CHAPITRE Vni
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La gravure faite pour ce chapitre, représente le tour infâme que Panurge joue au marchand.
Après lui avoir acheté le mouton , ce garnement le jette dans la mer, à la vue des autres
IIO GALERIE
moutons qui se précipitent après lui dans les flots. « Le marchant tout effroyé de ce que devant ses yeulx périr voioyt et noyer ses moutons, s'efforceoyt les empescher et retenir de tout son pouvoir. Mais c'estoyt en vain. Tous à la fille saultoyent dedans la mer, et perissoyent; finablement, il en print ung grand et fort par la toyson sus le tillac de la nauf , cuydant ainsi le retenir, et saulver le reste aussy consequemment : le mouton feut si puissant que il empourta en mer avec-
qucs soy le marchant Autant en feirent les aul-
très bergiers et moutonniers, les prenens ungz par les cornes , aultres par les jambes, auitres par la toyson, lesquelz tous furent pareillement en mer pourtez et noyez misérablement. Panurge, à costé du fougon (de la cuisine du navire) , tenant ung aviron en main , non pour ayder aux moutonniers, mais pour les enguarder (empêcher) de grimper sur la nauf, et évader le naufraige, les
preschoyt eloquentement leur remonstrant
par lieux de rhétorique les misères de ce monde, le bien , et l'heur de Taultre vie , etc. , etc. »
Panurge termine le chapitre en disant que son action vient suffisamment de prouver que nul ne lui fit plaisir sans récompense ou tout au moins sans reconnaissance ^ et « desplaisir sans repentance, ou en ce monde ou en Taultre. »
Dans le chapitre IX% on voit « comment Pantagruel arriva en Tisle Ennasin » et il y est traité ; <r des estranges alliances du pays. » Ces alliances
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existent entre des hommes et des femmes por« tant des nez en forme d'as de trèfle et des noms de choses entre lesquels les joyeux compagnons de Pantagruel établissent des rapports copulatifs qui leur fournissent des plaisanteries ordurièi*es la plupart du temps.
Le chapitre X* contient le récit de la réception que fait à Pantagruel le roi de l'île de Chely, où il était abordé. Ce roi, nommé Saint -Panigon, vient en personne et accompagné des princes ses enfans et de ses courtisans, pour recevoir Pantagruel ; puis le conduit en son château , à l'entrée duquel se présente la reine, suivie de ses 6iles et dames de cour. Le bon Panigon , pour feire plus d'honneur aux étrangers, lui ordonne à elle , ainsi qu'à sa suite de baiser Pantagruel et ses gens, a Ce que feut faict , excepté Frère Jan , qui se absenta et escarta parmy les officiers du roy. » Panigon veut retenir Pantagruel à sa cour pendant quelques jours; mais celui-ci s'en excuse sur le vent favorable qui règne en mer. En retournant au port , Pantagruel étonné de ne point voir Frère Jean , allait envoyer Panurge au château pour le chercher, lorsque celui-ci se présente joyeux en disant : « Vive le noble Panigon ! Il rue en cuisine. J'en viens, tout y
va par escuelles. p Pantagruel lui demandant pourquoi il évite les baisers des femmes, il répond qu'il craint qu'il ne lui arrive « ce que advint on seigneur de Guyercharoys , » qui , invité à un
festin par un de ses parens et voisins , «baisa
en grande coiirtoysie et révérences magnificquesi» des pages déguisés en demoiselles , puis refusa de baiser les demoiselles qui l'attendaient dans la galerie et lui avaient découvert le tour qu'elles lui avaient joué , « allèguent, veu que on luy avoyt
ainsi desgiiisés les paiges, que ce doibvoyent
estre les varletz , encores plus finement desguisez. » Ëpistemon commence le XPchapitre , intitulé :
POURQUOT LES MOYNES SONT VODLENTIERS EIT CUI- SINE , par le récit suivant :
«Vrayeipent vous me réduisez en memoyre ce que je veidz et ouy en Florence , il y ha environ douze ans. Nous estions bien bonne compaignie de gens studieux , amateurs de peregrinité (voyage) , et convoyteux de visiter les gens doctes y anticquitéz et singularitéz de Italie , et lors curieusement contemplions l'assiette et beaulté de Florence , la structure du dôme , la somptuosité des temples et palayz magnificques quand
ung moyne d'Amiens , nommé Bernard Lardon , comme tout fasché et monopole nous dist : Je nç
sçay que diantre vous trouvez icy tant à louer
en toute ceste ville encores veu une seule roustysserie, et y ay curieusement reguàrdé et con-
syderé dedans Amiens, en moins de chemin
quatre foys, voyre troys que avons faict en nos contemplations, je vous pourrays monstrer plus de quatorze roustysseries , anticques et aromatizantes. » Puis il ajoute qu'il aime mieux voir
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lin bel oison en broche que les lions , les tigres d'Afrique et « les porcz-espicz et austruches on palaiz du seigneur Philippe Strozzi. » Et jure par. Saint-Ferreol d'Abbeville , que les jeunes bâchelettes de son pays sont mille fois plus . avenantes.
Ce chapitre est terminé par des questions dont la solution donnée n'intéresse en rien le lecteur, et par des traits historiques qui lui sont connus.
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