i liberté
^i,. Ses contorsions et ses grimaces, ses folâ- ^p^
^d treries grossières et ses spirituelles joyeusetés 3-^.
^*-^< ne furent que les ingrédients et l'assaisonne- .'j^
•>^'-" ment nécessaires pour faire passer et avaler -^^^^
*^ ses fines drogues, des artifices ingénieux pour -^
^.t donner le change à la persécution qui guettait 'i^
*^ la libre-pensée afin de l'étrangler. ' y*
'^ Gomme philosophe, le sceptique et railleur "V
y. maître François fut le précurseur de cet autre i].
^i, grand Tourangeau, Descartes, qui fit table rase ^^
^^i,. dans son esprit pour y installer le doute phi- .,:^
^^)i. losophique, puis cette première certitude que ^
♦&« lui fournissaient son expérience et sa raison : -k^.
•*(**• GOGITO, ERGO SUM ; Je PENSE, DONC JE SUIS. -^^
"^ Montaigne, Molière, La Fontaine, Voltaire, 'o"*"
: qui par moments l'a méconnu, notre Paul- •'*
: Louis Courier, ont eu parmi leurs ancêtres i
f^ Rabelais, qui fut un des pères de notre idiome, J^
^'^ de cette belle langue française, qu'il dota de la j^^
^^ souplesse, de la finesse, de la clarté et de ,;^^
*^+ toutes les grâces de notre pur dialecte ligérien. +^<.
•>•+ Mais, ce qui me paraît le plus admirable +^
*?• dans l'œuvre de notre illustre compatriote, •'3<*
*.■'■ c'est qu'il a pressenti et tracé les linéaments de *i^
♦;-C; f p cp rp i-ri 1 1 V -r . . rî <• i^ • +i ' i'^ • 1-^ • +^
,é,, DISCOURS DE M. RIVIÈRE 7 ^'-^^
notre éducation républicaine, qui doit tendre J
...,, à la fois au développement des forces intellec- ,^^
^,\ tuelles et des forces physiques. .|<.
+i. Bien que nos enfants et nos jeunes gens ne ^^^
•^'^ soient pas des fils de rois, des héritiers du sire '^,"*>
^^ de Grandgousier et de la reine Gargamelle, t;>
•>^?- tous sont les fils bien-aimés de la République, "^^
*;."^ de cette noble mère-patrie, la France, et tous '•J*'
'^''' ont droit à un enseignement qui fortifie l'esprit , :'
,: et le corps, en alternant les exercices gymnas- ^j
^ tiques et les travaux manuels avec la culture ^.^
^(i de l'intelligence. S'il n'est plus de notre temps ;^.j.
^^ de montrer l'art de la chevalerie, comme l'in- +^.>
^ stituteur Ponocrates l'enseignait au jeune Gar- -^^
•o»^}- gantua et à son compagnon, ce jeune gentil- ^'^
<'^ homme de Touraine, nommé Gymnaste, — à "^
^* toute notre jeunesse qui doit payer sa dette du '^'^
service militaire , ne convient-il pas d'ap- j] prendre, de bonne heure, l'art d'être soldat?
^|__ Lutter, courir, sauter, nager en profonde ^^
eau, se livrer à toutes sortes d'exercices gym- ^^
nastiques, s'esbaudir à chanter musicalement, .-^^
^ manier la pioche, la bêche, la tranche, s'es- -^^^
♦f+ battre à botteler le foin, à fendre et à scier du -^^
♦^?' boys, à battre les gerbes en la grange, appren- "^."^
*h'* dre et considérer l'industrie et l'invention des "V^ ^'''' métiers, en même temps que les lettres, les
'^ëi^-P' ^^ '"^ '^^ *~-i^*' 'Y^ *¥*' *T^ '•"-^'^ '^4-'* '^■i^ T^ T^ T^ T^ T* 'T* *T^ '^'-^ ^"^ '^^ '^+^ "n^
^[-f 8 LES FÊTES DE RABELAIS A TOURS h^<.
*9' ^ -^jo-
44;. arts et les sciences, — voilà un programme .^>-^
^^' pe'dagogique, tracé pour Gargantua, qui vaut h^*
•>■?' la peine d'être médité, et qui semble fait non t2^
'•".•'■ pour des princes, — nous n'en avons plus, — •i,<'
*;' mais pour les écoles professionnelles du temps "^^
f présent et de l'avenir, '^
['. Messieurs, quand on a conçu de si hautes j*
.ç^ pensées et esquissé de telles vues, alors que i
^4 « le temps estoit encores ténébreux, et sentant p,^