DEUXIEME PARTIE
Uriel à Donie
« Je suis Privat-Doucet à l'Université.
Et mon nom est souvent dans la presse cité.
J'enseigne la Cabale et la philosophie,
Que la vieille science ignore et falsifie.
D'un grand hébralsant, je suis le successeur.
Et de plus, du français un privé professeur.
De nombreux auditeurs accourent pour m'entendre ;
Quoique pour leurs savants, je ne sois guète tendre^
Dans les livres sacrés, je marche pas à pas,
J'en prends les textes faux et les expulse en tas.
En groupes orageux se partage la foule.
On dirait une mer avec tempête et houle.
Applaudi par les uns, et d'autres me blâmant,
En disant que j'étais, ce qu'est au fer l'aimant ;
Un fauteur de hardis révolutionnaires.
Mais leurs cris sont couverts par des voix de tonnerres.
Moi, je reste debout, sans bouger d'un empan.
Au milieu des bravos, mêlés de cris de paon.
Les uns criant : «Très bien! » «Les autres: Anathème! »
Mais j'ai de grands amis et la jeunesse m'aime.
Et ces amis triés, instruits et valeureux.
Vaincront mes ennemis ignares et nombreux.
Cette lettre, j'espère, à ma mère envoyée,
Parviendra jusqu'à toi, sans être déployée.
J'ose donc te parler, t'écrire à cœur ouvert,
Comme si nous étions tout seuls, sur le pré vert.
Faut-il te répéter, tu le sais, ma Donie,
Que sans te voir, ma vie est une Apre agonie.
Que tout ce que je pense et fais, ceci, cela.
Je m'écrie et me dis : « Si Donie était là ! »
Je te dirai plus tard mon Odyssée unique,
A Mayence, tombeau de mon froc rabbinique.
Ainsi que mes dangers, mes troubles, mes ennuis.
Quand, par Dieu nous serons, de nouveau réunis.
C'est cet unique espoir, qui jour et nuit m'agite.
Chaque goutte de sang dans mon cœur en palpite.
J'aimerais cent fois mieux être mort ou perclus,
Que me dire un seul jour : « Tu ne la verras plus ! » Pour le corps j'ai changé. Debout, à la tribune, On me donne trente ans, grâce à ma barbe brune. Plus d'un adolescent, en suivant ma leçon.
Me demande mon âge et me croit vieux garçon.
Ma Donie, apprends donc que plutôt que d'attendre, De la prescription le temps de te reprendre, Je secouerai le ciel de mon verbe ouragan, Ou, héros de Schiller, je me ferai brigand !
Apprends encore, avant que la nouvelle lune, Reparaisse au couvent de la vieille commune, Où Ton détient ton corps, sur parole et serment. Nous serons de nouveau libres. Voici comment : A côté du couvent, ou près du voisinage. Se trouve une chapelle au grand pèlerinage.
Cinq, six amis et moi, nous passerons le Rhin, Armés et déguisés, chacun en pèlerin.
Tu viendras prier, en pieuse pénitente Devant la Sainte Vierge. Et qu'il pleuve, ou qu'il vente, Des chevaux seront prêts, pour partir au galop. Et dans un bac du Rhin nous traverserons l'eau. Nos pistolets armés, nos tranchantes épées.
Tueront les poursuivants, comme autant de poupées. Sans bijoux, sans argent, nul matériel bien, Tu m'auras, je t'aurai ! Le reste n'est plus rien !
Post Scriptum
En plein jour, sans éclair, un subit coup de foudre, Me frappe la poitrine et la réduit en poudre.
Un billet de ma mère, écrit sous des douleurs, Dont chaque mot est plein de traces de ses pleurs, Me dit en allemand : « Donie a pris le voile ! Elle renonce à toi ! » De nuit mon œil se voile.
Un vertige me prend, je tombe évanoui
Je m'entends appeler la Mort. Elle vient. Oui ! Une ombre en vieille Parque ; une ombre toute nue. Oh ! viens me délivrer, et sois la bienvenue. »
Deux Mois plus tard
« Entre une morte vie et la vivante mort,
Flotte ton Uriel, à toi jadis et fort.
Depuis que par sa mère il apprit la nouvelle,
Que tu n'es plus sa femme, et que nonne on t'appelle.
Mais il ne voudrait pas avaler ce poison.
Avant d'avoir appris la suprême raison
De ta décision, qui doit être majeure.
Pour ton âme si noble et si supérieure.
Et quelle qu'elle soit, t'ayant donné sa' foi.
Il n'aura plus jamais d'autre femme que toi !
Si de haine pour tout autre amour de ta vie,
Tu t'es aux chastes lois du couvent asservie ;
A mon tour, en prenant Tordre du sacrement,
De n'avoir plus d'amour, je ferai le serment.
KABBIN ET NONNK 123
Loin d'être pour mon cœur, l'ombre d'un sacrifice, Ce ne sera pour moi, qu'un voile que je tisse, Pour te vouer ma vie et ma fidélité, Sur la terre, ici bas, et dans Tétemité ! »
Donie à Uriel
« Ta mère m'a fait lire en cachette ta lettre. Mathis apportera la présente à mon maître.
Car ma Supérieure et moi, du même avis, Nous savons qu'un billet, sur lequel j'écrivis Ton adresse et ton nom, fut, comment? on l'ignore. Intercepté. Je crois que la nuit et l'aurore. S'espionnent ici, se touchant de trop près.
Mathis dorénavant, nous servira d'exprès, Pour l'apporter ma lettre et recevoir la tienne. Oui, je suis devenue une nonne chrétienne !
Comme on te l'avait dit mais provisoirement.
Je puis me dégager de mon secret serment.
Mais on ne t'a pas dit, que j'allais être mère. Et que notre union, sans la griffe du maire, Mon enfant baptisé, qu'il fût fille ou garçon. N'eût été qu'un bâtard, né derrière un buisson. Or, .ma Supérieure, ayant perdu sa fille, Adopta mon enfant, comme étant sa pupille.
Puis, par un rabbin juif, montrant notre contrat, La fit baptiser juive, avec grand apparat.
Et ta jolie enfant, légitime bambine,
Est chez une nourrice, aux soins de la rabbine.
Je lis ton Post-scriptum^des larmes plein les yeux.
L'àme toute angoissée et le cœur soucieux.
Les bonheurs du passé, de nos amours les charmes,
S'inondent et se noient dans une mer de larmes.
Ces brisements de cœur, dont je sens les tressants,
Sont d'autant plus cuisants, dans chacun des morceaux.
Mais comment m'as-tu crue à jamais une nonne.
Rompant notre hyménée, en dévote et félonne ?
Avant de t'expliquer la cause et les effets,
(Ta mère t'ayant dit, du jugement les faits.)
Je te défends, au nom de notre foi commune.
Sous aucune raison de cœur, ni de fortune.
De devenir un prêtre, un cadavre ambulant,
Qui se ment à lui-même, et que l'on voit parlant,
Pour faire de tout homme, un combattant aveugle,
Qui contre tout voyant, furieux, frappe et beugle ;
Et dont la vérité, par un subtil mentir,
Dit, que pour être un homme, il faudra s'abêtir.
Au couvent on m'a lu les lettres d'Héloïse A son cher Abélard ; une femme incomprise.
J'ai la conviction, que son oncle Fulbert, Était amoureux d'elle (un vieillard encore vert.) Et ce fut pour creuser un incomblable -abîme. Qu'elle voulut l'enfant, fût-il illégitime !
L'action qu'il commit est celle d'un rival.
Et non d'un prêtre, pour un crime conjugal.
De plus — les connais-tu ? — j'ai lu, bien qu'en cachette, Et traduits de l'anglais, les amours de Juliette. J'ai frissonné dans l'âme, et je frissonne encor. Lui ressemblant, j'ai peur de partager son sort.
En ma Supérieure et d'une haute sphère, Je trouve une âme d'ange, une seconde mère.
Et j'ai pris son habit pour paraître sa sœur. Je suis libre comme elle. Elle vit dans mon cœur. Mais^ hélas ! rien ne dure. Elle est malade et vieille. Et plus elle faiblit, plus près on me surveille. Ah ! si l'amour pouvait céder à l'amitié.
Je l'aurais étoufFé, sans merci, ni pitié !
Mais je sens dans mon cœur, que de Dieu, le poème De sa grandeur, est en la femme que l'homme aime. Que l'amour est le but de la création ; Que pour Dieu ce bonheur est une ovation.
Qu'il ne se sent pas Dieu, quand il éclaire et tonne; Mais qu'en tout amour d'homme , il tressaille et frissonne. Ici l'on me respecte, au moins on fait semblant. L'évêque et la maison, de douceurs me comblant. Ma sœur Supérieure et moi, dans ton village.
Nous comptons bientôt faire ensemble un court voyage. Mon père, j'apprends, vient de démissionner.
Il ne veut dénoncer, ni faire espionner.
A lui ma Sœur-mère offre un trésor. C'est ta fille. En outre, elle veut voir ta mère et la famille. Oh ! ces bons villageois ! Et seront-ils contents ! De voir Donie en nonne ! Adieu, les prétendants ! »
Plus tard
« Pour voir Mathis, il faut la croix et la bannière.
Bien vite il deviendrait suspect à la tourière.
Avec des bateliers il descendra le Rhin.
Le reste de la route, il est bon fantassin.
Nous étions au village, à la moisson d'avoine.
On dit avec raison que Thabit fait le moine.
La foule devant moi, saluait, s'inclinait,
Comme si l'Esprit saint calculait, combinait
Dans mon cerveau voilé, resplendissant d'un nimbe,
La paix du monde entier, de peur qu'il ne regimbe !.
Lui, qui jamais ne bouge, à plat-ventre partout;
Lui, qui ne saurait choir, n'étant jamais debout.
Fidèle stupéfait, d'abord, sautait de joie.
Puis, déchirant ma robe, il s'en fit une proie.
Mais mon pie étalon, en me voyant venir,
Piaffait du pied droit et se mit à hennir.
C'est une bête humaine, intelligente et tendre.
Et mon père a promis de ne jamais le vendre.
Mon père se fait vieux. Ses champs sont afiermés.
Son or et son argent, sous clé, bien enfermés.
Mathis est son gérant. Maman sa conseillère.
Ta fille sera riche, étant son héritière I
Et maintenant à toi, mon chéri, mon amant!
Je préfère ce mot, il est plus enflammant.
La flamme de mon cœur, allume tout mon être.
Et le fait flamber, comme un feu de bois de hêtre.
Dans mon rêve, l'amour étend vers toi mes vœux ;
Et brûlant, te ramène entre mes bras nerveux.
Ne crois pas un instant que je sois patiente ;
Que, comme un héros grec, je boude sous ma tente.
Ma couche dans la nuit s'humecte de mes pleurs.
Plus d'éclat au soleil ! Et plus d'arôme aux fleurs !
Si l'air ne séchait pas les pleurs que l'homme verse.
Il faudrait pour sa chambre un esquif de traverse !
Sous mes seins comprimés, dans mon corps enchaîné,
Tempête un tourbillon d'ouragan réfréné.
A ma Supérieure, en amour ma complice.
Je puis heureusement parler de ce supplice.
Et quand elle me dit : « Oublions tout cela, »
Je me dis, à mon tour : « Si Riel était là ! »
Je ne puis m'arrêter. Des flots d'amour rapides
Sourdent de mon cœur, en bouillonnements limpides.
Cascadant, s'enfuyant, en bonds torrentueux,
Murés par une digue, et refluant boueux.
S'il est vrai que le Tout fût créé par le Verbe,
Le Verbe a bien perdu de sa force superbe.
A peine le cerveau couve-t-il une idée.
Dès que la phrase éclôt, elle est déjà ridée.
Je trouve mille mots, pour flétrir ou blâmer.
Mais l'éloge ou Tamour, si je veux l'exprimer,
Je suis bientôt au bout de mon vocabulaire.
La même édition et le même exemplaire.
Il me semble pourtant que je ne t'ai rien dit
De mon nouvel amour; amour tout inédit.
128 RÂBBlN BT NONNE
De mes rêves dorés d'avenir qui me hantent ;
Des harpes plein le ciel, et des anges qui chantent.
Nous étions en manteaux de pourpre sous un dais;
Une couronne d'or sur mes cheveux de jais.
Un prêtre en dalmatique , en franges d'or crépines,
Toucha mon diadème et l'entoura d'épines.
D'un bond je le repousse. 11 recule d'effroi.
Un ange nous bénit, couronné comme un roi.
Le temple se remplit d'un essaim d'hirondelles.
Dans les bras l'un de l'autre, il nous pousse des ailes.
Le sol tremble sous nous ; sur nous le ciel se fend.
Dans l'ange je crois voir les traits de mon enfant.
Puis, tout à coup la mer; des nuages, des brumes...
Je m'éveille. Et dans l'air, tous deux nous disparûmes.
Pendant que je t'écris, je suis dans l'au-delà ; Au-delà de la vie et de son faux éclat.
Je suis un, je suis deux; mon être se dédouble. Je repousse, du pied, le réel qui me trouble. Je m'élance avec toi, dans un monde idéal, D'ineffables bonheurs de l'amour conjugal, Dans la sphère d'élus, d'éther pur et limpide. (0\3L nous trouvâmes plus d'une cellule vide.) Aussi je ne pourrai, ni ne veux te quitter.
Comme le peuple dit : « Cher! je vais profiter, De cette occasion pour l'écrire et te dire.
Que je me porte bien et que tu pourras lire Ma lettre en même état. » 11 me reste un secret A te communiquer, de mon cœur un arrêt
Irrévocable. Et c'est un antique, ancien thème,
Mais dont l'air est toujours neuf. Le voici : Je t'aime.
Je suis anéantie. En toi seul je me sens.
Mon cœur bat dans ton cœur, mon sang coule en ton sang.
Apollon descendrait du haut de FEmpyrée,
Pour me dire « Je t'aime et sois ma préférée ! »
Je lui dirais : Remonte, à tire-d'aile, au ciel!
Annonce aux dieux ma mort. Ma vie est en Riel !
La chaîne de bonheurs, dans la femme entramée.
C'est d'être d'un époux, l'épouse bien aimée ! »
Post Scriptum
« Renonce à tout projet de prompt enlèvement.
C'est moi qui te dirai le propice moment.
Tant que vivra ma Sœur, hélas ! temps trop rapide.
Je reste sous son aile, à la fois mon égide.
Grâce à sa volonté, ta mère a pu me voir.
Ta lettre avait passé par le cabinet noir. »
Uriel à Donie
« Pour les Chrétiens, il faut, pour avoir du génie, Courbé devant leur Dieu, leur tenir compagnie. Nombre d'eux me croyaient un rabbin tonsuré.
Criant : « Êtes- vous Juif? Avez-vous abjuré? Un savant juif ne doit pas enseigner en chaire. »
Je disais au plus fort rageur protestataire :
« Va devant ton Dieu, lui dire ton chapelet!
Je suis Juif, mais mon Dieu ne Test pas ! Le tien Test! »
« Mort au Juif, fils maudit des triples hérétiques ! »
Hurlait-on, brandissant des gourdins et des triques.
Je leur criai : Chrétiens ! Venez m'assassiner !
Mais vous ne verrez pas ma tête s'incliner,
Devant un Homme-Dieu, devant un Dieu fait homme!
Qui, quel qu'en soit son nom, n'est qu'une idole en somme.
Si Dieu ne fut toujours, ni n'est ce qu'il sera,
C'est un Jupiter, né de saint Paul ou d'Esra !
De la création, la force créatrice,
Il n'est que l'absolue éternelle Justice !
Entre chrétien et juif, celui-ci, celui-là.
Tu le vois, c'est tomber de Charybde en Scylla.
Et comme l'incrédule est partout un athée,
La vérité s'ignore, inerte ou ligottée.
Mais pour ressusciter, il faut d'abord mourir.
Pour germer et fleurir, sous terre il faut pourrir.
Les récolteurs ne sont pas toujours ceux qui sèment.
Rarement le bonheur échoit à ceux qui s'aiment.
Et souvent, quand le jour de l'obscure nuit sort,
Le coq qui Ta chanté, depuis longtemps est mort.
Dans la précocité de nos corps et nos âmes.
Dorment des éléments, des futurs divins drames;
Car, comme le soleil, endurcissant le mou,
Et mollissant le dur, Dieu concentre et dissout.
Ils peuvent triompher, les poètes du doute,
En abattant des choux, qu'ils trouvent sur leur route.
Mais des bardes divins, le verbe essentiel, N'a pas d'autres combats, que les combats du ciel! Et nos corps disparus, nos âmes sans mélanges, Renaîtront pour combattre, en vaillantes phalanges! »
« A peine révoqué, libre comme Tair froid, On me fit pour chanter des promesses de roi.
D'une société de chant choral fermée, Parle recteur lui-même, ayant été formée, J'étais l'enfant gâté, pour ma voix de ténor. (J'aime beaucoup la flûte et j'y suis assez fort.) On voulait m'engager à monter sur la scène.
Me promettant la gloire avec la bourse pleine ; A boire du Champagne, à la place de l'eau.
J'avais chanté Joseph^ je chantais Othello^ De ma voix de poitrine, à gorge déployée.
Mais au fond je trouvais mon âme dévojée.
Ces brutes, qui voulaient me jeter dans le feu, Quand j'élevais l'esprit et leurs âmes à Dieu, ' Allaient me combler d'or, et me couvrir d'encens. Quand mon gosier flattait les vices de leurs sens. Je leur disais : « Je fais mon miel comme l'abeille. Mais puisque pour mon verbe, on se bouche l'oreille, AuUeu, de mes chants doux, l'ouvrir pour l'enchanter. J'aime mieux, en criant, vous la faire tinter. »
« On vint encor m'offrir une riche héritière. Pour prêcher l'Évangile, éclairant sa lumière. Mais on extrairait l'or de tous les grands esprits;
132 RABBIN ET NONNB
On couperait Terreur en mille et mille écrits,
Jamais la vérité ne jaillit d'un mensonge!
Dieu ne se raccourcit pas, ni ne se prolonge.
Il fut ce qu'il sera! La Loi! Rien que la Loi!
La Justice absolue ! 11 n'a pas d'autre emploi !
Et cette Justice est son autonome Essence,
Qui s'exerce sur l'homme, au jour de sa naissance.
Quand Dieu se crée im être à son divin concert,
11 lui prépare aussi la table et le couvert.
Lessing, un grand poète et de plus, un grand homme,
A sur son portefeuille, inscrit cet axiome.
« 11 ne faut pas falloir ! 11 ne faut que vouloir ;
Identique au pouvoir et selon son devoir ! »
Sans toi, je ne puis vivre et j'ai la mort dans Fàme. Ces derniers flamboiements vont éteindre ma flamme. Je n'ai plus qu'un désir, — le reste est du fatras. — Embrasser ma Donie et mourir dans ses bras!
Un prêtre américain m'enseigne son idiome.
Contre une heure d'hébreu dans le Deiitéronome. Nous faisons, tous les deux, des progrès mutuels. Dans l'espoir de quitter tous ces pays cruels ; Fils de bourreaux, ayant pour le salut de l'àme, Fait passer le corps par la torture et la flamme, Pour une autre contrée, où sur un libre sol, Scruter une pensée, est un abject viol ; Tu seras enchantée et contente d'entendre.
Que j'en apprends assez, pour m'y faire comprendre.
RABBIN BT NONNE 133
Ce jour libérateur, je l'attends plein d'émoi. Je ne vis pas ici. Le sol tremble sous moi.
Mieux vaut cent fois mourir que vivre solitaire, Sans liberté, sans gloire, et sans amour sur terre! »