‹ Rabelais analysé, ou, Explication de 76 figures gravées pour ses œuvresChapitre 36 sur 70 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

COMMKfTT PAVVIIOI SE CO]rS<n.LS A HIR TIIPPA (a).

Da.ns le chapitre XXIV®, Panurge consulte £pistemon sur la grande affaire qu^il médite, et

(i) Ce lait est historique. Trivulce , peut-être en délire dau-H ses derniers momensy demanda son épée dont il s'escrima autour de son lit; ne voulant mourir, disaitoil , que les armes à la main.

(a) On prétend qne Rabelais a voulu par ce nom désigner le fiuneui Henri Corneille Agrippa.

8l CALERIK

lui propose de raccompagner dans une des îles Ogygies « où habitent plusieurs vaticinateurs et prophètes ; » mais Épistemon s'y refuse, et lui persuade d'aller en l'île Bouchart, où demeure Her Trippa, grand magicien.

La gravure qui est attachée à ce chapitre représente le magicien dans son cabinet , prédisant à Panurge qu'il sera trompé , battu et volé par sa femme. De son côté, Panurge fait les cornes au magicien pour lui faire entendre qu'il est déjà lui-même de la confiérie dont il prédit qu'il sera membre , et l'accable d'injures. Her Trippa, sans y faire attention, continue et propose à Panurge, et à ses compagnons, de leur expliquer l'avenir par pyromanoie (divination par le feu), aeromancie (par l'air), hydromancie (par l'eau), et par une centaine d'autres moyens que l'auteur détaille et explique avec une science admirable; mais Panurge mécontent de la prédiction du

magicien , ne lui dit qnc ces mots : « Va, fol

enragé, on dyable.»

Dans le chapitre suivant , Panurge « fasché

des propous de Her Trippa prend conseil de

Frère Jan des Entomraeures qu'il caresse préalablement d'une expression amicale, flanquée de cent soixante -cinq épithètes. «Frère Jan, mon aray (dit-iH je te porte révérence bien grande, et te reservoys à bonne bouche ; je te prye , dy moy ton adviz: Me doibz-je marier ou non? Frère Jan luy respondist en alaigresse d'esperit, disant:

Marie- toy, de par le dyable « marie-toy je dis

et entendz le plustoiit que faire pourras »

Panurge charmé qu'on entre dans son sens et qu'on ne lui donne pour conseils que ceux qu'il a déjà décidé dans son esprit de suivre , dit à Frère Jean :aTu asl'espeirit moult limpide etserain,

Frère Jan et parles perrinemment. » Mais ,

ajoute-il en des termes plus brefs et plus expressifs, subirai -je le malheur ordinaire des maris? Ce malheur, répond Frère Jean , ne l'éprouve pas qui veut. Si tu l'éprouves,

« Erg4 U féanle sem belle , Ergô seru bien traieté d'elle; »

«Ërgo tu auras des amys beaucoup ; ergo tu seras saulvé ;..... ton bien accroistra d'avantaige, s'il est ainsy prédestiné , y vouldroys-tu contrevenir ?

dy » ^^ là Frère Jean appelant Panurge du

nom dont celui-ci a tout à l'heure usé à son égard, et y accollant cent cinquante-six épithètes qui sont la contre^partie des autres > lui apprend un expédient au moyen duquel sa femme ne doit jamais le tromper. Cet expédient consiste à avoir toujours au doigt Vanneau d'Hans Can^el^ dont l'histoire racontée dans ce XXVIIP chapitre est la tbétnë que dans le charmant conte de La Fontaine, qui l'a tiré de là (i).

(c) -Voyez Tédition de ses Œuvres donnée par M. Wailkenaër. Parts, Lefèvre , 1831 ; tome III , page i65.

84 GÀI.ERIE

»^^^^» ,i^^ ^m w^*t * i*^^^ ^^i^ 90^^ mmim *^^m mm w^ ^m^^^^^%

Page 1