IL
Entrons maintenant dans quelques détails. Commençons par ces énumérations où Rabelais se complaît. Il en est qui se composent de simples listes de noms disposés en colonnes, d'adjectifs qu'il rattache par centaines à un seul substantif pour se donner la satisfaction de montrer sous combien d'aspects différents on peut envisager un même objet.
Au premier livre* il n'y a qpZune liste énumérative, mais elle est langue, c'est celle des 153 jeux de Gargantua, enfant
Au second livre, les listes énumératives sont parfaitement justifiées;, il y a celles des ancêtres de Pantagruel, au nombre ée 59, le catalogue des livres de la Bibliothèque de St- Victor, au nombre 143, la liste des morts qu'JSpistémon trouve dans l'autre monde, 79 personnages, et enfin celles des villes où il y a des bains chauds, au nombre de 15, en tou£ quatre listes.
Il y a irais énumérations au troisième livre et celles-ci, assez mal amenées, prennent la forme de litanies* La première contient 153 épithètes, plus ou moins justement appliquées à un objet quand il est en bon état, et 147 épithètes pour ce même
É1RJHÉBÀTI0NS ET LITÀNIKS. 387
objet eu mauvais état , en tout 300 adjectifs ou déterminatifs. Le troisième liste est double et ceatient 308 épithètes, appliquées, souvent sans qu'on cache trop pourquoi, au fou Triboulet, 104 par Panurge et 104 par Pantagruel.
Les listes énuiùératives du livre IV ont un peu plus d'à-propos que celles du livre III, mais il n'y en a pas moins de cinq , et Tune d'elles occupe trois chapitres.
C'est celle où Rabelais s'amuse à faire l'anatomie de Quareame-prenant par comparaison :
11 avait les muscles comme tm soufflet, la moelle comme un bissac, etc.
Et ainsi de suite: En tout 61 comparaisons pour les parties intérieures, et 51 pour les qualités intellectuelles :
Il avait l'imagination comme un carillonnement de cloches, les pensées comme un vol. d'estourneaulx, l'entendement eomme au bréviaire déchiré, etc.
Les parties externes du monstre sont représentées par 64 comparaisons :
Il avait la bouche comme une lanterne , le menton comme un potiron, lefc oreilles comme deux mitaines, etc.
Viennent ensuite 36 comparaisons pour les divers actes de sa vie :
S'il pleurait, c'étaient canards à la dodine [avec une
sauce à l'oignon]; s'il éternuait, c'était barils pleins de
moutarde; s'il soupirait,* c'était langues de bœuf fumées, etc.
Nous trouvons ensuite là liste, disposée en deux colonnes, des cuisiniers qui entrèrent dans la Truie imitée du cheval de Troie, sous les ordres de frère ii 25*