CHAPITRE III
Rabelais apparaît, au premier coup d'œil, comme isolé dans son siècle et singulier dans la suite des lettres françaises. C'est qu'il représente pour ainsi dire seul ce qui a manqué alors à notre littérature, la transition. Il était encore, par le goût et le langage, par la forme syrfibolique de la fiction, par l'ironie, l'homme du moyen âge ; il fut déjà, par la culture savante et multiple de l'intelligence, par l'art du style et l'indépendance de la pensée et la hardiesse de quelques idées^ le représentant du XVI' siècle, de la Renaissance, de Tâge moderne. Moine etsatirique^ il appartenait au passé gaulois : lettré, naturaliste et réformateur, il annonça la venue de Tesprit français. Il importe de bien distinguer, dès à présent, l'un de l'autre, ces deux hommes et, en quelque sorte, ces deux moments