‹ Rabelais. Avec une introdChapitre 49 sur 80 · Aujourd'hui. — 2. Boutique, comptoir. — 3. Forte-faix · texte numérisé non relu

Aujourd'hui. — 2. Boutique, comptoir. — 3. Forte-faix

dont estoit question évaporoit par dehors : ainsi comme ainsi se perdoit elle ; jamais n'avoit esté ouy que dedans Paris on eust vendu fumée de rost en rue. Lerostisseur répliquoit que de fumée de son rostn'esloit tenu nourrir les faquins, et renioit, en cas qu'il ne le payast, qu'il lui osteroit ses crochets. Le faquin tire son tribard ', et se mettoit en défense.

L'altercation fut grande. Le badault peuple de Paris accourut au débat de toutes parts. Là se trouva à propos Seigny Joan le Fol, citadin de Paris. L'ayant aperçu, le rostisseur demanda au faquin : « Veux tu sus nostre différent croire ce noble Seigny Joan? — Oui, par le sambregoy », respondit le faquin. Adonc, Seigny Joan, avoir leur discord entendu, commanda au faquin qu'il luy tirast de son baudrier ^ quelque pièce d'argent. Le faquin luy mit en main un tournoys Philippus ^. Seigny Joan le prit, et le mit sus son espaule gausche, comme explorant s'il estoit de poids : puis le timpoit * sus la paulme de sa main gausche, comme pour entendre s'il estoit de bon aloy; puis le posa sur la prunelle de son œil droit, comme pour voir s'il estoit bien marqué. Tout ce fut fait en grande silence de tout le badault peuple, en ferme attente du rostisseur, et désespoir du faquin. Enfin, le fit sus l'ouvroir sonner par plusieurs fois. Puis en majesté présidentale, tenant sa marotte au poing, comme si fust un sceptre, et alTublant en teste son chaperon de martres singesses à oreilles de papier, fraisé à points d'orgues ^ toussant préalable-

\. Bâton. — 2. Ceinture. — 3. Grosse pièce valant douze deniers tournois. — 4. Faisait sonuer. — 5. A gros tuyaux.

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ment deux ou trois bonnes fois, dit à haute voix : « La cour vous dit que le faquin qui a son pain mangé à la fumée du rost, civilement a payé au son de son argent. Ordonne ladite cour que chascun se retire en sa cbascunière : sans despens, et pour cause. » Geste sentence du fol parisien tant a semblé équitable, voire admirable es docteurs qu'ils font doute, en cas que la matière eust esté au Parlement dudit lieu, ou en la Rote ' à Rome, voire certes entre les Aréopagites décidée, si plus juridiquement eust esté par eux sententié.

Il est donc convenu que Carpalim se rendra à Blois pour en amener Triboulet. Pendant ce temps, Pantagruel, avec Panurge, Epistémon, Ponocrate, frère Jean, Gymnaste, Rhizotome et autres, prend le chemin de Myrelingues pour aller assister au jugement de Bridoye.

Comment Pantagruel assiste au jugement du

juge Bridoye lequel sententioit les procès

au sort des dez.

Au jour subséquent, à heure de l'assignation, Pantagruel arriva en Myrelingues. Les Présidents, Sénateurs, et Conseillers le prièrent entrer avecques eux, et ouyr la décision des causes et raisons que allégueroit Bridoye, pourquoy auroit donné certaine sentence contre l'eslu Toucheronde, laquelle ne sembloit du tout ^ équitable à icelle cour centumvirale.

Pantagruel entre volontiers, et là trouve Bridoye

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