‹ Quo vadis? (volume 2)Chapitre 7 sur 71 · Acte sourit tendrement · texte numérisé non relu

Acte sourit tendrement

— Alors tu vas probablement le voir au festin. Il faut que tu y assistes... Et d'abord, si tu veux rentrer dans la maison des Aulus, ce festin sera pour toi l'occasion de demander à Pétrone et à Vinicius qu'ils veuillent

bien intervenir dans ce sens. S'ils étaient ici, tous deux Rediraient ce que je dis moi-même: essayer de résisler serait lolie. Sans doute, César pourrait ne pas s'apercevoir de ton absence, mais s'il s'en apercevait, si la pensée lui venait que tu puisses avoir l'audace de l'opposer à sa volonté, il n'y aurait plus pour toi de salut possible. Viens, Lygie. Entends-tu ce bruit de voixdans le palais? Déjà le soleil descend surThorizon ; les invités vont bientôt arriver.

— Tu as raison. Acte, répondit Lygie. Je suivrai ton conseil .

Elle-même n'aurait pu déterminer exactement si le désir de voir Pétrone et Vinicius primait en elle la curiosité toute féminine de contempler une fois dans sa vie une pareille fête, d'y voir César, sa cour, la fameuse Poppée, d'autres beautés... et toute cette splendeur dont on faisait de tels récits!

Acte la conduisit alors vers son unctorium particulier afin de la frotter d'aromates et de l'habiller pour le festin; et, bien que la maison de César ne manquât pas d'esclaves féminines et qu'Acte en eût un certain nombre à son service personnel, elle décida, par sympathie pour cette fillette séduisante, de l'habiller de ses propres mains. Tout de suite il fut visible que la jeune femme, malgré sa gravité et malgré la lecture assidue des épîtres de Paul de Tarse, avait conservé beaucoup de l'ancienne âme hellène, pour qui rien n'est plus éloquent que la beauté du corps. Ayant dévêtu Lygie, elle ne put retenir un cri d'admiration à la vue <le - ses formes à la fois graciles et pleines, pétries de nacre perlide et de roses : un incomparable prtntemps s'offrait à ses yeux.

— Lygie, s'exclama-t-elle enfin, tu es cent fois i)lus belle que Poppée!

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KIcvrc «lans la maison d*' raiislcic Poiiipoiiia, oii la |)ii(i(MM' (Hail ob^crvrc iiK^me crjln» fVmincs, la jeune filN» restait là, harmonieuse comme le clianl, loiile rose «le pudeur, les genoux seirés, les d(Hix mains sur la g'orgc, ses yeux voilés d(» cils loyaux.

Soudain, elle leva les bras d'un geste hruscjue, enleva les épingles cpii maintenaient ses cheveux; d'un mouvement de tète, elle les libéra et s'en couvrit ainsi (juc d'une cape ondoyante.

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