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Porc-épic avec celle des Iles-Rouges ou Lewis, et jusqu’au 145° de longitude O., moyennant une redevance annuelle de 2,000 peaux de loutre.
Le fort Youkon fut le seul poste que les Anglais construisirent dans l’intérieur des possessions russes ; car le fort Selkirk, que M. Campbell bâtit à l’intersection de la Rivière Pelly avec la Lewis, était en pays britannique.
La Compagnie russe, au contraire, n’avait point construit de poste commercial dans l’intérieur du pays, à l’exception de Noulato et d'Anvik. Tous ses forts étaient sur le littoral, e! elle n’en possédait aucun sur l'océan Glacial. Elle ne tirait aucun autre parti de cette vaste contrée que les bois de construction, le poisson, l’ivoire fossile de mammouth primigentius et les pelleteries. Mais c’est d’ailleurs tout ce que l'Alaska pourra jamais donner, les mines exceptées.
Cédée aux Etats-Unis le 30 mars 1867, pour la. somme de 7,200,009 $ (1), l'Amérique russe prit le nom de territoire d’Alaska, corruption de celui de la presqu'ile d'Ounalaska.
Les Yankees ne continuèrent point à la Compagnie d'Hudson la faveur que leur avaient faite les Russes. Ils exigèrent l'évacuation pure et simple du pays leur appartenant; et, comme en 1869, MM. M... et Saint-Pol se trouvaient encore au fort Youkon, cherchant, par des atermoiements et des tergiversations, à s’y maintenir contre la justice et les traités, les Américains les en expulsèrent par la force.
Les deux commis se contentèrent de reculer d’une journée et demie de chemin, en remontant le courant, et se fixèrent, en automne 1869, au lieu où je les avais trouvés au mois de juin 1870. Au printemps de 1871, les Américains les expulsèrent de nouveau et sans
° (1) 43,200,000 francs.
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LE YOUKON | 309 pitié de cette localité, les obligeant à se fixer à la rivière du Courrier, ainsi que je l'avais prédit à ces Messieurs.
En 1870, le général Davis était gouverneur de l'Alaska et résidait à Sitka, sur la côte occidentale. IL y avait là aussi un corps de troupes américaines.
Deux Compagnies commerciales s'étaient partagé l'exploitation de tout le territoire : Parrott and C°, et Hutchinson, Kohl and C°. Le siège de ces deux maisons était à San-Francisco et leur banque dans les mines d'or de la Californie. Quatre forts de traite avaient déjà été construits ou réparés, sur le Youkon, et occupés par les agents de ces compagnies pelletières : Anvik, Noulato, Noukloukayet et Youkon. Ce dernier poste avait été entièrement reconstruit de 1864 à 1867. En 1870, il appartenait à la Compagnie Parrott and C°, dont l’agent, M. Smith Junior, habitait au poste même. Remise lui en avait été faite par un Français louisianais nommé Moïse Mercier qui le prit des mains des agents anglais pour le transférer à son compatriote.
Le fort Youkon existe depuis 1847 et fut construit par M. Bell. Ilest placé à égale distance du détroit de Béring et du fort Bonne-Espérance. Le fleuve de même nom y atteint neuf milles anglais de large, soit 14 kilomètres et demi. Mais la largeur moyenne du Youkon n’est que d'une à deux lieues, avec un courant d’une vitesse de 4 lieues trois quarts à l'heure; de sorte que, bien que l’on puisse atteindre le fort Youkon en six jours, du fort Lapierre, sans marcher la nuit, ou bien en trois jours et trois nuits, il ne faut pas moins de 20 jours pour refaire ce trajet contre le courant. De la mer, on en met de 35 à 40.
Les eaux du Youkon sont troubles et jaunâtres,. comme toutes celles qui descendent des Montagnes- Rocheuses. Elles nourrissent les mêmes espèces de poissons que celles du Nakotche6-ondjig, et possèdent,