ANNUNZIATA, MUSEE ARCHÉOLOGIQUE
Pierre, représente cet apôtre, qui nomme Adam et Eve un Jupiter et un Mercure debout auprès d'un arbre. Le gothique voulut supprimer jusqu'à cette obscure piété. Il succomba, et la Renaissance ne fut que ce souvenir prenant force vitale enfin. Hegel a dit que la Renaissance eut pour mission de réconciKer l'idéal avec la réalité. C'est-à-dire de créer la conscier.ce latine. Et c'est pour cela qu'elle fut générale, affecta aussi bien les arts spirituels que les plastiques ; c'est pour cela que la gloire du nu en fut la logique conséquence. Et lorsqu'on songe à la rareté des oeuvres antiques que l'Italie possédait alors, s'impose davantage cette nécessité. A Florence, l'antique se réduisait à peu près exclusivement aux sarcophages romains qui encombraient les entours du Baptistère. A Pise, avec qui Florence avait des rapports quotidiens, se voyaient aussi quelques débris ramassés par Pisano. A Rome, où Florence se rendait quelquefois, des bas-reliefs, des arcs, des tombeaux, quelques statues, comme le Tireur d'épines. A Ravenne, les bas-reliefs de San Vitale ; à Venise les chevaux de San Marco que Giotto copia dans ses fresques de l'Arena. Florence enfin, grâce aux Medici, possédait la Vénus et les débris entassés au couvent de San Marco. Mais la grande source, non pas d'inspiration mais de réveil, restait les pierres gravées et les médailles. Tous les humanistes en possédaient quelques-unes. Pierre de Medici comptait neuf cents médailles et dix-huit cents intailles dans sa collection. Laurent laissa à ses héritiers deux mille trois cents médailles. Sur ces petites reliques les artistes se jetèrent, et l'on retrouve l'intaille de Laurent, Apollon et Marsyas, dans l'œuvre de Botticelli, dans YEcole d'Athènes de Raphaël. Donatello copia Y Enlèvement du palladium attribué à Dioscoride, dans un médaillon du Riccardi. Les garçons de Donatello dans la chciire du Dôme sont inspirés de YEnfant à Voie, Dans la seconde porte de Ghiberti, Samson est copié sur un Hercule, maints personnages rappellent les statuettes de Tanéigra, et dans toutes les fresques nous retrouvons les monuments romains. L'antiquité ne reparut réellement au jour qu'au XVF siècle, avec Bramiante. Auparavant, ce n'étaient que pauvres restes ou pièce solitares. Ils suffisent cependant pour tout susciter. Le voyage des Donatello et de Brunellesco à Rome donne un véritable signal. Ce fut proprement un réveil du sentiment filial, de l'âme étrusque. Et lorsque, en même temps, les humanistes rapporteront de Constance les manuscrits, il y aura alors un sursaut prodigieux, général,
qui balayera tout devant lui. Le musée archéologique de Florence jouit donc, pour qui veut connaître celle-ci, d'une importance capitale. Pcir lui la Renaissance n'apparaît plus comme un phénomène, mais au contraire comme l'aboutissement logique d'une race renversant tous les obstacles qui s'opposaient à son épcuiouissement. Et l'Etrurie ayant enfin fleuri sa dernière fleur, le Quattrocento, mourut définitivement, se dissolvant par toute l'Italie, mais imposant encore à Rome, qui va prendre la suite de Florence, son idéal et ses lois. Uldolino, au musée archéologique, signe légitimement, par sa paternité grecque, sa fille étrusque, et regarde croître leur descendance du Quattrocento.