‹ RabagasChapitre 23 sur 358 · ACTE PREMIER. Î · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. Î

LE PRINCE

Je VOUS le dis !

EVA

Mais la priDcipauté, voyons, c^est intéressant, cela, une principauté à conduire ?

LE PRINCE

Ah! que l'on voit bien que vous débarquez!...

EVA

Quoi! ce paradis sous les oranjgersf...

LE PRINCE

...Et que vous ne connaissez pas le pays où fleurît l'oranger! — Tenez, ne parlons pas politique...

EVA

Mais, au contraire, parlons-en ! — C'est donc si compliqué que cela, le gouvernement de Monaco?

LE PftlNCE.

Oh! c'est d'une simplicité, au coutraîrel... Ni ministère, ni chambre! Toute l'administration civile et militaire dans les mains d'un gouverneur, chef de cabinet et cabinet lui-même. -- Et au-des8Uii de lui, moi!... C'est-à-dire un malheureus petit âouveraio^ apiaii entre deux gros voisins, qui o^liésiteot que sur la ^uce à laquelle ils dévoreroat mes États... mais aussi garaoii pajr cetto gloutonnerie mutuelle, qui ae neutralise...

Bon !

LE PKTNCE.

...Seulement, forcé par -le traité de 4817 à tolérer une garnison sarde à Menton... laquelle me protège!...

EVA

Eh bien?...

LE PRINCE

Jusqu'à la première émeute qu'elle appuiera...

ÉVA

Fi donc !

LE PRINCE

Voilà tout! — Ceci établi, vous allez voir! — Je succède à mon frère Honoré V, et j'arrive ici, tout farci d'idées de liberté, de progrès, de réformes ! T.

EVA

Oui!

LE PRINCE

Et je commence par les monacos! Vous n^étes pas sans avoir entendu parler des monacos f

EVA

Les sous!

Les sous !

EVA

Mais oui, quand j'étais toute petite, on n'en voulait déjà plus !

LE PRINCE

C'est bien ça I Et notez que ces sous-là valaient tous les autres. Mais les Français sont de terribles gens. L<) premier à qui l'on en propose éclate de rire. Le reste fait chorus... Et voilà tous nos sous qui nous rentrent, avec une vague odeur de fauste monnaie! — Or, vous comprenez qu'un bruit pareil I

EVA

Oui, cela ne pose pas très-bien une dynastie.

^ ^ LE PRINCE

Je supprime donc les monacos! le monopole dupain^ et«., etc. Bref, je réforme, je perfectionne, j'épure! — On grogne!

EVA

Naturellement!

LE PRINCE

Mais je tiens bon! — Arrive la malheureuse affaire de^ olives! y

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