LE PENDU
^e^ Sur les diables familiers ou quelque chose de ^^
<.§- diablerie, — c'est tout un, — je vous dirai une .j^^
<%• jolie aventure. 4<*
'>^' Ceux de Benais et d'autour dévoient aller au -^
*& marche' à Bourgueil, et quelques-uns s'étant •^<'
^ donné but pour partir de bonne heure, il y eut "^^
"^ un serrurier qui se leva plus matin que les "?
^ autres ; et, voyant que ses compagnons ne se ^
^ vouloient point lever, se mit en chemin. ^
^^. Ayant fait plus d'une lieue et avisant qu'il A^
^9^ e'toit encore trop matin, se voulut reposer. Il h|<.
•>9' échut qu'il se va jeter à quartier sous une ■^<'
"^^ potence, où depuis quelques jours on avoit •%>
^c attaché un larron, qui gambadoit en évêque "^
*^ champêtre. Le serrurier s'endormit très-bien. "^^
î Le jour venu, ceux qui alloient au marché "^
^ passant par là, il y en eut de joyeux qui dirent ^
^^, qu'il falloit appeler ce pendu. C'est bien dit. ^^
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J^ 170 CONTES DE BRÉVIAIRE -i^'ï'
^ — Hau, hau, compagnon, hau, hau, veux-tu ^^^
^^ pas venir ? Il y a assez longtemps que tu es là. à,^
<^ Le dormeur qui e'toit à bas, qui ouït ce -i^*^
<'9' bruit, s'éveilla et répondit : ^
^^ — Oui, oui, hau, hau ; je vais, attendez-moi. "S*
*ï* Ces passants se trouvèrent surpris extrême- "^
^ ment et s'enfuirent, cuidant que c'étoit le pendu "%
^ qui eut parle a eux : et le serrurier de courir -,^
*§. après. ^ .p^^
j^% Eux, oyant ses ferrements, pensèrent que ce ^^Jt,.
<.f(. fût la chaîne du pendu ; par quoi ils s'enfuirent ; •i^4'
•J"?!* le serrurier appelle, et plus il appelle et court, "^i*
*^ et plus les autres épouvantés s'enfuirent, 7*
*^ et ne cessèrent de courir qu'ils ne fussent à -J^
4 Bourgueil. ^^
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