CHAPITRE LXIV
La planche représente les habitans de l'île de Chanep où Pantagruel est descendu. Ils sont , si l'on en croit Xenomanès, « hypocrites, hydropicques, patenostriers , chattemittes, santorons, cagotz , hermites , » et sont de tout sexe et de tout âge. L'artiste nous les montre occupés à leurs pratiques ordinaires.
Dans le chapitre LXY*, Rabelais rapporte acoM-
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MENT Pantagruel haulse (passe) le temps avec- QUES SES DOMESTiGQOES , » doDt Ufi , savoif, Frère Jean ^ dit du mal des femmes ; mais il est gourmande par Panurge qui n'est pas mù en cette circonstance par un esprit de galanterie, mais bien par le désir qu'il a de se marier.
Continuant sa route , Pantagruel découvre au loin le double sommet du Parnasse. Xenomanès lui propose de descendre sur la côte; mais il refuse , disant que « le peuple sont tous voUeurs et larrons ; » et Panurge frémissant à la seule idée
du danger, s'écrie : « C'est bien et doctement
parlé.» Frère Jean est d'une opinion contraire et insiste pour qu'on descende sur la côte , assurant que les voleurs qui se présenteront devant lui recevront un tel traitement qu'ils ne seront pas tentés de s'y représenter, et comme Panurge se récrie à cette proposition , Frère Jean irrité lui fait de si beaux complimens que ce à ces motz, Panurge esvanouyt de la compaignie, et se mussa (cacha) on bas dedans la soutte, entre les croustes, miettes et chaplys (chapelure) du pain. »
Après son départ, Pantagruel, d'après le conseil de Frère Jean , qui veut le faire rire aux dépens de Panurge, fait tirer un coup de canon en l'honneur des Muses, et son exemple est suivi dans chaque navire de la flotte , ce qui fait dire à notre auteur : « Croyez que il y eut beau tintamarre. »
RABELAISIEHIIF. 1 47