SUITE
La plupart du temps, il existe entre le lord et le tenancier plus d'un intermédiaire. Londres de plusieurs agences qui prennent à bail des quantités de terres irlandaises et les font gérer par des intendants domiciliés dans quelque grande ville des quatre provinces. Ces intendants ont des sous-agents sur les lieux; ceux-ci sont, vis-à-vis des intendants, ce que les intendants son: à P< des banquiers, ce que les banquiers sont pour les landlords. — De sorte que tel misérable champ de pommes de terre, à peine suffisant pour nourrir le fermier qui le cultive doit servir encore des bénélices aux sous-agents, des bénéfices ;* l'iiitenô. oint, de jjim n. 1
dant, (les bénéfices aux banquiers et la rente principale du landlord.
Le tenancier meurt à cette lâche impossible ; les entremetteurs s'engraissent ou sont assassinés : c'est la règle.
Quant au lord, il touche sa rente, et ne va point sonder vraiment cet abîme de misère où se puise l'or qui emplit incessamment ses coffres...
Montrath reçut d'un air impassible la déclaration des middleraen.
— El v -us, maître Crakenwell, dit-il ; — n'avez-vous point quelque requête de ce genre à m'adresse r aussi?
— Je vis sur le domaine de Votre Seigneurie, répliqua l'intendant; — cela me suffit, et je. ne cherche point à faire fortune.
— Faire fortune! répétèrent les agents subalternes d'un ton larmoyant. — Ah! seigneur Jésus! faire fortune dans notre pauvre Gonnanglh, en menant le métier de middleman !...
— J'y ai mangé mes petites économies, ajouta Mellyn en adressant au lord un patelin sourire.
— Il y a longtemps que je n'ai plus d'économies! soupira Noose qui secoua sa grosse tête.
. — Nous sommes pauvres, pauvres, pauvres! gémirent les autres ; — plus pauvres que des mendiants!...
El tous répétèrent en chœur :
— Ah! quel métier! Seigneur Jésus! quel métier!
Montrath releva sur eus son regard froid et lassé.
— Vous t;;<" de bons garçons, dit-il, — et je
veux faire quelque chose pour vous... J'étais venu avec Ti mention de vous imposer à chacun une augmentation de trois cents livres.
— Trois cents livres! s'écrièrent à la fois les middlemen.
— Trois cents livres, répéta paisiblement lord George; — mais puisque les temps sont difficiles, Dieu me garde d'augmenter vos embarras... L'année prochaine je diminuerai vos fermages; l'année d'après aussi, l'année suivante encore...
Les middlemen, au lieu de témoigner leur joie de ces promesses inespérées, gardaient tous le silence.
Dirck Mellvn roulait ses petits yeux vifs qui disparaissaient, se remontraient et disparaissaient encore, sous l'ombrage de ses gros sourcils, avec une rapidité prestigieuse. — Le bon Noll Noose semblait atterré ; il fixait sur le lord son regard plein de détresse et de défiance. — Il écrasait, sans le savoir, sous son bras, le feutre fauve de son chapeau rond, et ressemblait à un homme étourdi par l'imminence imprévue d'un grand péril.
— Vous m'entendez bien, mes garçons, reprit Montrath; — je veux vous venir en aide, comme c'est mon devoir... Point d'augmentation... une simple somme, — une misère! — que des circonstances extrêmes me contraignent à exiger de vous.
— Àb! Jésus! Jésus! balbutièrent les malheureux middlemen qui étaient tout pâles.
— Trois cents livres chacun, poursuivit Montrath, — - pas un shilling de plus.., el soyez, sûrs
que vous serez les mieux traités de vos confrères.
— Mais, Mi lord...
— Mais Votre Seigneurie...
— Olivier Turner, qui iTesl pas no bon serviteur comme vous, payera six cents livres.
— Oh! il le peut bien, dit Mellyn.
— Cela est le double! appuya Noll Xoose.
— Les autres, continua Monlrath, s ironl traités comme ils le méritent... Allez vous coucher, mes enfants, et que la somme soit ici avant demain soir.
Les petits yeux de Mellyn avaient un mouvement de rotation extraordinaire; Xoose écrasait son chapeau et regardait ses pieds dans une attitude désespérée.
— Allez, mes enfants, allez! répéta lord George d'un ton tout paternel.
Les quatre agents que leur modestie avait réduits au rôle de comparses se dirigèrent docilement vers la porte. Dirck et Noll les suivirent à contrecœur. Arrivé au seuil, Mellyn se retourna et fil quelques pas vers l'intérieur de la chambre.
— Votre Seigneurie, dit-il , — Olivier Turner pourrait bien payer sept cents livres, voyez-vous!
— Il payera sept cents livres, répliqua le lord.
— Mushal s'écria Xoose énergiquement, — mettez-le à huit cents, mon bon lord!
— Je le mets à huit cents.
Les middlemen saluèrent respectueusement et se retirèrent à demi consolés.
En définitive, c'étaient leurs pauvres fermiers qui devaient payer cet impôt extraordinaire, et il
fallait bien que les tenanciers de Montrah donnassent la bienvenue à leur aimé seigneur.
Ils n'avaient même pas essayé de discuter, parce qu'ils savaient parfaitement que toute discussion était inutile. A quoi bon parler de la misère des paysans et de l'accroissement de famine que cette exaction nouvelle allait porter dans les misérables cabanes?
Jls allaient être obligés d'élever les redevances d'autant et de chasser sans pitié les fermiers à l'année, qui ne pourraient pas solder celte rente exagérée.
Des familles nues allaient descendre dans les bogs, sans pain et sans asile...
Mais milord avait besoin d'argent.
George Monlrath et Robert Crakenwell res= tèrent seuls.
Le lord quitta le centre du sofa et prit place à l'une de ses extrémités, invitant du geste Crakenwell à s'asseoir.
Crakenwell s'assit sans se faire prier, et plutôt avec l'aisance d'un égal qu'avec la soumission respectueuse d'un inférieur.
Il avait suivi les deux middlemen d'un regard équivoque où se mêlaient l'ironie et la pitié.
La pitié ne s'adressait point aux middlemen.
— Cela pourra durer quelques années encore, dit-il répondant à sa propre pensée; — mais les fils de Vos Seigneuries, milords, n'auront point d'héritage en Irlandi .
— Nos fils aviseront, dit Moniral. — Eh bien! Robert, vous avez toujours eu un grain de philosophie!... laissons cela, je vous prie, ami, et par-
Ions île choses plus sérieuses... vit -elle encore?
— Je le crois, répondit Crackenwell.
Un peu de pâleur était venue ;»u front de lord George ; — sa physionomie épaisse et matérielle laissa percer un mouvement de joie.
11 prit son mouchoir pour essuyer ses tempes, où il y avait des gouttes de sueur.
Oakenwell, renversé sur le dos de l'ottomane, avait les yeux au plafond, et gardait l'apparence du calme le plus complet.
Lord George l'examinait en dessous. C'était quelque chose de bizarre que cette précaution chez un homme dont les habitudes poussaient le sans-gène jusqu'à la brutalité.
On eût dit que, pour on motif ou pour un autre, lord George avait peur de Grakenwell.
— Allons, Robin, mon ami, reprit-il, — cela me fait plus de plaisir que je ne puis vous dire... Il fallait bien que je me mariasse, après tout, et je ne pouvais pas rester ainsi éternellement dans la gêne... Mais l'idée d'un meurtre!... c'est plus fort que moi... Je me rappellerai toujours la terrible nuit que j'ai passée le soir où vous attaquâtes ce rustre de Mac-Diarmid dans le bois de Richmond...
— Ce fut un méchant coup, dit froidement Crackenwell ; — Votre Seigneurie ne m'y reprendrait plus aujourd'hui ; mais j'étais un homme ruiné, et meseréanciers ne me laissaient pas d'asile pour reposer ma tète... Dans ces cas-là, on fait ce qu'on peut.
— Grâce à Dieu, dit Montra th, . — vous manquâtes le rostre!
— C'est-à-dire que Percy Morlimer, qui n'était alors que capitaine, se trouva là par la grâce du diable... Celui-là est un fâcheux que j'ai heurté plus d'une fois sur mou chemin... Sans lui, milord, vous auriez une sotte affaire de moins sur les bras.
— Et un poids de plus sur la conscience, murmura Montrath.
Crakenwell le regarda en face.
— Les scrupules de Votre Seigneurie, répondit-il, — sont un peu tardifs, mais assurément bien respectables... Moi je retirai de cette affaire un coup d'épée qui me traversa le bras... c'est un souvenir qui m'empêchera de l'oublier jamais... et, à parler franc, j'aimerais mieux un remords... mais je préfère encore ma situation à celle de Votre Seigneurie.
— Connaissez-vous donc mes embarras nouveaux ? demanda Montrath avec une sorte de découragement.
— Milord, je les devine à peu près... De toutes les façons d'agir, celle que vous avez choisie était la plus dangereuse... Je m'étais fait l'honneur de vous donner là-dessus mon humble avis... mais Votre Seigneurie a cru tout concilier en prenant un moyen romanesque, usité seulement dans les tragédies de Drury-Lane... Ce moyen laisse en repos votre conscience timorée; tout doit être pour le mieux.
Le rouge monta au visage de Montrath et ses sourcils se froncèrent, mais il réprima vite ce mouvement de courroux.
— Ami Robin, dit-il doucement, — vous êtes
toujours railleur... mais il n'est pas donné à tout le monde de pousser si loin que vous la philosophie.
— Tuer lentement, murmura Crakenwell, — ou tuer d'un seul coup, c'est toujours tuer, milord.
Montrath mordit sa grosse lèvre et s'agita sur les coussins.
Crakenwell croisa ses jambes et se mit de plus en plus à l'aise.
— Savez-vous, milord, reprit-il, — que mon métier n'est pas des plus agréables ici?...
— Ne gagnez-vous pas suffisamment? demanda Montrath.
— On ne gagne jamais suffisamment lorsqu'on a passé la quarantaine et qu'on a la prétention de jouir encore de la vie... Mais il ne s'agit pas de cela ; mes revenus sont honnêtes et je m'en contenterais à la rigueur, si je ne voyais pas toujours au-dessus de ma tête une épée suspendue par un fil... C'est renouvelé de Damoclès, et ce n'en est pas plus gai... Milord, j'aurais fantaisie de revoir Londres, et de laisser à un plus brave l'honneur de vous représenter dans le Connaught.
— Nous causerons de cela, Robin.
— J'aimerais en causer tout de suite.
— C'est que mes affaires sont dans un élat!...
— Vous savez bien, interrompit l'intendant, — qu'un millier de livres par mois suffit amplement à mon train de vivre.
Montrath essaya de sourire.
— Vous faites un joyeux compagnon, Robin.
murmura-t-il ; — voyons, parlons sérieusement, et donnez-moi un bon conseil.
Craekenwell ne perdait point son air d'indifférence et parlait comme un homme admirablement sûr de son fait.
— Mes conseils sont fort au service de Votre Seigneurie, répliqua-t-il , — je suis prêt à les lui donner, quitte à reprendre dans un instant l'entretien au point où nous le laisserons... De quoi s'agit-il?
— Je suis ruiné, Robin, dit Montrath d'une voix chagrine et fatiguée, — Mary Wood me coûte plus cher à entretenir que trois danseuses françaises, et ses exigences augmentent tous les jours.
— Je vous l'avais prédit, Miiord.
— Assurément, Robin; mais c'est un conseil que je vous demande.
L'intendant réfléchit durant quelques instants; — un sourire était autour de ses lèvres.
— C'est une femme de tête que cette Mary Wood, reprit-il avec admiration, — elle a profité de l'occasion mieux que moi... hier, pauvre servante, elle est aujourd'hui riche comme une pairesse... Ah! ah! miiord! ce dévouement-là devait vous coûter cher...
Montrath fixait ses yeux dans le vide et joignait ses mains sur ses genoux avec découragement. Le rouge de son visage était moins vif et arrivait à une sorte de pâleur.
— Oui, oui, murmura-t-il, cela me coûte bien cher... de l'or, toujours de l'or!... elle est insatiable ! Et si ce n'était que de l'or !... mais des craintes incessantes!... Je ne vis plus Robin! cette
créature s'attache à mes pas comme une vivautc menace... Je la vois partout : au théâtre, au parc, à l'église!. ..On sedemande à Londres d'où elle sort et quelle fortune peut suffire à son luxeinsensé .. Elle a pris un appartement magnifique dans l'ortland-PIace, vis-à-vis de ma propre maison... Elle a des chevaux hors de |>rix , d»is diamants, des toiletii s écrasantes, et chaque fois que je sors, je vois sa figure stupéfiée par l'ivresse se balancer sur les coussins de son splendide équip;
— Elle s'enivre toujours?... dit Crakenwell à voix basse; — ce serait un moyen...
Monlralh le regarda en face et l'interrogea d'un œil avide.
Crakenwell jouait avec les franges de l'ottomane, et ne jugeait point à propos de poursuivre.
— Et puis, reprit le lord, — au moindre retard, des menaces impitoyables!... Ce qu'elle demande, il le lui faut à l'instant même, et quelle que soit la somme, sinon elle entre en fureur et veut tout révéler à lady Montratli!...
— C'est le défaut de la cuirasse, murmura Crakenxvell; — le gin ne lui ôte pas tout son bon sens, à ce qu'il paraît. Moi je n'y mettrais pas tant de raffinement, et j'irais tout bonnement au coroner, en cas de discussion avec Votre Seigneurie.
— Vous, Robin! s'écria Montrath atterré.
— Le cas échéant, répliqua Crakenwell; — veuillez bien me comprendre, ceci est une pure et simple hypothèse ; je suis bien assuré que Votre Seigneurie ne me mettra jamais en position de l'accuser d'assassinai ou seulement de bigamie.
Montralb se leva et se pressa le front à deux mains.
— Quant à cette Mary Wood, reprit paisiblement Crakenwell, — ses prétentions me semblent exorbitantes ; si elle prend tout, il ne restera rien pour moi; je m'y oppose... Elle est à Londres?
— Le sais-je? répondit Montra ih avec la fatigne.du désespoir; — elle me suit partout comme le remords de ma faute... Je l'ai vue en France, où j'avais conduit lady Montrait)... je l'ai retrouvée en Italie .. Elle découvre ma trace avec une infernale adresse... Qui sait si elle ne sera pas demain à Galway?...
— C'est le noir chagrin d'Horace! murmura Crakenwell qui avait lu ses auteurs. — Si elle vient, je ne serai pas fâchée de la voir... En somme, elle et moi nous sommes deux puissances alliées.
— Vous vous mettriez donc avec elle contre moi? ditMontrath piteusement.
— Pure et simple hypothèse, milord... Tout ce qu'on pourrait dire, c'est que la chose n'est pas absolument impossible.
Montrait) tourna le dos et se prit à parcourir la chambre à grands pas.
Crakenwell gardait son attitude impassible.
Il suivait lord George d'un regard indifférent et ocupait son loisir a effiler les franges de l'ottomane.
Montrât!) étouffait — Il ouvrit brusquement la fenêtre pour donner à sa poitrine oppressée l'air frais de la nuit.
Le l'eu du cap Ranacli brûlait à deux cents pas
de lui , au sommet de la montagne , et mettait ses
lueurs sombres sur les grandes tours de Diarmid.
Celte vue fit diversion a rabattement du lord.
— Qu'est-ce là? deroanda-t-il en se rejetant vivement à l'intérieur de la chambre.
Crakemvell se leva et vint s'accouder à l'appui de la croisée.
Il regarda le feu durant quelques secondes sans mot dire.
— Cela, répliquat-t-il enfin, — c'est un signal qui m'appelle à Londres et m'avertit que les affaires de Votre Seigneurie sont dangereuses à manier par le temps qui court...
— Je ne vous comprends pas, Robin, dit Montrait
— Les balles vont vite , murmura l'intendant , — et quand ces diables de Molly-Maguires s'assemblent, on n'est jamais sûr de coucher dans son lit le lendemain.
— Ce serait un signal des ribbonmen?... balbutia Montrath.
Crakemvell fil un signe de tête affirmatif.
— Si près du château!...
— Voilà déjà trois ou quatre fois que je vois ce feu, répondit Crakenwell... Je pense bien qu'ils sont quelque part dans les grottes de la falaise... Milord, veuillez vous retirer; je crois prudent de fermer la fenêtre... les coquins visent juste, et que deviendrait mon aisance future s'ils allaient choisir pour cible Votre Seigneurie?
Crakemvell referma la croisée et alla reprendre sa place sur l'ottomane.
L'agitation de Montrath était revenue plus forte,
et il se promenait à pas précipités, en laissant échapper de confuses paroles.
— Encore un danger! murmuait-il. — Des menaces partout... partout... partout!
Il vint se mettre devant Crakenwell et croisa ses bras sur sa poitrine.
— Les Mae-Diarmid ne savent rien? dit-il. L'intendant haussa les épaules.
— Je n'ai jamais songé à m'informer de cela, répondit- il; — c'est une affaire entre eux et vous, milord.
— C'est que je me souviens de ces huit frères qui se dressèrent un matin, menaçants, devant mon réveil. Il y a autour de moi un cercle fatal, Robin... je n'en sortirai' pas.
— C'est mon avis, milord, répondit l'intendant froidement.
Montrath le regarda avec colère.
— Dieu me damne! s'écria-t-il tandis que le sang montait violemment à son visage, — je suis riche et je suis puissant... Prenez garde, maître Crakenwenll!... j'écraserai quelque jour cette poignée de misérables qui m'entoure et qui me fait peur.
— Essayez ! murmura l'intendant sans s'émouvo'r.
Montrath, en un mouvement de rage aveugle, fit un pas en avant et leva son poing terme.
Crakenwell ne bouga pas.
Montrath, au lieu de frapper, laissa retomber ses bras le long de ses flancs; son front se courba sous la conscience de sa détresse.
— Robin, dit-il d'un ton suppliant, — nous
avons été amis autrefois... ayez pitié d'un vieux compagnon... Cette femme à qui j'ai fait tant de mal sérail moins impitoyable que vous... elle me pardonnerait! Vous savez où elle est; dites-moi sa retraite.
Crakenwell cessa de jouer avec les franges de l'ottomane, et regarda le lord d'un air étonné.
— Ne savez-vous point où Mary Wood l'a conduite? demanda-l-il.
— Je sais, répondit le lord d'une voix basse et tremblante, qu'elle est enfermée vive dans une sorte de tombeau... Voilà tout.
Crakenwell eut un long et franc éclat de rire.
— Cette Mary est une femme de tète s'écriat-il. Eh bien! milord, je n'en sais pas plus long que vous... Elle est en France peut-être... peutêtre en Ecosse... ou bien encore, qui sait? Mary est bien capable de l'avoir caché dans Londres!...