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promène successivement pour obtenir des sons. Au moyen âge, le syrinx (1) antique appelé fretel, frestel, fresteal, fretiau, sistre, a été employé dans les concerts (2). Au xi° siècle, on le voit représenté dans l’antiphonaire provenant de l’abbaye de Saint-Martial de Limoges (Biblioth. nat., latin, n° 1118). Une chape masque les saillies et les dépressions que forment les sept tuyaux juxtaposés, tout en laissant libre, pour recevoir le souffle de lexécutant,
Le perinæum, comme un flageolet.
l'orifice de chacun d’entre eux. C’est chez l'homme surtout sur une préparation à l'aponévrose périnéale moyenne, vue de face, que la ressemblance du fretel de l'abbaye de Saint- Martial de Limoges et du périnée saute aux yeux. — (Se reporter aux deux dessins ci-dessus.) |
(1) Syrinx, fille du fleuve Ladon, était une desnymphes de Diane. Pan l'aima inutilement. Syrinx, fuyant sa poursuite, arriva sur les bords du Ladon et implora le secours de son père. Celui-ci la changea en roseau. Pan unit avec de la cire plusieurs morceaux de ce roseau et en forma la flûte. | | (2) « Sonnent fleustes et fretel, » lit-on (v. 2049) dans le Roman de la Violette (xrrre siècle). |
Le membre, comme une pantophle.
Le membre, «le membre nerveux, caverneux (1), » la verge.
Pantophle, pentophle (2), pantoufle (3).
Gargantua, soumis à la discipline des précepteurs sophistes, « disoit (4) que les mètes (5) et bournes de boire
Solerel ou pédieux Chaussure mililaire en mailles de Soulier français de la première moidu milieu fer, des xiv* et xv° siècles. lié du xvie siècle, du xve siècle.
estoient, quand la personne buvant, le liège de ses pantophles enfloit en hault d’un demi pied ».
Constitué comme une pantophle, l'organe de Quarespre-
(1) L. IT, ch. xvurr. Le membre viril est constitué en majeure partie par deux corps juxtaposés, érectiles, à peu près cylindriques, communiquant l’un avec l’autre, appelés corps caverneux, parce qu'ils sont remplis par des travées et des lamelles fibreuses, limitant des espaces irréguliers. En anatomie, le mot caverneux signifie : qui a de petites cavités, de petites cellules. | |
(2) Ce mot est orthographié de la sorte dans l'énumération des chaussures faites par Jehan Sallé, cordouonnier, pour le duc d'Orléans, Thierry, M. de Clèves, etc. (Catalogue des archives du baron de Joursauvault.)
(3) Spigelius (Anat., ch. x) a jugé, par la grandeur de la verge, du plus ou moins de perchant d’un individu pour l'acte vénérien. Selon Alex. Petronius (1. Il des Malad. ital., ch. xvn), la verge grande est un témoignage d'esprit pesant et grossier, semblable à celui d’un âne. D'après Diemerbroeck (loc. cit. suprà, t. 1, p.171), « les gens de peu de sens et les stupides ont la verge grosse; ces règles néanmoins ne sont pas perpétuelles, et elles souffrent plusieurs exceptions ».
Rabelais a fait dériver le mot pantoufle du mot grec « ravroysA Ads, tout fait de liège, 9#:kkos, escorce de liège, suber ».
(4) LsEchéixxr
(5) Mesures, du latin meta.
nant dont il s’agit était nécessairement susceptible, comme elle, « d’enfler en hault (1) ».
Il n’est guère question de la pantoufle avantle xvtsièele, et il me serait difficile de donner sur cette pantoufle primitive des renseignements quelque peu précis. Tout ce que je puis dire, c'est que les dessins du soleret ou pédieux, du milieu du xv® siècle (2), de la chaussure militaire en mailles de fer des xrvt et xv° siècles et du soulier français de la première moitié du xvi° siècle (5), qu'on trouve dans le Guide des amateurs d'armes el d'armures anciennes de Demmin (Paris, 1869, p. 360, fig. 9) et dans l'Histoire de la chaussure de Paul Lacroix, Duchesne et Seré (Paris, 186», pp. 6 et 72), et que je reproduis, ont l'aspect général de la verge, et qu'il est présumable que d’autres chaussures avaient
alors la même forme.
Les c.., comme une guedouîle
Les c..., le « palletoc des vases spermatiques », les bourses. Elles forment une poche à cavité double, située en avant du périnée dans l'intervalle des cuisses.
Dans le Morvan on appelle encore c... un assez long étui de bois, rempli d'eau, suspendu en avant, entre les deux cuisses, et dans lequel les faucheurs placent la pierre à aiguiser le dard.
La bourse de Gargantua « fut faicte de la c... d’un
oriflant (4) ».
(1) Quaresmeprenant était faible, débile et déjà d'un certain âge, mais il abusait des aliments «vénéréique » et avait le nez puissant. (Voy. Anatomie des formes : Le nez, comme un brodequin anté en escusson.) (2) D'après les bas-reliefs en marbre ayant fait partie de l'arc d’Alphonse V, roi d'Aragon, à Naples, à son entrée triomphale en 1443, et une terre cuite de Nuremberg du xv° siècle, appartenant à A. Demmin et réprésentant Charlemagne.
(3) D’après Herbé.
(4) Éléphant, 1. I, ch. vin. « Des bourses de ce prodigieux animal, dit Le Duchat, Rabelais fait une bourse à mettre l'argent que le jeune
Si le terme anatomique qui sert à désigner 1 ici le scrotum appartient aujourd’hui au langage libre et plus que familier, 1l a appartenu au langage scientifique, voire au langage poétique (1). |
Dans la Brie-Champenoise on donne toujours, sans y entendre malice, le nom de €... aux habitants du petit village de Coilly ou Couilly.
Le professeur Malgaigne, qui a été, avec Littré, un des médecins les plus érudits de ce siècle, a toujours préféré ce terme à celui de bourses.
Gruedoufle, coutoufle, contofle, gothelfe, guédolfe, guiédoufle, guedousle, guesdoule. A la page 483 du tome I du Glossaire archéologique du moyen âge de Gay (Paris, 1887), on lit :
Gargantua portoit ordinairement sur soi; et ce qui le porte à cela, c'est que comme anciennement les Particuliers faisoient leurs bourses de la peau qui enveloppe les testicules de bélier, il faloit qu'un Géant et un grand Prince comme Gargantua eût une bourse incomparablement plus grosse, puisqu'elle devait être proportionnée aux richesses et à la taille de cet homme extraordinaire. » (ER
Cette interprétation de Le Duchat est confirmée par la phrase suivecite que je relève dans le chapitre xvir du livre III.
‘« Panurge presenta à la sybille de Panzoust un bourrabaquin garni de breuvage, une €... de bélier pleine de Karolus nouvellement forgés (frappés) : enfin, avec une profunde révérence, lui mist au doigt médical une verge d’or. »
Panzoult est un petit bourg du Chinonais. La Sibylle en question a habité, près de ce bourg, une grotte que l'on voit encore.
Le karolus est une monnaie de billon qui valait quatre deniers tournois (à peu près quatre centimes) et qui remonte à Charles VIII. Elle est marquée d’un K, première lettre du mot Xarolus, Charles. |
Le doigt médical des Anciens est l’annulaire. « On s’est généralement accordé à porter les anneaux principalement à la main gauche, et au doigt qui est à côté du plus petit et qu'on appelle doigt médical. (MAcroBE, Salurnales, VIL, 13.)
(1) Voy. feuillet 43 b du Roman dela Rose ; Clément Maror, Dialogue de deux Amoureux ; Doporxs, Hist. des plantes, trad. de Charles de l’Escluse, Anvers, 1997, p. 192; Ambr. PARÉ, passim; Antoine du PINET, Commenlaires de M. Pierre-André Matthiolus, Lyon, 1572, p. 473; Gui-PATIN, Correspondance, lettres du 6 janvier 1654 et du 24 avril 1647; Supplément du Catholicon ou Nouvelles des régions de la lune, ch. vr; Satire Ménippée, harangue de Rose; etc., etc.
« Coutoufle, vase à double récipient et à deux becs opposés l’un à l’autre, dont la courbure est disposée en sens inverse ; 1l est plus connu sous le nom de guédoufle.
Une contofle d'argent pesant un marc et demy La m. 745. Valent III, 6.
(Inventaire de Raoul de Clermont.) »
Et à la page 801 du même tome:
« Coutoufle ou Gothelphe au xiv° siècle était peu différent d'une sorte d’huilier à deux becs fabriqué, au xvirie siècle, dans les verreries de la Lorraine. »
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Les c..., comme une guedoufle.
D'après Le Duchat : « La figure de la Guedoufle, qui est celle d’un trèfle dont on a ôté la feuille d'en bas, convient très-bien à ce qu'ici Rabelais dit lui ressembler. »
Maître Francois nous apprend, enfin, qu'il y avait deux ustensiles de ce genre : un dans lequel on ne mettait que de l'huile, l’autre dans lequel on ne mettait que du vinaigre.
Panurge «avoit une petite guedoufle pleine de vieille huile, et quand il trouvoit ou femme, ou homme qui eust quelque belle robe, il leur en graissoit et gastoit tous les plus beaulx endroicts (1). »
OPA -ch x
« Une guedoufle de vinaigre, une salière de terre, un soubelet de Beauvois, etc. », entraient dans la composition du trophée élevé en mémoire des levrauts par l’incorrigible vaurien (1).
Le Musée de Cluny possède une guédoufle dont on ignore la provenance, mais que M. Saglio, l'éminent directeur de ce Musée, croit dater du xvi® ou du xvirt siècle. Grâce à M. le D' Dureau, dont la complaisance égale le