CHAPITRE XV
eOMMBlTT GARGAITTITA FUT VIZ SOUBZ AQLTRES FÉBAGOGUES.
a A tant son père (Grandgousier) apperceut quevrayement il estudyoit très-bien et y mettoit tout son temps ; toutesfoys que en rien ne prouffictoyt; et qui pis est, en devenoit fou, niays, tout resveux et rassoté , de quoy se complaignant à don Philippes des Marays, vice-roy de Papeligosse, entendit que mieulx luy vauldroyt rien n'apprendre , que telz livres soubz telz précepteurs , apprendre. »
Dom Philippe lui proposa de lui présenter un de ses pages, âgé de douze ans , nommé Eudemon qu'il avait élevé d'après un tout autre système ,
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RA BEL AISIEKNE. 1 3
« ce que a Grandgousier pleut très-bien et com* menda que ainsi feust &ict. »
La gravure représente Eudemon debout, à côté du vice-roi son maître , a le bonnet on (au) poing j la £sice ouverte , la bouche vermeille , les yeulx asseuréz «t le reguard assiz sur Gai^ntua , avecques modestie juvénile. » Il prononça un discours «avecques gestes tant propres 9 pronunciation tant distincte, voix tant éloquente, et languaige tant aorné et bien latin , que mieulx ressembloyt ung Gracchus, ung Cicéron ou ung Émilius du temps passé , que ung jouvenceau de ce siècle. Mais toute la contenance de Gargantua feut qu'il se print à plourer comme une
vache , et se cachoyt le visage de son bonnet
dont son père fut tant courroucé qu'il voulut occire maistre Jobelin. » Ici, Grandgousier est représenté Tépée à la main contre un des pédagogues qu'il tient par les cheveux , pendant qu'un des autres s'enfuit.