements ; et il le devint. Puis il fut fait facteur d’une part. C'est-à-dire qu’il eut droit à un quatre-vingtième des bénéfices réalisés par la Compagnie d'Hudson.
Son ambition ne s'arrêta pas là. Il rêva le pouvoir préfectoral qui, dans le Nord-Ouest, était alors représenté par la charge de facteur en chef ou bourgeois de deux parts, avec la direction d’un district pelletier tout entier.
Dans ce but, M. Caïpbell ne mit péril à rien et réalisa de vrais tours de force, parmi lesquels il faut placer sa traversée des Montagnes-Rocheuses par le Portage-du-Diabie et la Porte-d’'Enfer, qu’il Cécouvrit, Ces réminiscences sinistres de 1’Erèbe et du Pied- Fourchu n'’effarouchèrent point ce pâtre, qui n’rveit jamais lu le sixième livre de l’Enéide.
Les gouffres giratoires de la rivière du Courant- Fort, qui engloutirent son infortuné compatriote, M. Maud, ne purent ni l'arrêter ui l’'ccuvanier, Il remonta la source de la rivière des :äards, :1 l'urnagain, pénétra le premier dans les profondes vailées dé
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la chaîne des Pics, descendit la rivière des Iles-Rouges, source la plus méridionale du fleuve Youkon, et “emonta la Pelly’s Banks, où il établit le fort Selkirk, après avoir fondé celui du lac Francis.
Dans cette contrée reculée et solitaire, il se trouva exposé avec sa petite troupe aux exactions de la tribu sauvage des Kollouches Kégatz ou Tchin-kki-ttané, Gens de la forêt, le peuple de fantômes, de fous et de courtisanes, des Dènè et des Dindjié (1).
L’apôtre de l'Evangile le plus zélé n'en fit jamais autant, dans tout le Nord-Ouest. Il aurait été blâmé. Mais « les enfants du siècle ont plus de prudence et de courage que les enfants de lumière ».
Eh bien ! le nom de M. Campbell est resté dans l'oubli. Les géographes connaissent le col d'Hyde et Clarke, la passe Cadotte, une magnifique route en plaine entre des rocs peu élevés, que j'ai traversée en février 1882; ils ont également retenu le souvenir des passes franchies par Palisser, Stephens, lord Milton ei le D' Cheadle: ma;s aucun d'eux n’a fait mention de ‘a Porte-l’Enfer ni du Portage-du-Diable, découverts &t franchis par Campbell.
‘’ependani cet homme résolu et intelligent ne :-ussit point dans ses tentatives commerciales à l’ouest des Montagnes-Rocheuses. Il re put y fonder le district pelletier qu’il avait rêvé. Des difficultés locales insurmontables s’y opposèrent. Les Kégatz pillèrent ses forts et én chassèrent les serviteurs. Finalement, la Compagnie fut obligée d’évacuer cette contrée montagneuse et dépourvue de voies de communications ficiles.
Néanmoins, le zèle de M. Campbell fut récompensé
(1) Ces derniers Indiens les nomment Tchèkres, fenimes ubliques. Il est à remarquer que c'est le nom même des peuples de la Bohème de race ouralo-finoise, les Tehékkes.
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