ACTE PREMIEB
LA COMTESSE
Je suis La comtesse...
ROSE, l'interrompant, criarde
Très bien ! d'Entraves ! Bon! Et puis ? Pourquoi ce ton ? cet air de dire : « Je vous prie Parlons bas »?I)oux Jésus! faut-il qu'on vous marie En secret? Qu'on baptise un enfant clandestin? Qu'on absolve un péché qui n'a qu'un nom... latin ? Mais nous faisons cela vingt fois par jour!
LA COMTESSE
La cause Qui m'amène à Meudon est grave, dame Rose.
ROSE, sur un ton protecteur, un peu ironique Grave ! Hé bien ! voyons donc votre grave souci ?
LA COMTESSE, brusque D'abord je veux savoir quel est le maître ici !
ROSE
C'est moi !... Vous m'entendez ! moi seule .
LA COMTESSE
Quel conte est-ce?...
Vous?...
ROSE
Mais oui, s'il vous plaît, madame la comtesse ! Tant qu'un nouveau curé n'est pas nommé, tant que Monseigneur réfléchit, je commande en ce lieu : C'est moi, c'est moi qui tiens, quoi qu'on en pense ou
[dise,
Les cordons de la bourse — et les clefs de l'église !
(Elle les exhibe triomphante — les remettant en poche) Je ne les remetlrai qu'aux mains du successeur l>e mon cher maître !
LA COMTESSE
Bien ! C'est bon ! Je suis la sœur Du marquis de Bellay.
(Elle regarde Rose comme si elle s'attendait à la voir changer de ton)
ROSE, ironique
J'en pleure d'allégresse !
Et puis?...
LA COMTESSE
Grand aumônier du Roy notre maître. Est-ce Assez pour mériter que vous parliez moins haut? Ou bien dois-je ajouter que je puis tout ; qu'il faut A mon frère, s'il veut se passer ce caprice, De faire évêque ou de doter d'un bénéfice Le dernier desfrocards quêtant sur le chemin, Un simple trait de plume au bas d'un parchemin ! Si vous me servez bien et quoi qu'il n'en ait cure, Il daignera songer, peut-être, à cette cure!
ROSE
Madame... J'ignorais... Excusez-moi...
C'est 'bon !
Ces vicaires dont vous parliez, quel est leur nom?
ROSE Ce sont deux idiots ! L'un, Pignon, le plus jeune