ACTE DEUXIÈME
IfARÉCAT.
Pour les autriB, ça m'est égal!... C'est ennuyeux pour moi !.,,^'
(Il s'assied à gaache dans le fanteail, après s'être aasaré qoe U ebaise est trop dure.)
StÈNE VIII Les Précédents, CAUSSADE.
CAUSSADE, entrant Tifenent*
Ah! mais il m'agace, le zéphyr... il m'agace !.<• il touche à tout... il se mêle de tout I... Il se croit en Afrique; il démolit son lit pour en faire une tente I... Il veut faire son café à Torientale, et il met le feu à la cuisine I II va à mes bassins de pisciculture I... des essais admirables!... il soulève la claie, et voilà tous mes gros poissons qui mangent mes petits!... Et puis il me tutoie I... C'est une rage!... J'ai beau lui dire vous!,,. Je t'en moque I... tu, toi, ton,^ta, tes.,. Il a un avantage énorme sur moi«I il sait mon nom^ et je ne peux pas venir & bout de savoir le sl^n 1
THOLOSAIV.
Pas encore?
(Il reste près da piano et obserrt la Mène à réotrt.) CADSSADB*.
Mais nonl l'animall Ahl Et puis, à propos d'animall... tous les désagréments, ce matin! Un coquin de renard qui depuis trois jours ravage mon poulailler et mon verger... et qui m'a fait cette nuit un dégât I...
MARÉCÂT.
S'il pouvait tuer les coqsl
CAUSSADE, nanU
Ahî les coqs t'ont réveillé, toi.
MABÉCAT, grogiu».
^h! c'est très-drôle!...
CAUSSADE, allant à Vigdlax. Gaiement.
Eh bieni Mes gaillards, l'avez-vous visitée, cette campagne, dans l'herbe et la rosée? Est-ce assez joli, hein?
* Tholosan appuyé sur le piano, Maréoftt dans le fauteuil, Gaussade deboBt« Dtadame 'Vigneux dans le fauteuil.
Ad NOS INTIMES!
VlGlfKUX, debout, feaillebot
Oui ! ce n*cât pas mal ; mais ça manque d*horizoD t
MADAME YIGNEUX; un livre à la main.
Et puis, je crois que c'est un peu humide I
CAUSSADEf déconcerté.
Humide K..
MAKÉCAT, *
Parbleu I il n*y a qu'à sentir les cousins !..•
VIGNEUX.
Damel... le voisinage des étangs!
CAUSSADS.
Mais je ne vois pas...
VIGNEDX.
Ahl bien! tu verras plus tard!
MABÉCAT.
Quand tu seras perclus de rhumatismes I
CAUSSADE, mqmH,
Je serai perclus ?. . . ^
MADAME VIGNEUX.
11 n'y a rien de dangereux conmie ces maisons qui sont près d^Teau!
HARÊCAT.
Moi, je sais bien que je n'habiterais pas ici, quand on me payerait l
VI6NECX»
Et puis, dites donc, monsieur Marécat, cette fraîcheur sur les yeux!
MADAME VIGNEUX.
Et les fièvres!
MAR^CAT
Et les fièvres l J'ai connu quelqu'un qui n'a jamais pu s'en défaire : il habitait comme cela près d'un étang l... Je crois môme que c'était à Ville-d'Avray... Je ne sais môme pas si ce n'était pas de ce côté-ci!..^
CAUSSADE} effinyé.
Eh bien?...
MARÉCAT, se levant.
Eh bien! il est mort!... empoisonné!... C'était un véritable empoisonnement!
ÀCtE DEUXIÈME. $d
CAUSSADE, effrayé.
Mes enfants, pas un mot de plus, vous me faites tourner le cœur. Esi'ii possible que ma maison soit si mortelle que ça... mon Dieu*?.i.
YIGNEUX, descendant i Tafant-Bcène.
Et puis, est-ce que c*est ton affaire, celte campagne-là! Estce que ce n'est pas trop beau pour toi?
CAUSSÂDB.
Comment !..• trop beau 1
MADAME VIGNEUX.
Mais c'est la propriété d'un grand seigneur, monsieur Gsfussaderf:..
VIGNEUX,
Ou d'un {^rtisle !
MARÉCAT
. Enfin, de quelqu'un qui représente! Tandis que toi, qu'est* ce que lu représentes ?
CAUSSADB.
Mais je représente...
VIGNEUX.
Enfin, lu ne peux pas te faire illusion I
MARÉCAT
Tu n'as pas la prélention d'être un homme distingué I
.. VIGNEUX.
Tu sais bien ce que tu yaux?
MARÉCAT
Mais ille sait bien...
VIGNEUX.
Si tu n'étais pas notre ami, je ne te dirais pas çal
MADAME VIGNEUX.
Mais on ne se gône pas avec ses amis!..*
On leur doit la vérité crue 1
(Us l-entonrent.) VIGNEUX.
E'r> Mcnl franchement, tu fais nn€ drôle de mine là-dedausl
MADAME VIGNEUX.
Vrai ! vous n'avez pas l'air d'être chez vous!
MARÉr \T,
11 a l'air de son jardinier!
r, m , VJGNECX.
Ça fait mauvais effet!
^ - . MARÉCAT
Ça fait crier I
MADAME VIGNEUX, se lerant et lenant à Caumde.
On VOUS disculel... Çn dit : « Qu»est-ce qu'il a donc fait, ce M. Caussade, pour avoir une si belle maison? »
VIGNEDX, appuyé co.iitr« la table.
Quand des gens qui valent bien mieux que lui n'ont pas seulement un pauvre petit coin ! ^ i* ^u
MARÉCAT
Ou bien : « Il n'est pas assez intelligent! •
VI6NEUX/se rapprochant de Caussade*
Ni assez habile I
MADAME VIGNEDX.
Ni assez fort I
. . CAUSSADE, protefUsl*
Mais... mais... 1
MARÉCAT, continuant.
Pour avoir gagné tout ça honnêtement!
CAUSSADE, se gendarmanl. |
Gomment ! comment !... j
VIGNEDX.
Mais voilà ce qu'on dit !...
CAUSSADE
Mais c*est fauxl
C'est faux 1 On n'en sait rien I *
CAUSSADE, ahuri. «^
Mais sapristi! Mes enfants, tout à l'heure, vous m'empofsonJ v niez; maintenant, vous m'envoyez aux galères!... j ^
VIGNEDX. j ^j*^
Enfin ! Tu nous demandes notre avis, nous te le donnons î..i lu,
(Il tend la main à Caussade.) ' j JP( MARÉCAT, tendant la main et serrant celle de Tigneux.
En amis!
(Ils remontent.)
CAUSSADE
Merci !... Me voilà dégoûté de ma maison, maintenant!
• Tholosan an piano, Uarécat, Vignenx, maaame Vigneux, Caussade.
ni