Perdu. — 2. Celui qui reste, ou ceux qui restent
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faire un paeslon ' à cuire sa bouillie, furent occupés tous les paesliers de Saumur en Anjou, de Villedieu en Normandie, de Bramont en Lorraine ; et luy bailloit on ladite bouillie en un grand tymbre ^ qui est encore de présent à Bourges, auprès du palais : mais les dents luy estoient desjà tant crues et fortifiées qu'il en rompit dudit timbre un grand morceau, comme très bien apparoist.
Un certain jour, vers le matin, qu'on le vouloit faire téter une de ses vaches (car de nourrices il n'en eut jamais autrement, comme dit l'histoire), il se défit des liens qui le tenoient au berceau, un des bras, et vous prend ladite vache par dessous le jarret, et luy mangea la moitié du ventre; et l'eust toute dévorée, n'eust esté qu'elle crioit horriblement, comme si les loups la tenoient aux jambes : auquel cry le monde arriva, et ostèrent ladite vache des mains de Pantagruel; mais ils ne surent si bien faire que le jarret ne luy en demeurast comme il le tenoit, et le mangeoit très bien, comme vous feriez d'une saulcisse ; et, quand on luy voulut oster l'os, il l'avala bientost, comme un cormoran feroit un petit poisson; et après commença à dire : « Bon, bon, bon »; car il ne savoit encore bien parler; voulant donner à entendre qu'il l'avoit trouvé fort bon, et qu'il n'enfalloit plus que autant. Ce que voyans ceux qui le servoient, le lièrent à gros cables, comme sont ceux que l'on fait à Tain pour le voyage du sel à Lyon; ou comme sont ceux de la grand navire françoise qui est au Port de Grâce en Normandie.