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L'eslomach, comme un bauldrier.
Bauldrier, bourse de cuir plate, en forme d'écharpe, qui se portait enroulée autour de la taille. Les habitants de nos campagnes usent encore d’une bourse analogue.
Bien faschés d'avoir si mal employés l'argent de leur bauldrier. (BRANTÔME, ch. 1, t. IV, p. 315.)
Pendant le débat entre les fouaciers de Lerné et ceux du pays de Gargantua, Marquet appela Forgier en lui promettant des fouaces. |
« Lors Forgier en toute simplesse (2) approcha, tirant
(1) Sappey, Traité d'anatomie descriptive, t&. TI, p. 95; Paris, 1857-1864. C'est aussi l'opinion de MM. Reynier, Souligoux, etc. (Voy. Bull. de la Soc. anal. de Paris, 1891, p. 709.)
(2) En toute simplicité, en toute confiance.
un unzein (1) de son bauldrier, pensant que Marquet lui deut dépescher (2) de ses fouaces ; mais il lui bailla de son fouet si rudement à travers les jambes, que les nods (3) y apparaissolent. »
« Frère, dit un des chicanous à Trudon, je te donnerai unes belles, grandes, vieilles lettres royaulx que j'ai ici en mon bauldrier. » (L. IV, ch. xv.)
L’estomac occupe la même situation, a la même direction que le bauldrier. Il en a presque la configuration et les dimensions chez un homme comme Quaresmeprenant, émacié par des jeûnes prolongés et répétés. Sur sa face antérieure, on distingue une bande musculaire très accusée, dite cravate de Suisse, qui rappelle le bord inférieur saillant de la valve qui ferme le bauldrier en avant.
Dans le chapitre xLH1 du livre IV, Rabelais a comparé aussi, comme on le fait aujourd'hui, l'estomac à une cornemuse.
Le pylore, comme une fourche fière.
Le pylore (portier, du grec rün, porte, et ww, je garde) est l’orifice qui fait communiquer l'estomac avec l'intestin. Cet orifice est garni d’une valvule qui ressemble tantôt au diaphragme d'un instrument d'optique (4), tantôt, mais plus rarement, à un croissant à concavité supérieure (5).
(1) Le grand blanc, onze deniers, du latin undecim, dix plus un.
(2) Dût s'empresser de lui donner.
(3) Les nœuds, du latin nodus. La peau cinglée par un coup de fouet devient le siège d'une extravasation sanguine, appelée ecchymose. Dans les points atteints par les nœuds de la corde du fouet apparaissent des taches d’un bleu ardoise, « des bleues » et parfois mème des nodosités.
(4) Sans en avoir cependant la parfaite régularité.
(5) Sur dix estomacs que j'ai ouverts pour vérifier si la comparaison de Rabelais était exacte, j'ai vu six fois la valvule pylorique avoir la
orme du diaphragme d’un instrument d'optique, trois fois, d’un croissant
La valvule pylorique paraît avoir pour usage d'apprécier le moment où les aliments sont assez modifiés dans leur consistance et leur composition chimique pour pouvoir passer de l'estomac dans l'intestin.
Le pylore, comme une fourche-fière.
Fourche-fière, fourche-ferrée — ou fiérée, comme on disait autrefois, — à deux ou trois dents. Le mot fier vient
par corruption du mot ferré. Les poètes burlesques appellent le trident de Neptune une fourche-fière. Dans les anciennes gravures, Neptune et Pluton sont représentés tenant à la main, le premier, une fourche-fière à trois dents, le second, une fourche-fière à deux dents.
La fourche, qui n’est plus qu'un outil d'agriculture, a été une arme de guerre (military fork en anglais, sturmgabel
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dont la partie moyenne était plus ou moins échancrée et regardait en haut; une fois, d'une cloison semi-ronde dont le bord supérieur horizontal correspondait au diamètre transverse de l'intestin. La compäraison de Rabelais ne s'applique donc pas à tous les cas. N’en soyons pas surpris. L'auteur de Gargantua n’a pas éu à sa disposition assez de cadavres pour se rendre compte des variations qu'offrent les divers sys-
tèmes organiques:
en allemand) qui a commencé à apparaître vers la fin du xve siècle. On trouve à l'arsenal de Genève des fourches d'échelles d'escalades prises aux Savoisiens en 1602. La fourche de guerre est aussi mentionnée dans les récits du siège de Mons (1691), où les grenadiers de l’ancien régiment Dauphin, commandés par Vauban, emportèrent d’assaut un ouvrage fortifié et saisirent les fourches des Autrichiens. C'est même depuis cet acte de bravoure que les sergents de ces grenadiers ont eu le droit de porter une fourche à la place de la hallebarde. Dans la collection Az, à Lintz, figure une fourche de guerre trident du xvrr° siècle.
Une aquarelle de Glockenthon, exécutée en 1505 d’après nature (Arsenaux de Maximilien 1°"), donne une idée exacte de ce qu'était à cette date la fourche d'échelle allemande. L'oncle d’un de mes camarades d’internat Tours et à Paris, M. Viollet, pharmacien, a eu en sa possession une vieille eau-forte où l'arme en question a la forme d'un croissant très échancré. Une fourche de guerre analogue, mais plus étroite, est dessinée dans un incunable du cabinet des éstampes de Munich (1).
Sur le point d'être assiégés par Philippe de Macédoine, les Corinthiens « aiguisoient vouges, piques, rancons (2), hallebardes, hanicroches (3)... fourches-fières, ete. » (Pro-
logue du I. IT.)
Les boyaulx, comme un tramail.
Tramail, filet de pêche à trois nappes superposées dont la corde du pourtour, plus volumineuse que les autres, est garnie de flotteurs ou de poids de fond.
(1) A. DEMMIN, Guide des amateurs d'aïmes et d'armures anciennes ; Paris, 1869, pp. 473 et 474.
(2) Arme dont le fer plat se terminait en pointe et était garni à la base de deux crochets recourbés qui lui donnaient la figure d'une fleur de lis:
(3) Arme dont le fer était recourbé en crochet ; d'où, au figuré, anicroché Où hanicroche pour accroc:
Les boyaulx, les intestins qui s'étendent du pylore à l'anus, ont été divisés, en raison de leur calibre différent, en intestin grêle ou petit intestin et en gros intestin. Le gros intestin est pourvu d’appendices graisseux et décrit dans l'abdomen un cercle presque complet qui circonserit la
masse de l'intestin grêle (1).
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