LE
Le repas fut gai et expansif, bien que l’on n’y bût que du thé, ce qui est à dire de l’eau chaude. Le visage de mon hommen ’exprimait aucun dépit, aucune honte, nulle colère. Cependant, dix minutes après souper, il venait renouveler la même scène de lâcheté contre ma
ate, en Guignol ou en Tartuffe e ne sais.
« — Ah? il veut gagner, ce petit homme-là! Il n’a pas peur. Eh bien! il gagnera ce qu’il n’est pas venu chercher. S'il s’obstine, on lui fera comprendre qu'on ne veut pas de lui, etc., etc.
« — Jetez-moi ça à l’eau, répondait une voix grossière, que je reconnus pour être celle de Pelly, le Tchippeway. Qui donc le saura, après que vous l’aurez néyé ?
« — Ah! si ce n’était la crainte du gouverneur et de son évêque, sans doute ce ne serait pas malin. Un prêtre de plus ou de moins, belle affaire! Un satané papiste, un boute-en-train qui a toujours le pied en l'air, que l’on rencontre partout et qu ne ménage personne!
« Mais nous n’y gagnerions rien avec un gouverneur qui est tout dévoué aux missionnaires Sa tout protestant qu’il est.
« — Le gouverneur ! Il est bien loin d'ici. J1ne saura jamais ce qui s’est passé.
« — Non, le jeter à l’eau, je ne le ferai pas. Mais nous le déposerons délicatement sur le rivage; puis il se débrouillera. Ah! il veut gagner, eh bien! il va voir... »
Craignant que je n’eusse pas compris son français, Saint-Pol me députa Késitchia avec des Loucheux du fort Lapierre, afin de me dissuader de partir. Les pourparlers furent longs et impatients; mais je tins bon et les congédiai d’assez mauvaise humeur. Alors ils se mirent à crier en sortant de ma tente :
« -— Est-il bête, cet homme-là, on lui dit qu'on le
any bût Le visage ne honte, souper, il ontre ma
à! Il n’a pas venu lre qu'on
voix groS- Pelly, le us l’aurez
neur et de malin. Ün Un satané le pied en 1e ménage
rouverneur liques, tout
Jlne saura
pas. Mais age ; puis bien! il va
bn français, oucheux du r. Les pourje tins bon Alors ils se
dit qu’on le
LE YOUKON | 281
tuera sûrement s’il va dans ce pays-là, et il s'obstine à vouloir y aller. Eh bien! alors, qu’on le jette à l’eau donc, puisqu'il le veut. C’est son affaire. »
Une troisième invitation de Méphistophélès, le lendemain matin, me fit mépriser ce troisième avis, et je m'embarquai à 8 heures avec mes deux Peauxde-Lièvre.
Peter Pelly était au gouvernail. Ce Tchippeway était presquenoir, d’un teint luisant comme si on l'eût ciré; un nez busqué mais informe, un nez d’ivrogne, un visage cauteleux, mobile et ratatiné par l’âge et les passions. Il y avait chez lui du singe et du renard; encore plus du premier que du second; mais c'était un mauvais singe, babouin ou gorille. Son regard sournois était méchant, son rire sardonique. Tout de noir habillé en neau drap fin, son bonnet disparaissait sous les glands d’or et les aunes de ruban multicolore dont il l'avait enguirlandé.
Quand les yeux de Pelly reaucontraient les miens, il les baissait ou les détournait aussitôt. A ses regards haineux et à son rire moqueur, je compris que j'avais en lui un ennemi juré. Je ne cherchai nullement à lui déguiser le mépris qu’il m'inspirait.
Après deux heures de descente vertigineuse, nous doublâmes la longue montagne dont la rivière Bell baigne le pied, et nous nous trouvâmes directement derrière elle et le fort Lapierre. Méphistophélès me montra un mai de joie qui s'élevait solitaire sur un rocher de la rive droite :
« — Si vous aviez envie de vous en retourner, dit-il, voici un portage qui vous conduirait au fort en une heure de marche par-dessus la montagne.
«— Je vous suis donc à charge, monsieur? Que ne me l’avez-vous dit plus tôt.
«— À charge? à moi? Mais pas du tout, sir, pas du tout. Histoire de parler, voilà tout.»
RE CE ss
TT ge
Eee.
Et nous continuâmes notre route.
Au bout de quatre heures de nage, la barque fut lancée sur une grève de sable, sous un ravin au fond duquel les matelots avaient caché leurs agrès, en montant. Ils les reprirent, et l’Ecossais, me montrant un autre sentier au flanc de la montagne scabreuse :
«— Par ce portageet en deux heures demarche, vous pourriez encore atteindre le fort par-dessus la mon- ‘tagne,» me dit-il en anglais. Puis il s’esclaffa de rire en s'adressant à Peter.
Je sentais le mépris me gagner. Qu'il y a donc des êtres vils et qui cherchent peu à cacher ce qu'ils sont! ù
Deux heures après, grâce à un courant de 15 milles à l'heure, nous entrions dans les eaux iimoneuses de la Tsé-ondjig ou rivière des Castors, que les Anglais ont appelée, par contresens, Porcupine River ou rivière Porc-Epic, en confondanttsé, castor. avec tsi, porc-épic. C’est la branche la plus orientale de l'immense fleuve Youkon ou Kwir-pak (grande rivière).
Les Canadiens français ont nommé la Tsé-ondjig grande rivière aux Rats, pour la distinguer de son affluent, la rivière Bell ou du Rat. Ils l’appellent aussi rivière des gens du Fou, parce aue, vers sa source, habitent les Kollouches Kégatz et Tchilkat que les Dindjié nomment Fous et Femmes publiques, Tichékres, et les Dènè Eyunné, ce qui a la même signification.
Voilà donc cinq noms différents pour un cours d’eau qui n’a qu’un seul nom dans la langue du pays. Comment voulez-vous que les géographes s’y reconnais- ‘sent ? |
Je ne mis pas longtemps à m’apercevoir que je m'’étais fourvoyé en m’aventurant seul parmi des gens fanatiques et vicieux. J'avais pensé qu’ils respecteraient mon caractère, du moment que Saint-Pol m’a-
rque fut au fond rrès, en nontrant reuse :
‘he, vous la monà de rire
y a donc ce qu'ils
15 milles euses de
Anglais Ju rivière )orc-ÉpiC.
se fleuve
sé-ondjig r de son appellent , Vers Sa Tchilkat publiques, la même
urs d’eau ys. Comeconnais-
e je m'édes gens respecte- Pol m'a-
LE YOUKON 283
vait garanti le passage dans sa barque. IL en fut tout autrement. J’omets ici toutes les avanies que me firent en paroles ces malheureux. Elles scandaliseraient les natures timides en les portant à croire que ma conduite justifiait ces indignités. Cependant tout se borna à des parolesde mort et à des menaces quine s’exécutèrent point, grâce, après Dieu, à ma modération.
Je pouvais me comporter de deux manières avec Saint-Pol: ou bien lui reprocher .amèrement sa félonie et rompre avec lui, et alors j'aurais pu lui en imposer par mon audace et être délivré de mes ennus; à moins qu’il ne jetât tout à fait le masque et ne se portât à quelque extrémité à mon égard.
Ou bien me contenir par prudence sinon par vertu, ronger mon frein et maîtriser ma colère toujours prête à éclater; car moi aussi je suis homme, et l’injustice de mes semblables m'indigne. Mais bien résolu, si l’on en venait contre moi ou mes gens à des voies de fait, de sauter sur la première arme venue et d’en casser la tête à Saint-Pol et à Pelly, comme aux seuls auteurs de ce guet-apens.
Ce fut à ce dernier parti que je m’arrêtai.
Une fois, dans l'après-midi, après avoir longtemps essayé de m'agacer et de me faire sortir de mes gonds par des insultes, voyant que je ne comprenais absolument rien à la raison qui le faisait agir, Méphistophélès se leva tout à coup et se mit à crier en jargon du Youkon :
«— Allons, nos gens, dji dindjié jette à l’eau, après çà tikké anl'a nipaa walili. Esdiniyé djan api, esdiniyé djan nènè kkè bépaenda. Allons, à cette heure (t) …. »
(1) — « Allons, nos gens, jetez cet homme à l’eau, puis vous l'y tuerez à coups de fusils. Il est inutile ici, il est inutile qu’il visite le pays. Allons maintenant !
pd 7 RE LS D TER Ze
a rt
EE
Il n'avait pas achevé de parler que le tonnerre éclata avec un fracas qu’il ne connaît que dans ces montagnes. Le ciel, gros de nuages, s’entr'ouvrit et la pluie en tomba par torrents et avec tant de violence que l'équipage n'eut pas le temps d'étendre les prélarts sur la cargaison avant de recevoir une bonne rincée. Méphistophélès, le fou, fut bien heureux de trouver un refuge sous le prélart qui in’abritait des douches célestes. Je m’y endormis pour ne plus m'’éveiller qu'après minuit.
Quand je revins à la vie active, la barque était échouée au rivage, où flambait un grand feu.
« — Si vous aviez envie de vous en retourner, me dit pour la troisième fois Saint-Pol, vous le pourriez encore d'ici. Voici un autre sentier dans cette grande montagne qui conduit au fort Lapierre en deux journées de marche. (l’est votre dernière occasion.
« — Je n’en ai que faire, répondis-je avec une froideur qui frisait le mépris. Je n'ai pas l'habitude de revenir sur ce que j'ai une fois résolu. »
Il n’ajouta rien et nous primes notre souper en silence.
Le 24 juin, la rivière Porc-Épic (puisque le contresens a prévalu) prit des proportions grandioses. Les Montagnes-Rocheuses, entre lesquelles nous avions dévallé jusque-là, s’écartèrent à droite, disparurent tout à fait, à gauche. Au fond du tableau surgit une chaîne de mamelons coniques qui ressemblent à des volcans. C’étaient les Tdha-tcha où montagnes qui relient ; ainsi nommées .parce qu’elles rattachent les Rocheuses à la chaîne des monts Castor ou Wrangel qui borde le fleuve du Cuivre. Elles sont tout à fait arides et dénudées. On peut apercevoir leurs flancs couverts de lichen jusque près du sommet, où apparaît le granit rose. La direction de cette chaîne est du nord-nord-est au sud-sud-ouest.
IRE
erre éclata
ces monta- ; et la pluie iolence que prélarts sur rincée. Mé-
trouver un douches cé- , m’éveiller
barque était eu.
tourner, me le pourriez cette grande 1 deux jour- Sion.
vec une froibitude de re-
ouper en Si-
ue le contreindioses. Les nous avions , disparurent u surgit une
mblent à des ontagnes qui rattachent les r ou Wrangel nt tout à fait leurs flancs met, où appachaîne est du
LE YOUKON 285
Il plut encore cette journée-là et on laissa dériver la barque à vau l’eau, pendant que nous demeurions abrités sous des tentelets. Saint-Pol et l'équipage se livrèrent au sommeil. Seuls, un jeune Ecossais et un homme van-ta-kuttchin, du même âge, veillaient à la direction de la barque. J’entendis leur conversation. L'Écossais disait en jargon au Loucheux :
« — Si ces gens font ce qu’ils se proposent, ce sera le troisième qu’ils auront expédié, à Youkon. Il est bien terrible d’être aussi mauvais que ces gens-ci. Ce pauvre prêtre, J'ai pitié de lui et je désapprouve fort le traitement qu’ils veulent lui faire subir. Toi, qu’en penses-tu ?
« — Je ne sais qu’en penser, répliqua l’Indien. Je doute qu'ils lui fassent du mal; car il est, paraît-il, porteur d’un écrit du gouverneur. Sans cela ils l’auraient expédié. »
Tout cela était bien incompréhensible pour moi.
L’instant d’après, le jeune Dindjié s'approcha de moi pendant que je récitais mes heures et me dit, en désignant mon bréviaire:
« — Est-ce cela, l'écrit du gouverneur dont tu es porteur ?
« — Non mon ami, lui répondis-je, ceci est le livre du bon Dieu, qui est bien plus fort et plus puissant que tous les gouverneurs du monde.»
J'eus beau réfléchir aux paroles de l'Écossais, rien | dans ma conduite ni dans celle du seul missionnaire qui m’eût devancé à Youkon, huit ans auparavant, ne me donna la clef des mauvais desseins de Saint- Pol et de Pelly à mon égard. Ce sont de ces haïines gratuites qui ne s'expliquent que par le fanatisme Joint aux mauvaises passions. Dans cette circonstance, ce fut mon ignorance absolue des agissements que l'on prêtait à mes hôtes, qui me sauva a vie. Mais je dois constater ici que Peter Pelly fut tué, cette même
année, par un chasseur du fort dont il courtisait la femme et qui surprit le Tchippeway en flagrant délit. L’année suivante, les deux commis, Saint-Pol et M. durent quitter le Youkon et même le Mackenzie.
On ne voit point de canots d’écorce le long de la rivière Castor ou Porc-épic, ou du moins très peu. Ce cours d’eau est trop dangereux, trop rapide. Les Rhâne Kuttchin, après avoir chassé l’arghali et le bighorn sur les T{ha-tsein ou Rocheuses, descendent au bord de la Tsé-ondjig après la débâcle, y construisent des radeaux sur lesquels ils déposent fourrures et provisions, et se rendent par ce cours d’eau au fort Youkon avec leurs familles. Leur petit commerce d’échange terminé, ces Indiens traversent sur la rive droite, où ils abandonnent leurs lourdes et obstruantes embarcations, et s’en vont passér l’été sur les croupes des Tdha-tcha d’où ils regagnent les Tdha-tsein avec les neiges (1).
Ainsi se passe leur vie.
Leurs radeaux, phaôn, ce qui signifie dérivants (de phâne, fleuve), sont composés d’arbres entiers réunis côte à côte par des ligatures d’osier, de manière à ce que tous les faîtes soient joints du même côté, et tous les troncs de l’autre. Il en résulte de grands triangles isocèles,. dont la base, beaucoup plus lourde que le sommet, se dirige toujours en avant en suivant le fil de l’eau. Ce mode de construction empêche les rhâons de pirouetter ou de s’arrêter sur les bas-fonds.
Sur ce premier plancher, les Dindjié disposent transversalement quelques pièces de bois formant sommier, par dessus lesquelles, ils superposent un se-
(1) Si j'en juge par les épithèces {cha ct tséin, qui pourraient être des abréviations de étchian, la droite, et natseïn, la gauche, ces deux noms signifient : montagnes de la rive droite et montagnes de la rive gauche, sous-entendu du Youkon.
RE LE YOUKON 287
rit et
me
cond plancher identique au premier, mais entouré d’un rustique garde-fou. Deux grosses rames, taillées
urtisait la zrant délit.
Pol et M. grossièrement à la hache, font avancer la lourde maenzie. chine, lorsque le courant ne suffit pas.
Certains Loucheux, plus ingénieux ou dépourvus de famille, se construisent des rhâons exigus, élevés sur l'eau, dans lesquels ils sont assis comme en une chaise. A les voir ainsi, cathédrants au-dessus des flots et dirigeant leur fauteuil-nacelle à l’aide d’une gaule, on les prendrait pour le classique Neptune assis sur sa conque marine et conduisant ses verts troupeaux dans les humides pacages de l'Océan.
Dans l’après-midi, nous doublons le confluent de la rivière du Courrier (Carrier river des Anglais), qui doit son nom à une estafette que M. Bell y dépêcha, en 1848, à la rencontre de l'expédition arctique du commodore Pullen, sur les côtes de la mer Glaciale. Ce cours d’eau, qui a plus de 300 mètres à son embouchure, sort de la chaîne Romanzoff. On se rend par elle, au moyen d’un portage, au fleuve Colville, affluent de la mer Glaciale arctique.
Les Rhâne Kuttchin se tiernent d'ordinaire sur le delta que forme la rivière du (Courrier avec la Porcépic. Ils nous avaient devancés vers les Remparts. Nous ne vimes sur l’île que trois yourtes en forme de dôme à côté desquelles se trouvaient troi: ‘clies pirogues d’écorce. J’offris aux Indiens deleur en acheter une avec quelques marchandises que j'avais apportées. M. Saint-Pol s’y opposa absolument, m'assurant que je trouverais au fort Youkon tout ce dont j'aurais besoin pour continuer mon voyage vers la mer de Béring.
A dix heures du soir, nous nous trouvions tout à fait sous les monts Tdha-tcha. Nous y préparâmes et primes notre souper en en contemplant le gracieux spectacle. Le soleil les dominait radieusement et sem-
ng de la rirès peu. Ce apide. Les rghali et le descendent y construint fourrures ’eau au fort nmerce d’ésur la rive : obstruantes ur les crou- 8 Tdha-tsein
dérivants (de ntiers réunis manière à ce côté, et tous Ands triangles lourde que le suivant le fil he les rhâons fonds.
jié disposent bois formant rposent un $C
tséïn, qui pourte, et natsein, la bnes de la rive Sous-entendu du
blait rouler sur leurs cimes comme un char splendide. Forcée de dévier de sa course par l’obliquité de leur chaîne, la Porc-épic incline au sud-ouest, baignant le pied de grands talus de terre grise, de 300 pieds de haut (1), dont le précipice s'éboule continuellement en obscurcissant les airs. Cette terre grise et friable me parut être de la pouzzolane. Le haut Youkon traverse ici, à n’en pas douter, les dépôts séculaires d’une ancienne chaîne volcanique. Il y atteint près de deux kilomètres de large, mais son cours est parsemé d'îles boisées et de grands bancs de sable. L'un de ces derniers, qui arrêta notre barque penda: ‘ la nuit, nous fit perdre plus de deux heures de tra
À 5 heures du matin, le 25 juin, nv. rencontrâmes la tribu des Rhâne Kuttchin en marche vers Youkon. Elle ne montait pas à plus de 150 personnes, les enfants y compris. Rien de si misérable que les huttes d'été de ces Indiens. Disons mieux qu’ils ne prennent pas la peine d’en construire. Ils inclinent vers le sol les branches d’un saule, jettent sur ce cintre une peau d’élan ou quelques peaux de rennes cousues ensemble, éparpillent quelques rameaux verts sous cet abri d’une nuit, et Adam s’y glisse avec Eve, aussi heureux que dans un palais et beaucoup plus à l'aise.
À peine arrivés au bivouac de la peuplade, Méphistophélès s’éelipsa tout à coup et demeura longtemps absent. Puis je le vis reparaître remorquant d’un air assez confus une femme qui frisait la quarantaine, et qu’il vint installer dans la barque, à ses côtés. Conduite par la main, cette Laïs dindjié avait l’air rien moins que rassuré. Son visage allongé et terminé en galoche, son grand nez percé à jour, ses pommettes saillantes, s’empourprèrent d’une certaine honte.
(1) Le pied anglais n’a que 0,304 millimètres, Le pied françaig en à 0,"324.