LES FEMMES ET LES CHOSES DÉFENDUES
plus du soleil esloignée, reluist en sa plénitude, et apparoist toute, notamment au temps de nuyt. Ainsi sont toutes femmes, femmes.
« Quand je dis femmes, je dis un sexe tant fragil, tant variable, tant muable, tant inconstant et imparfaict, que nature me semble (parlant en tout honneur et reverence) s’estre esgarée de ce bon sens par lequel elle a voit créé et formé toutes choses, quand elle a basty la femmeL Et, y ayant pensé cinq cens fois, ne sçay à quoy m’en resouldre, sinon que, forgeant la femme, elle a eu égard à la sociale délectation de l’homme, et à la perpétuité de l’espèce humaine, beaucoup plus qu’à la perfection de l’individuale muliebreté. Certes Platon ne sçait en quel rang il les doit colloquer, ou des animaux raisonnables, ou des bestes brutés. Car nature leuf a dedans le corps posé en lieu secret et intestin un animal, un membre, lequel n’est es hommes, auquel quelquefois sont engendrées certaines numeurs salses, nitreuses, bauracineuses, acres, mordicantes, lancinantes, chatouillantes amerement : par la poincture et frétillement douloureux desquelles (car ce membre est tout nerveux, et de vif sentement) tout le corps est en elles esbranlé, tous les sens ravis, toutes affections interimées, tous pensements confondus. De maniéré que, si nature ne leur eust arrosé le front d’un peu de honte, vous les voiriez comme forcenées courir l’aiguillette, plus espovantablement que ne firent onques les Proetides, les Mimallonides, ni les Thyades bacchiques au jour de leurs bacchanales. Parce que cestuy terrible animal a colligence à toutes les parties principales du corps, comme est évident en l’anatomie.