‹ Rabelais et ses œuvresChapitre 111 sur 157 · COMPARAISONS · texte numérisé non relu

COMPARAISONS

ventre devenoit bossa comme une grosse tonne; desquels est escrit : Ventrem omnipatentem : lesquels furent tous gens de bien et bons raillarde. Et de ceste race nasquit Saint-Pansard et Mardygras, etc., etc.* (II, 1).

vm.

Rabelais procède souvent par comparaisons. En est-il une plus gracieuse et plus artîstement présentée que celle-ci?

Voyez comment la lune- ne prend lumière ne de Mercure? ne de Jupiter, ne de Mars, ne d'autre planète ou estoille qui soit on ciel. Elle n'en reçoit que du soleil son mary, et de luy n'en reçoit point plus qu'il luy en donne par son infusion et aspects. Ainsi serez-vous à rostre femme en patron et exemplaire de vertus et honnesteté (III, 80).

La comparaison suivante est plus développée et n'en est pas moins gracieuse :

Vous l'entendez par exemple vulgaire, quand vous voyez, lorsque les enfans bien nettis [nettoyés], bien repuz et alaictés, dorment profondément, les nourrices s'en aller esbattre en liberté, comme pour icelle heure licentiées à faire ce que voudront, car leur présence autour du bers [berceau] semblerait inutile. En ceste façon, nostre ame, Ionique le corps dort, et que la concoction est de tous endroits parachevée, rien plus n'y estant nécessaire jusques au réveil, s'esbat et revoit sa patrie, qui est le ciel. De là, reçoit participation insigne de sa prime et divine origine; et, en contemplation de ceste infinie et intellectuelle sphère, le centre de laquelle est en chascon Ueu de l'univers, la circonférence point (c'est Dieu, selon la doctrine de Hermès TrismegistusX à laquelle rien n'advient, rien ne passe, rien ne déchet, tous temps sont présent, note non seulement les choses passées en mouvemens inférieurs, mais aussi les futures : et, les rapportant à son corps, et par les sens et organes d'iceluy les exposans aux amis, est dite vaticinatrice et prophète (III, 13).

Il aime à disposer symétriquement sa phrase en antithèse ou en dilemme :

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