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CHAPITRE VIII

Dans le petit jardin, Vinicius racontait à la jeune fille, avec des mots venant du cœur, ce qu’un instant auparavant il avait avoué aux apôtres ; le trouble de son âme, les transformations qu’elle avait subies, et enfin cette tristesse immense qui avait assombri sa vie depuis qu’il avait quitté la demeure de Myriam... Que béni fût l’instant où cette inspiration lui était venue, puisqu’il était maintenant près d’elle et qu’elle ne le fuirait plus.

« Ce n’est pas toi que je fuyais, dit Lygie.

— Pourquoi donc as-tu fui ? »

Elle leva sur lui ses yeux de pâle iris, puis, la tête baissée, répondit :

«Tu le sais... »

Suffoqué par l’excès du bonheur, Vinicius ne parvenait pas à lui exprimer clairement ce qu’il éprouvait. Aussi bien ne s’en rendait-il pas compte lui-même. Mais il sentait qu’avec elle faisait son apparition dans le monde une beauté nouvelle, point une statue seulement, mais une âme.

Puis, il lui prit la main, silencieux ; il la regardait avec ravissement, et il répétait son nom comme pour s’assurer qu’il l’avait retrouvée, qu’il était près d’elle.

« O Lygie ! Lygie ! »

Il finit par lui demander ce qui se passait dans son âme, et elle avoua qu’elle l’aimait déjà dans la maison des Aulus, et que si, du Palatin, il l’avait reconduite chez eux, elle lui aurait fait connaître son amour et aurait essayé d’apaiser leur colère.

« Lorsque Paul de Tarse m’aura enseigné votre vérité, dit Vinicius, je me ferai

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