COMMENT EPISTEMON, QUI AVOIT LA COUPPE TESTÉE (3), FUT
GUERY HABILEMENT PAR PANURGE ET DES NOUVELLES DES DIABLES ET DES DAMNÉS
Ceste desconfite gigantale parachevée, Pantagruel se retira au lieu des flaccons, et appela Panurge et les aultres, lesquelz se rendirent à luy sains et saulves, excepté Eusthenes, lequel un des géans avoit egraphigné quelque peu au visaige, ainsi qu’il l’esgorgetoit, et Epistemon, qui ne comparoit point. Dont Pantagruel fut si dolent qu’il se voulut tuer soy mesmes, mais Panurge luy dist : « Dea, seigneur, attendez un peu, et nous le chercherons entre les morts, et voirons la vérité du tout. »
Ainsi donc comme ils cherchoient, ils le trouvèrent tout roide mort, et sa teste entre ses bras toute sanglante. Lors Eusthenes s’écria : c Ha ! male mort, nous as tu tollu le plus parfaict des hommes ! » A laquelle voix se leva Pantagruel, au plus grand dueil qu’on vit jamais au monde.
(1) D’huile dans la lampe.
(2) Landes.
(3) La tête coupée.