LA XEMPESTE £T BRIEF DISCOURS SUS LES XESTAMEIIS EAIÇTS SUS MER
Le chapitre XXIP contient « la fin i>£ la tjem- PESTE, » et l'on voit dans le XXIP « comjh Kwr , la
TEMPESTE FINIE, PaNURGE FAICT LE BON COMPAI- GNON. »
«Ha, ha, s'écria Panurge, tout v^ bien, L'oraige est passée..... Vous ayderay-je encores là ? Baillez que je vrillonne (roule) ceste chorde. J*ay
du couraige prou , voyre. De paour bien peu
Comment vous ne faictes rien , Frère Jan ? Esl-il
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bien temps de boyre à ceste heure? Que sçavous* nous si Testaffier de sainct Martin nous brasse
encore quelque novelle oraige ? Vous ayderay*
je encores là? Baillez-cza, je feray bien cela, ou
le diable (i) y sera Vogue la gualere tout
va bien. Frère Jan ne faict rien Ik , il se appelle Frère Jan faict néant , et me reguarde icy suant et travaillant pour ayder à cestuy homme de
bien Nostre amy^ ho, deux motz, mais que
je ne vous fasche. De qiiante ( quelle) espesseur sont les aiz de ceste nauf ? Elles sont (rcspondist le pilot ) de deuz bons doigtz espesses , n'ayez paour. Vertus Dieu, dist Panurge, nous sommes doncques continuellement à deuz doigtz près de
la mort Je me appelle Guillaume sans paour,
de couraige tant et plus. Je n entendz couraige de brebiz , je diz couraige de loup, asseiirance de meurtrier, et ne crains rien que les dangiers. »
Dans le chapitre XXIV* « par Frère Jan, Panurge est deckiré avoir eu paour sans cause du* raut Toraige,^) et s'exprime ainsi, à la fin du même chapitre : « Escoutez , beaulx amyz : Je proteste devant la noble compaignie que , de la chappelle vouée à monsieur sainct Nicolas entre Quande et Muussoreau , j'entendz que sera une chappelle (a ) d'eau rose , en laquelle ne paistra ne
(t) Od ae Bonvient qu'à la im du chapitre XIX", Piourgt a forteoieni réprinandé Frère Jean , pour avoir prouoncé ce uoin.
(a) Le mot cftappelle voulait dire ce qu'il sigoiûe maintenant , ainsi que le couvercle de i^alanibic et Talambic lui-même.
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vache ne veau. Car je la jecteray on fond de Teaue, Voylà, dist Eusthêmes , le guallant. Voylà le guallant , guallant et demy ; c'est vérifié le proverbe lombardicque :
Passato el pericolo gabbato et santo.
Quand le danger n'est plus , on se moque du saint.
Dans le XXV* chapitre ^ Rabelais raconte « comment APRÈS LA TEMPESTE PaWTAGRUEL DESCENDIST
Ès isLEs DES Macreoi^s , » le repas qu'il y fit avec ses compagnons, donne l'étymologie grecque du nom des habitans de l'île et un de ses dérivés malhonnêtes ; puis, dans le chapitre XXY 1% il nous apprend
«COMMEPTT LE BOK MaCROBE (aIJSSI IfOMMOIENT-ILZ LEUR MAISTRE ESCHEVIn) RACONTE A PANTAGRCEL LE
MANOIR ET DISCESSION (décès) DES HEROEs; » etj par l'organe du même Macrobe , que c'est peut-être le décès d'un de ces héros qui a causé l'effroyable tempête que Pantagruel vient d'essuyer. 11 consacre la moitié de ce chapitre et le suivant tout entier à raisonner « sus la discession des âmes
HEROÏCQUES , ET DES PRODIGES HORRIFIGQUES QUI PRECEDARENT LE TRESPAS DU FEU SEIGNEUR LE LaN-
GEY (Guillaume du Bellay de) lequel vivent,
France estoyt en telle félicité que tout le monde avoyt sus elle envie , tout le monde se y rallioyt ,
tout le monde la redoubtoyt. Soubdain après son
trespas (ajoute-t-il )elle ha esté en mespris de tout
le monde bien longuement. »
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Pour ajouter un trait k l'histoire du décès des héros y le chapitre XKVIII' contient le récit de l'aventure suivante.
£pitherses,père du rhéteur Émilien, naviguant de Grèce en Italie sur un navire chargé de marchandises et de passagers, étant à la hauteur de nie de Pazes, entendit par trois fois une voix appeller Thamoun , pilote du navire. Celui - ci ayant, à la troisième fois, répondu: «Je suys
icy Que veulx-tu que je face ? a La même voix
se faisant encore entendre plus fort, lui commanda que , quand il serait à Palodes, il publiât que Pan, le grand dieu, était mort. Le pilote arrivé devant Palodes fit ce qu'on lui avait ordonné et à peine eut-il achevé son dernier mot , qu'on entendit à terre de grands soupirs et des lamentations de plusieurs personnes. Revenu à Rome, le pilote fut mandé par Tibère, alors régnant, et lui raconte la chose. L'empereur ayant fait assembler les savans de Rome , apprit d'eux que ce Pan était fils de Mercure et de Pénélope.
Quant à Rabelais , il n'est point de cet avis ; il pense, au contraire , que ce Pan ( 77a; tout) était Jésus-Christ qui fut mis à mort, comme chacun le sait, sous l'empire de Tibère, et termine ce chapitre par ce fait : a Pantagruel , ce propous finy , resta en silence et profunde contemplation. Peu de temps après, nous veimes (dit Rabelais) les larmes decouller de ses œilz , grosses comme œufs de austruche : » assertion que l'auteur fait suivre
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de cette protestation équivoque : « Je nie donne à Dieu , si je mens d'ung seul mot. »
Au chapitre XXIX*, on voit «• commeut Pantagruel PASSA l'iSLE de TAPnrOYS,Elf LAQUELLE RE-
GWOTT CARESME-PREWAîrr,D que Xenomanès dépeint ainsi à ses compagnons : a Vous y voirrez, disoytil, pour tout potaige , ung grand avalleur de poys gris, ung grand cacquerotier, ung grand preneur de taulpes, un grand boteleur de fein (foin), ung demy géant à poil follet et double tonsure , extraict de Lanternoys, bien grand lantemier; confalonnier (porte-drapeau) des Ichtyophages , dictateur de Moustardoys, fouetteur de petitz enfans, calcineur de cendres, père et nourisson des medicins , foisonnant en pardons , indulgences et stations ; homme de bien , bon catholic, et de grande dévotion. Il pleure les troys partz du jour. Jamais ne se treuve aux nopces. Vray est que c'est le plus industrieux faiseur de lardoires et brochettes qui soyt en quarante royaulmes. »
Xenomanès continue et ternjine ce chapitre en décrivant les alimens dont Caresme-Prenant se nourrit et ses vêtemens ; puis il est par le même , dans les chapitres XXX% XXXP et XXXIP, «anatomisé et descript. »
CHAPITRES XXXII et XXX.
ci>«MsirT PkK PAXTâORinir. rtuT vno iin»sinv»iix PHyiiBTiiiHK
APPERCKC PRKS l'iSLB FABOUeHK , rt.„, PKVT OIPAICT.
En approchant «I de Tisle Farouche »9 un monstrueux physeterre (souffleur) vient « droict contre le tiavii^e de Pantagruel, bruyant, ronflant, enflé, élevé plus hault que les hunes des naufs, et jectant eaulx de la gueulle en Taër (Pair) devant soy, comme si fenst une grozse' rivière tumbante de quelque montaigne.wA cet aspect, Piinurge, selort son habitude , «corn mencea à crier et lamenter
plus que jamais Mais Frère Jan aix chasteau
guaillard monta guallant et bien deliberé,ayecques les bombardiers, » enfin Pantagruel qui, « avecques ses horribles piles (traits) et dardz (lequelz proprement ressembloyent aux grosses poultres sus lesquelles sont les pontz de Nantes , Saulmur, Bergerac, et à Paris, les pontz on Change et aux Meusnicrs soustenuz, en longueur, groisseur,poi-
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santeur et ferrure) de mille pas loin ouvroyt
les huytres en escalle (écaille) sans toucher les
bordz esmouchoyt une bougie sans l'extain-
dre et tburnoyt les feuilletz du bréviaire de
Frère Jan, l'ung après l'autre, sans rien dessirer, » met à mort le physeterre.
Après cet exploit mémorable , Pantagruel descend dans VWe Farouche où voyant àes Andouilles monter aux arbres , il demanda ce que c'est à Xenomanes, qui lui conte leur histoire et leur différent avec Caresme-Prenenant.
Les chapitres XXXVI" XXXVn% XXXVIir, XXXIX" et XL* sont consacrés à raconter l'embuscade que dressent les Ândouilles à Pantagruel,
a COMMENT PANTAGRUEL MANDA QUERIR LES CAPI- TAINES RiFLANDOUILLE ET TaILLEBOUDIN COM- MENT AnDOUILLES ne sont a MESPRISER ENTRE LES HUMAINS; COMMENT FrÈRES JaN SE RALLIE AVECQUES LES CUYSINIERS POUR COMBATTRE LES x\nDOUILLES ; » et «COMMENT PAR FrÈRE JaN EST DRESSEE LA TRUYE ET LES PREUX CUYSINIERS DEDANS ENCLOUZ. »
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