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LES CAVALIERS NUMIDES DE LA GARDE PRÉTORIENNE PASSÈRENT. LES

baptiser et rentrerai à Rome : je regagnerai l’amitié des Aulus qui reviennent à la ville un de. ces jours, et il n’y aura plus d'obstacle. Alors j’irai te prendre et je t’installerai à mon foyer. O très chère ! très chère ! »

Lygie leva sur lui ses yeux rayonnants et répondit :

« Alors, je dirai : « Où tu seras, Caïus, je serai, Caïa. »

Us s’arrêtèrent sous un cyprès, à l’entrée de la chambre, Lygie s'appuya au tronc, tandis que Vinicius disait d’une voix tremblante !

(( Ordonne à Ursus d’aller chez les Aulus chercher tes meubles et tes jouets d’enfant et de les transporter chez moi. »

Et elle, rougissante comme une rose ou comme l’aurore, répondit :

« L’usage commande d'agir autrement...

— Je sais, c’est la pronuba qui les apporte ordinairement derrière la fiancée, mais fais cela pour moi. Je les emporterai dans ma villa d’Antium, et ils me parleront de toi. » Les mains jointes, il répétait :

» Pomponia va revenir un de ces jours.

Fais cela pour moi, divine, fais-le, très chère !

* — Que Pomponia fasse ce qu’elle vou-

POINTES DE LEURS LANCES BRILLAIENT COMME DES FLAMMES (p. 46)

dra », répliqua Lygie, rougissant plus encore à la pensée de la pronuba.

Mais Myriam se montra à la porte et les invita à venir partager le repas. Ils prirent place entre les apôtres qui les regardaient avec ravissement, voyant en eux la nouvellegénération qui, après leur mort, continuerait à semer le grain de leur doctrine.

Pierre rompit et bénit le pain ; sur toutes les figures s-e peignait la quiétude ; un bonheur immense emplissait la chambre.

« Vois donc, dit enfin Paul en se tournant du côté de Vinicius, si nous sommes les ennemis de la vie et de la joie... » Vinicius répondit :

« Jamais je n’ai été aussi heureux que parmi vous. »

Le soir même, rentré chez lui, Vinicius se rendit dans sa bibliothèque et écrivit à Lygie :

« Je veux qu’en ouvrant tes jolis yeux, ma divine, tu trouves un bonjour dans cette lettre. C'est pourquoi je t’écris ce soir, quoique je doive te voir demain. César part dans deux jours pour Antium, et moi, hélas! je suis obligé de l’accompagner. Je te l’ai déjà dit, désobéir serait exposer ma vie, 'et maintenant je n’aurais pas le courage de mourir. Pourtant, si tu ne veux pas que je parte, réponds un seul mot et

QVO V ADI S ?

je reste : affaire à Pétrone, alors, de détourner de moi le danger. En ce jour de joie, j’ai donné des récompenses à tous mes esclaves, et ceux qui ont servi chez moi pendant vingt ans iront demain chez le prêteur pour être affranchis. Toi, ma bienaimée, tu dois m’en complimenter, car il me semble que ce sera conforme à cette doctrine que tu professes ; je l’ai fait à cause de toi. Je leur dirai que c’est à toi qu’ils doivent la liberté, afin qu’ils célèbrent ton nom.

« Moi-même en revanche, je veux devenir l’esclave du bonheur, et ton esclave, et je souhaite ne jamais être affranchi. Maudit soit Antium, maudits les voyages d’Ahénobarbe ! Trois et quatre fois heureux encore de n’être pas aussi érudit que Pétrone, car alors je serais peut-être forcé d’aller on Achaïe. Mais ton souvenir adoucira pour moi les heures de séparation. Chaque fois que je pourrai me rendre libre, je sauterai à cheval et galoperai jusqu’à Rome, afin de délecter mes yeux de ta vue et mes oreilles de la douceur de ta voix. Quand il me sera impossible de venir, j’enverrai un esclave avec une Lettre et la mission de s’informer de toi.

« Je te salue, ma divine, et me jette à tes pieds. Ne te mets pas en colère si je t’appelle ma divine : si tu me l’interdis, je t’obéirai ; mais aujourd’hui je ne sais pas encore dire autrement. Je te salue du seuil de ta future demeure, je te salue de toute mon âme. »

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