ACTE DEUXIEME
THOLOSAN, tnnquUlemenU
Il y avait une fois à Ispahanun rat qui donnait la clef de soa cœur à tout le monde^ et qui avait tant d'amis, tant d'aïuis.,* qu'il n'en avait pas un. (a cauuade.) Où donc est Maurice ?
CAUSSADE
Je n'en sais rienl... Il se promène avec ma femme !
(Il passe à gauche.) THOLOSAN, & part.
Ah I bien I àht bon! Il fallait donc le dire tout de suite!
(Il remonte prendre sa canne et son chapeau.) UARÉCAT, àCaasMde.
^ Qu'est-ce qu'il veut dire avec son ratî
VIGNEUX, descendant.
Monsieur dénigre les amis... J'en connais pourtant d'assez beaux modèles!...
THOLOSAN^ descendant atec sa canne «t son chapeau et le regardant sous le nés.
Où ça?
(II se tronve entre Varécat et Vigneux.) MABÉCAT, i lui-même.
Ah ! mais il est désagréable, cet homme-là !
VIGNEUX.
Je ne sais si j'ai la vue meilleure que monsieur, mais, pour mapart,jene vois partout que gens faisant commerce d'ainilié.
THOLOSAN.
Commerce I... Ah I parbleu!... commerce; oui!... On se voit une fois : « Monsieur 1... » Deux fois : t Mon cher!... » Trois fois : « Mon vieux!... » Un Siamois qui tomberait sur le boulejon- 'varl et qui nous prendrait au mot, se dirait : « Quelle bénédiction 1 Ces Parisiens sont tous unis par les liens d'une allec-
tion indissoluble !.<. (Faisant le geslc de distribuer des poignées do inaiii autour de
jl^^j lui.) Mon ami!... Bon ami!... Cher amil... Tendre ami!... Et des
•" poignées de main!... devant... dorriLTC... et je te secoue!... et
j^ e te démanche!... et je te serre la ni-iin 1... Comme je te ser-
*» ^rai^ le cou!... Il est vrai qu'elle ett pleine de houe cl d*ar-
j j^înt Yoléî... Raison de plus pour la secouer!... C'est ie mo^en
.! qu'il en lombs quelque chose !
\ CAUSSADE
Nais enfin, docteur, vous élcs bien sévère l Tou» ics amis nd f •- ressemblent pas!... et...
* GaussaJ'}, Vigucux, Tholosai), lilarécat, madame Yigneox.
Il NOS INTIMES!
TUOLOSAN.
Comment donc! Mais il y en a de toutes les couleurs!..^ â C'est la classe la plus féconde en variétés bizarres. Nous avons ^ rami despote qui nous fait faire ses commissions ;... Vonn qU' rituel qui fait des mots à nos dépens;... l'ami indiscret\ qui i aconte aux hommes nos petites faiblesses, et aux dames nos petites infirmités l., Fami gêné, qui est encore bien plus gênant;... Tami parasite qui nous mange;... l'ami spéculateur qui nous gruge;... enfin, mille espèces d'amis dont le dénombrement serait éternel, depuis celui qui nous emprunte nos livres..., qu'il ne nous rend pas..,, jusqu'à celui qui nous emprunte nolro femme... .• qu'il nous ren'.î...
<^ MâBÉCAT, arec sentimeaU
Et Tami sincère, monsieur?
VIGNEUX.
L'ami dévoué?
IIA&ÉCAT.
Vous ne l'avez jamais vu?
THOLOSAN.
Sil
mabécât.
Ah!
THOLOSAN.
Mais pas ici I
VAIléCAT, avee triomphe «Tabord, paie te rAprenmt*
J'en ai môme connu deux... deux véritables I... Et vous pourrez apprécier les caractères qui les distinguent des autres. A quinze ans, le plus âgé tirait l'autre d'un canal où il se noyait! A vingt ans, le plus jeune se battait à la place de l'aîné I Uii an plus tard, aimant la môme femme, ils s'engageaient tous deux, en secret, par un sacrifice mutuel; et ne se retrouvaient qifB sur le champ de bataille^pour enlever un canûn à l'cnneiui ot se disputera qui céderait à l'autre ^honneu^ de l'avoir pris. Enfin, le plus jeune mourait, laissant un tils orphelin; et :^on nmi emportait le pauvre petit ôtre dans ses bras, ot réle\c-5it de manière à lui prouver que l'on n'a pas besoin d'être le fiîs d'un homme pour être son enfant. Et j'en parle savanmient, messieurs, car cet orphelin, c'était moi!... Voilà pcul-ôlre ce qui m'a rendu si dirôcilo en fait d'amitié : c*est que mes deux pères m'ont gdtél
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