‹ RabelaisChapitre 16 sur 21 · SA REM610N · texte numérisé non relu

SA REM610N

c Je les ay veu non aumusse, ains armes en teste porter, thymbré d'une thiare persicque, et, tout Tempire Christian estant en paix et silence, eulx seuls guerre faire félonne et très cruelle.

— « G'estoit (dist Homenaz) doncques contre les rebelles, haereticques,protestansdesesperez,non obéissans àla saineteté de ce bon Dieu en terre ? » (IV, 50.)

Et le bon évêque expose^ sans embarras, le dogme théocratique de Grégoire VII ; il est commandé au pape,

c par les sacrez Décrétâtes, et doibtà feu incontinent empereurs, roys, ducz, princes, republicques, etàsang mettre, qu'ilz transgresseront un iota de ses mandemens : les spolier de leurs biens, les déposséder de leurs royaulmes, les proscrire, les anathematizer, et non seulement leurs corps, et de leurs enfans et parens aultres occire, mais aussi leurs âmes damner au parfond de la plus ardente chauldière qui soit en enfer.

a Icy (dist Panurge), par tous les diables, ne sont-ils haereticques, comme feut Raminagrobis, et comme ilz sont parmi les Almaignes et Angleterre: vous estez christians, triez sur le volet. — Ouy, vraybis, dist Homenaz, aussi serons-nous toutssaulvez. Allons prendre deTeaubenoiste, puys dipnerons. » {IV, 50.)

Le recueil des Déarélales provoquait alors les discussions des canonistes : Rabelais attaque avec une verve singulière ce fondement mystérieux des prétentions pontificales. Los Psipimanes les conservent en un livre orné de pierres précieuses, maintenu par deux chaînes d*or :

« Icy semblablement voyez les sacrez Decretales escriptes de la main d'un ange chérubin. Vous aultres gens transpon-

tins ne le croirez pas. — Assez mal, respondit Panurge. »

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