‹ Rabelais. Avec une introdChapitre 5 sur 80 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

chanoine de l'abbaye de Saint-Maur-lcs-Fossés, près de Paris. L'abbé de Sainl-Maur n'était autre que l'évêque de l^aris, ]e cardinal Jean Du Bellay.

Le nouveau chanoine n'était pas astreint à la résidence. Il profile de sa liberté pour aller visiter ses amis en Poitou, en Touraine, et plus loin encore. Nous le voyons même l'aire un long séjour à Turin, comme médecin du vice-roi de Piémont, Guillaume de Langey, frère du cardinal Du Bellay. En 1545, François I^"" lui accorde la permission d'imprimer son troisième livre, et le protège contre toutes les attaques. La maladie du roi causa à Rabelais une vive inquiétude. Le cardinal du Bellay n'était pas en crédit auprès du futur souverain, qui d'autre part n'était guère favorable aux lettres et à la liberté des écrivains. Sans attendre la mort du roi, Rabelais jugea prudent de se réfugier à Metz, puis à Rome, où s'était déjà rendu son protecteur. Mais son savoir, sa gaieté, lui avaient fait partout des admirateurs et des amis. La maison de Lorraine et la maison de Chàtillon lui donnent l'une et l'autre des marques de bienveillance. 11 revient en France, et, dans les deux maisons rivales, trouve de puissants appuis. Il obtient en 1550 l'autorisation d'imprimer son quatrième livre, qu'il dédie au cardinal de Chàtillon. Le 18 janvier de la même année, le cardinal Du Bellay, désormais sans iniluence politique, avait pu cependant donner encore à Rabelais une preuve de son amitié en le nommant curé de Saint- Martin de Meudon.

Rabelais exerça-t-il ses fonctions? Se flt-il représenter par un vicaire, comme pour la cure de Saint-Christophedu-Jambet, que lui avait donnée déjà l'évêque du Mans, René Du Bellay, frère du cardinal? On l'a prétendu sans aucune preuve sérieuse et sans aucune raison. Rabelais était très digne de la charge qu'on lui confiait, et très capable d'administrer sagement sa paroisse.

Toutefois, le 9 janvier 1552, Rabelais résignait à la fois ses deux cures. A la lin du même mois, il publiait son quatrième livre. L'abandon des deux cures était-il une condition imposée par les protecteurs de Rabelais? L'auteur lui-même avait-il jugé convenable de reprendre son

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